Recension : le Sacrement de la Miséricorde

confession-sacrement-misericorde-17368-300-300Depuis plusieurs mois, on parlait de l’Année Jubilaire Extraordinaire consacrée à la Miséricorde. Déjà, ou enfin, nous pouvons trouver une bibliographie très abondante sur ce sujet. Que lire alors ? Ce livre sur la « Confession, sacrement de la Miséricorde » est surement un ouvrage à ne pas manquer.

Ce livre est basé sur des sources bibliques qu’il exploite abondamment à raison de un chapitre par texte: la guérison du paralytique en Marc 2, 1-12 ; la parabole de l’enfant prodigue en Luc 15, 11-32 ; le roi et son mauvais serviteur en Matthieu 18, 21-35 ; et finalement le don de l’Esprit pour le pardon des péchés en Jean 20, 19-23. Ici et là, la dimension individuelle et communautaire du sacrement est aussi soulignée.
Tout au long de ces pages, on n’hésite pas à poser un regard critique et réaliste sur la société d’aujourd’hui qui exalte l’individu, favorisant un égo démesuré, aliéné et égoïste (p.15) ; société où trop de conscience sont pour ainsi dire, « bâillonnées par l’opinion publique, quasiment assoupies ou résignées dans une sorte d’innocentisme. » (p.113). Nous sommes alors invités à faire l’expérience du pardon des péchés, caractérisée comme une expérience de gratuité, lumière et vérité sur notre condition de pécheurs (p.40) ; expérience qui deviendra régénérant sur un chemin de fragilité et de faiblesse (p.17 à 20) tellement attachées à notre nature humaine (p.56, 89, 97).

Si nous avons une authentique vie de foi, nous resterons alors vigilants pour assumer la responsabilité de nos péchés (p.42). Il nous faudra non seulement les reconnaître mais plutôt « comprendre le sens de ce qui se passe, surtout dans notre propre vie, une compréhension qui se fait avec Dieu et à travers lui. » (p.113). Dans ce but, nous devrons travailler à la formation de la conscience personnelle qui aura toujours besoin de grandir. Cette formation trouvera son point d’orgue dans la rencontre du Christ qui pourra alors devenir le centre de gravité, l’épicentre de l’existence de chacun (p.116) Chacun et chacune pourra alors comprendre ce qu’il devient et retrouver son image de fils aimé et pardonné. (p.118)
On ne peut que conclure au « contraste entre l’évangile du pardon et la logique du monde » ; ou encore à « l’altérité entre l’annonce de l’Evangile et la pensée du monde » (p.137). C’est pourquoi, la vie chrétienne restera toujours et encore lutte et combat (p.112) et à la suite de Saint Paul nous pourrons dire qu’après « connaître le Christ, il y a le courir » (Philippiens 3, 12-14)

Un livre intéressant à lire et qui pourra enrichir ces rencontres de réconciliation entre le croyant et le ministre de l’Eglise, le représentant du Christ qui aide le croyant à reconnaître le péché dans sa vie, mais surtout qui sait accueillir à bras ouvert le pécheur repenti. (p.87)

La Confession, Sacrement de la Miséricorde
Conseil pontifical pour la promotion
de la nouvelle évangélisation
Mame 2015

Gilles Mathorel