Entraide & Fraternité | Campagne de Carême 2023 : au Brésil, la petite agriculture familiale résiste pour exister !

Entraide & Fraternité | Campagne de Carême 2023 : au Brésil, la petite agriculture familiale résiste pour exister !

[Communiqué de presse]

La campagne de Carême de partage 2023 d’Entraide et Fraternité démarre ce Mercredi des Cendres (22 février). Son objectif cette année : mettre en avant les luttes des communautés rurales du Brésil. L’agrobusiness provoque dans ce pays une déforestation partiellement irréversible de l’Amazonie et du Cerrado pour y produire viande et céréales destinées à l’exportation. Au mépris des droits des populations locales. Les partenaires brésiliens d’Entraide et Fraternité, la Commission pastorale de la terre de l’État de Goiás et Agro é fogo, soutiennent ces communautés dans cette lutte pour la vie, cette résistance pour leur existence !

La population brésilienne vit à 70 % de la production de la petite agriculture familiale. Pourtant, ces petits paysans et petites paysannes n’exploitent que 23 % des terres cultivables ! Le reste fait l’objet d’une énorme concentration entre les mains des grands propriétaires fonciers. Ceux-ci ont soutenu le président sortant d’extrême droite, Bolsonaro, qui a encouragé l’accroissement du développement intensif de l’agrobusiness, au détriment des enjeux climatiques, environnementaux, sanitaires, sociaux et humains et même économiques.

  • Environnement et climat. La forêt amazonienne et le biome de transition vers l’Amazonie que représente la savane du Cerrado ont vu la déforestation s’accroître ces dernières années et atteindre des seuils irréversibles de destruction de la forêt et d’épuisement des sols. Les exploitations de prédilection de l’agrobusiness brésilien (élevage de bovins, culture du soja, du maïs, extraction de minerais) sont parmi les plus gros responsables d’émissions de gaz à effet de serre. Enfin, pour accroître la déforestation, les tenants de l’agrobusiness créent de gigantesques incendies comme ceux de l’été 2019.
  • Santé. Sous Bolsonaro et tout récemment encore sous Lula, le Brésil a libéralisé la vente de plus de 2.000 pesticides dangereux, le plus souvent interdits dans l’Union européenne et très souvent produits par des entreprises européennes. La majorité de la production agricole brésilienne étant destinée à l’Europe, à la Chine et au Moyen-Orient, ces produits toxiques reviennent donc en Europe via nos assiettes.
  • Droits humains et sociaux. Le Brésil est un des trois pays du monde où l’on recense le plus d’assassinats de militants et militantes des droits humains et de l’environnement, le plus de victimes des conflits fonciers aussi : 44 morts en 2022. Bolsonaro avait été élu sur la promesse de ne pas céder un mètre de terre aux bénéficiaires de la réforme agraire : les indigènes, les quilombolas (descendants et descendantes d’esclaves), les communautés composées de paysans et paysannes sans terre en attente de reconnaissance de leur droit à exploiter une terre qui sont les principales victimes de la déforestation et de l’accaparement des terres. Pour les indigènes, les feux volontaires équivalent à la disparition de leur cadre de vie et de leur culture.
  • Économie européenne. La population brésilienne n’est pas la seule à être affectée par ces évolutions. Dans le cadre de l’accord entre l’UE et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), les producteurs belges – et européens – verront arriver sur leur marché la concurrence d’une production agricole inutile (la production belge est déjà excédentaire) mais meilleure marché car soumise à des règles moins strictes (hormones, pesticides…). Les Belges peuvent donc agir – comme pour le TTIP ou le CETA qui n’ont toujours pas été ratifiés par la Belgique, pas plus que par la Wallonie et Bruxelles – en marquant leur désapprobation à l’accord entre l’UE et le Mercosur.

 


Nous vous invitons à lire (en pièce jointe) notre étude de campagne, « L’agro-industrie met le feu au Brésil. Quand l’agroécologie devient une arme de résistance », qui résume tous les enjeux liés à cette problématique : https://entraide.be/publication/lagro-industrie-met-le-feu-au-bresil/


Sur le terrain, Entraide et Fraternité soutient, d’une part, la Commission pastorale de la terre de l’État de Goiás (CPT-Goiás), émanation de la Conférence des évêques, qui travaille avec ces communautés rurales en danger : accompagnement du processus de résistance, du processus d’émancipation des femmes, soutien aux initiatives en faveur de la création du travail familial et de la commercialisation des produits, soutien à la production agroécologique… Et, d’autre part, Agro é fogo, coalition de 40 associations, qui documente et dénonce les incendies criminels commis à des fins de déforestation ou d’expulsion de communautés locales (92.000 familles ont été touchées par de tels conflits entre 2019 et 2021).

Trois des partenaires brésiliens d’Entraide et Fraternité seront en visite pour trois semaines en Belgique à partir du 13 mars : Saulo Reis, coordinateur de la Commission pastorale de la terre (CPT) de l’État de Goiás, Maria Pereira, responsable de la production du Mouvement des travailleurs sans-terre (MST) pour l’État de Goiás, et Barbara Dias, coordinatrice de la coalition Agro é fogo. Il et elles se tiennent à votre disposition pour une rencontre. Il et elles interviendront devant des communautés chrétiennes (écoles, paroisses…) partout en Wallonie et à Bruxelles pour témoigner de leur réalité. Nous tenons un agenda par région à votre disposition.

Les événements d’Entraide & Fraternité autour du Carême 2023, cliquez ici.

Plus d’infos sur la campagne de Carême 2023 d’Entraide & Fraternité, contactez Jean-François Lauwens – 0477-572.607 (presse) ou cliquez sur le lien suivant : 


Lisez l’article de CathoBel à ce sujet, cliquez ici.