BARTIMEE, l’aveugle de Jéricho (Marc 10, 46-52)
Quelques pistes de lecture…
1) Celui qui cherche, et est empêché de découvrir le Christ par l’entourage de celui-ci.
Puis ce sont tout de même des membres de l’Eglise qui permettent le contact !
2) Celui qui appelle, mais les « autorités » veulent le faire taire, « pour le bien ou le confort de l’Eglise »…
3) Celui qui ne voit plus clair, pour qui ça ne « marche » pas : il crie, prie, malgré les oppositions autour de lui (et en lui). Le Seigneur ne lui répond pas en direct, mais par des hommes, en qui faire confiance ! Ne pourrait-on penser ici à tous ceux qui crient et prient, et n’obtiennent pas ce qu’ils demandent, ce qu’ils espèrent ?…
4) Celui qui est malade, « laissé pour compte », « dans le décor », qui appelle et attend : le faisons-nous taire ou le rencontrons-nous ?
5) Bartimée passe du nom « Jésus de Nazareth » (simple identité) au concept de Messie : « Fils de David » qui vient sauver au nom de Dieu, puis au plan personnel, relationnel, de la confiance : « Rabbouni » = mon maitre.
6) Et il passe aussi de l’immobilisme au mouvement : d’abord assis, puis il bondit et courut, enfin il accompagnait sur la route. Il abandonne les seules « garanties » qu’il avait : sa place, son manteau… Ne devient-il pas ainsi un modèle de disciple ?
7) Le message de ceux qui transmettent l’appel de Jésus est triple : Confiance : un climat se crée… Lève-toi : tu as des ressources, tu es capable… Il t’appelle : la relation avec le Seigneur est possible. (Les disciples permettent ainsi la relation, puis s’effacent, sans s’interposer.)
8) La guérison de Bartimée se déroule en quatre temps : Il appelle au secours. Il se sent reconnu et est alors capable de courir. Il doit exprimer son manque et son désir. Il reçoit de Jésus une mission : « Va ! »…
9) Jésus lui-même n’agit pas autrement que par la parole : Il entend l’appel et lui fait droit ; (Il le fait entendre) Il fait appeler ; Il interroge pour faire clarifier le besoin ; Il révèle que c’est la confiance, la foi qui sauve, qui donne une vie renouvelée..
10) N’y a-t-il pas en fait deux guérisons dans ce récit ? Celle des disciples qui, sur la parole de Jésus, se tournent vers Bartimée, (= se « convertissent ») Et celle de Bartimée lui-même, bien sûr, dont la vie est aussi transformée, tous en route vers Jérusalem…
11) La question de Jésus, « Que veux-tu que je fasse pour toi ? », provoque à une réponse personnelle de l’auditeur d’aujourd’hui, d’autant plus que, liturgiquement lors d’une messe, la lecture de l’évangile vient après qu’on se soit associé à la prière de Bartimée : « Prends pitié ».
12) Comment vivre en disciple de Jésus : la même question (« Que voulez-vous que je fasse pour vous ? ») avait été adressée à Jacques et Jean dans l’épisode précédent (Marc 10,36), eux qui voulaient les meilleures places : ils étaient des tout premiers disciples appelés par Jésus et avaient encore beaucoup à comprendre ; Bartimée reçoit aussi l’appel de Jésus, il quitte tout, se met à voir et marche avec Jésus sur le chemin (de l’entrée à Jérusalem)…
13) La vie ressuscitée de Bartimée : invité à se lever (comme « ressusciter »), percevant par des intermédiaires l’appel de Jésus, quittant sa vie antérieure (le manteau) et rejoignant aussitôt celui qui devient « Rabbouni » (mon maitre, dans une relation de confiance) ; Bartimée n’est pas annexé par Jésus : celui-ci lui dit : « Va », et librement il accompagne Jésus, il s’associe à lui.
14) Le nom de Bartimée Peut aussi résonner particulièrement : Il est composite, d’araméen (bar, fils) et de grec (Timée, nom qui évoque ce qui a du prix). Ne pourrait-on pas dire qu’il est comme universel, Qu’il concerne tout homme, quelle que soit son origine ?
Christian DD

