Nous étions 17 participants belges, provenant des différents diocèses à participer au jubilé des équipes synodales. Outre la riche expérience du jubilé en lui-même, ces 3 journées nous ont permis de nous connaitre davantage et d’envisager des pistes pour des initiatives communes, interdiocésaines et mêmes nationales.
Un jubilé mondial riche
Ce jubilé qui s’est tenu du 24 au 26 octobre, a rassemblé 2000 personnes venues du monde entier, déléguées des équipes synodales et organes de participation qui accompagnent la phase importante de mise en œuvre de la synodalité dans les Églises locales. Le programme était riche et varié : prière, rencontres et échanges d’expériences diverses et inédites, pratique de la conversation dans l’Esprit. Nous avons vécu la joie de la diversité, vue comme une richesse à partager.
Trois interventions introductives ont démarré la session :
- le cardinal Rys (Lodz, Pologne) a développé le thème de la synodalité à l’épreuve des tensions au sein de l’Église,
- le professeur de Salis (Université pontificale de la Sainte Croix, Italie) a évoqué la « conversion des relations »
- et Mme Aparecida Venancio (équipe synodale nationale, Brésil), la synodalité comme prophétie sociale.
L’après-midi s’est poursuivie avec une rencontre-dialogue avec le pape Léon XIV. Chaque continent état invité à présenter une pratique originale de synodalité et une question :
Comment la synodalité peut-elle contribuer à la paix ? Comment garantir que les femmes soient véritablement valorisées dans l’Église ? Comment poursuivre avec les responsables qui refusent de participer au processus synodal ?
Séminaires et ateliers
Le lendemain, après avoir vécu ensemble la démarche jubilaire et le passage de la porte sainte, 25 séminaires et 6 ateliers ont été proposés sur la problématique de la conversion missionnaire et synodale de l’Église, déclinée selon différents thèmes tels que le leadership, synodalité et réconciliation, l’œcuménisme, la conversion des processus ou encore la pratique du discernement ecclésial.
La journée s’est poursuivie par un partage d’expérience entre les pays et une présentation des « bonnes pratiques de la synodalité ». Elle s’est clôturée par une veillée de prière sur la place Saint-Pierre.
D’une Église de structures à une Église de relations
Des différentes interventions et témoignages, nous pouvons retenir l’appel à passer d’une Église de structures à une Église de relations. Dans un véritable processus de conversion et de transformation. Un appel également à devenir une Église humble, à l’écoute de Dieu et du monde pour se mettre à son service. Une Église qui se fait lieu d’accueil de tous, qui « n’attend pas la perfection, mais choisit d’accueillir la réalité telle qu’elle est », pour reprendre les mots du cardinal Grech.
La pratique du discernement en commun comme une méthode de gouvernance a été rappelée de même que la nécessité de la formation à la synodalité. Formation mais également pratique, expérience, afin que nous puissions la vivre et la transmettre.
Redécouvrir la communion vivante de l’Église
Dimanche, les participants étaient invités à participer à la messe présidée par le pape Léon XIV à la basilique Saint-Pierre. Dans son homélie, le pape Léon XVI nous a invités à redécouvrir la véritable nature de l’Église, « communion vivante, façonnée par l’amour et animée par l’Esprit Saint ».
Les équipes synodales ont été appelées à vivre le mot « ensemble », la communion : à élargir l’espace ecclésial pour qu’il devienne collégial et accueillant, à aider l’Église à vivre, sans les nier, les tensions entre unité et diversité, tradition et nouveauté, autorité et participation, en les fécondant par l’Esprit et rechercher ensemble la Vérité.
Double appel du pape
Notre pape a également lancé un double appel à tous les fidèles. Un « engagement à construire une Église synodale, toute ministérielle (tous au service), toute attirée par le Christ et donc tendue vers le service du monde » et la pratique d’un « discernement spirituel fondé sur la liberté intérieure, la prière, la confiance et l’abandon à la volonté de Dieu. »
Nathalie Beurrier