La miséricorde, une histoire de liberté

Ce meuble, une « chaire de vérité » de la fin du 17ème siècle, est une vraie catéchèse biblique. Dans la partie inférieure, je vois Adam et Eve expulsés du jardin, selon le mythe de la Genèse (ch.3). Dieu espérait les garder à l’abri dans le paradis préparé pour eux, mais ils se sont laissé tenter. Les voilà confrontés au mal, à la mort…
L’humain se trouve entre l’ange envoyé par Dieu et le squelette qui symbolise la mort à laquelle l’humain est confronté.

Où donc est le serpent ? Je vois sa queue entre Adam et Eve, son corps monte en se tortillant à gauche, passe par derrière et revient. En le suivant, je découvre en haut une femme couronnée de douze étoiles avec la lune sous les pieds, la femme évoquée dans l’Apocalypse (ch.12), avec un enfant, tenant ensemble la Croix et écrasant la tête du serpent.

Le serpent surgit de nulle part. La Bible ne dit pas d’où vient le mal. Il est présent, non expliqué, dès qu’Adam et Eve commencent leur aventure humaine. Il est là, tapi, niché dans leurs paroles et dans leurs actes. Il est le diviseur, celui qui éloigne l’homme de Dieu, tente de couper la relation. Il déforme, dénature la parole de Dieu. Il symbolise le péché : tout ce qui éloigne de Dieu, et de notre vocation filiale et fraternelle.

Jésus a lutté contre le mal, la maladie, les esprits mauvais… Il a affronté le mal, il a écrasé le mal. Le chemin pour triompher du mal, de la mort, ce n’est pas la puissance, la grandeur, mais c’est le chemin du Christ Ressuscité, vivant et porteur de vie, parce qu’il a accepté de passer par la mort, par la Croix. Dieu veut notre bonheur : il nous donne la vie, la liberté, une mission…

Mais l’humain a du mal à accueillir cet amour. Il préfère prendre, accaparer pour soi. Il se laisse tromper. Seul l’amour infini de Dieu et l’amour des autres peuvent me ramener à la vie. Paradoxalement, la Croix, c’est le signe le plus éloquent de la miséricorde de Dieu.

Sur cette chaire, toute la Bible, toute l’histoire du salut. Et moi je m’inscris dans cette histoire, entre Genèse et Apocalypse. Ma vie chrétienne est un combat : je reste libre de choisir le bien ou le mal. L’enjeu: s’unir pour écraser le serpent. Avec la femme qui représente l’Église et l’enfant qui représente Jésus, je peux y arriver.

Perles2La perle verte me rappellera ce chemin de vie et d’espérance que m’offre le Christ ressuscité. Ma vie chrétienne, un chemin de liberté entre la mort et la vie, mais la mort est vaincue par le Christ : je vivrai éternellement.

 

Je regarde vers le soleil levant, vers le Christ (l’autel, la croix) et je prononce un Amen qui veut dire : oui, je crois que la vie est plus forte que la mort ; oui je crois qu’ensemble, dans la force de l’Esprit Saint, nous pouvons faire jaillir la vie où nous sommes.