Synode | « Une expérience spirituelle et humaine très forte », retour de l’Assemblée synodale à Prague

Synode | « Une expérience spirituelle et humaine très forte », retour de l’Assemblée synodale à Prague

[Article CathoBel, 13/02/23, Christophe Herinckx]

L’assemblée continentale synodale s’est achevée ce dimanche 12 février à Prague. Arnaud Join-Lambert, professeur de théologie à l’UCLouvain, était aussi l’un des six rédacteurs du document final qui synthétise les résultats de la rencontre. Il nous livre son analyse..

Arnaud Join-Lambert, UCL ©

Comment évaluez-vous les travaux de l’assemblée synodale européenne ?

Il faut dire d’abord qu’une assemblée vraiment continentale, rassemblant des évêques, des prêtres, des diacres, des laïcs, des religieuses et des religieux, était une première. Par conséquent, c’était un apprentissage, du point de vue de la méthode, mais aussi une découverte pour les participants. A la fois quelque chose d’un peu insécurisant, et à la fois un beau moment pour beaucoup. Plusieurs groupes de travail ont dit combien l’écoute mutuelle a été une expérience spirituelle et humaine très forte, avec une découverte de réalités très différentes, avec des personnes qui ont des approches et un regard sur le monde et sur l’Eglise très différents.

Il y a également eu des questions et des tensions, mais l’assemblée a compris qu’elles peuvent positives, constructives, qu’elles peuvent être des opportunités pour le discernement, pour que l’Eglise reconnaisse cette diversité, tout en ayant des éléments communs comme le baptême, la dignité baptismale et le Christ lui-même. Cette tension peut dégénérer en polarisation, voire en oppositions destructives, mais sont aussi des occasions de déplacement, de croissance. Cela dit, certains refusent complètement d’entrer dans la diversité, ce qui a pu entraîner, au-delà des tensions, des réactions assez fortes.

Vous avez des exemples concrets de telles réactions ?

Certaines conférences épiscopales, dans quelques pays d’Europe de l’Est, n’ont pas joué le jeu du synode, ou très peu, dans la phase diocésaine et nationale. Le rapport hongrois n’était pas vraiment le rapport de l’Eglise hongroise… Certaines choses ont été magnifiques, mais quelques personnes étaient sur la défensive. Il y avait une crainte que les discussions sur l’attitude de l’Eglise – vis-à-vis des personnes marginalisées auxquelles ont devrait donner la parole, par exemple –, l’ouverture, la pastorale, remettent en cause des éléments de doctrine qui, pour ces personnes, ne peuvent pas être remises en question. Il y avait donc quelques personnes crispées, dont plusieurs évêques.

Lire également : Prague : la phase continentale du synode révèle la diversité de l’Eglise en Europe

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Lisez la suite de l’entretien avec Arnaud Join-Lambert sur le site de CathoBel ici.

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