Du 5 au 11 août, un groupe de pèlerins liés au réseau Fratelli Tutti s’est rendu à Lourdes, une semaine avant le pèlerinage diocésain, qui s’est tenu du 13 au 19 août. Pour ce réseau, qui accompagne des personnes en situation de précarité, c’était une grande première : jamais il n’était encore parti en groupe constitué.
« C’était un peu le baptême du feu, puisque c’était la première fois qu’on partait en réseau », résume Marie-Françoise, adjointe du vicaire épiscopal de Bruxelles et responsable du service solidarité.
Le groupe comptait 45 personnes venues de toute la Belgique : 27 de Namur, 15 de Bruxelles et 3 de Liège.
Réseau Saint-Laurent
À Lourdes, le groupe belge a rejoint le Réseau Saint-Laurent, qui assure l’animation pastorale des personnes précarisées, ainsi que des fraternités venues de plusieurs diocèses français, dont Montpellier, les Yvelines, Reims et Rennes.
Jean-Marie Martin, qui dirige le Réseau Saint-Laurent, a encouragé les initiatives belges, qu’il inscrit dans la même logique que les fraternités françaises. « On a été très bien accueilli comme Belges au sein du Réseau Saint-Laurent, c’était vraiment très agréable », confirme Marie-Françoise.
Une semaine sur le thème de l’espérance
Organisé par le Secours Catholique, le programme réunissait plus de 300 personnes autour du thème de l’espérance. Les animateurs ont notamment testé un outil appelé « la Parole incarnée », qui invite les participants à jouer des personnages bibliques.
Le programme laissait peu de temps libre pour se rendre au sanctuaire. Cela n’a pas empêché les participants de montrer une grande envie de découvrir Lourdes et de rencontrer Marie. Les journées alternaient assemblées générales, temps de fraternité et un festival des talents qui proposait des ateliers très divers, d’une conférence sur l’encyclique Dilexit nos à un atelier clown. Parmi les moments marquants : une marche aux flambeaux, finalement organisée en intérieur à cause de l’orage, un rosaire animé par des personnes en situation de précarité, et une vidéo retraçant la vie de Bernadette Soubirous.
Bernadette, une figure proche
Pour beaucoup de participants, la figure de Bernadette Soubirous est devenue un point d’identification fort. Elle aussi était une personne peu considérée, à qui Marie a pourtant parlé. Cette proximité entre Marie et Bernadette est vécue avec une intensité particulière par ceux qui connaissent la souffrance, selon Valentin, membre du service solidarité.
Pour certains participants, ce pèlerinage a représenté une véritable bulle d’air, un moment hors du temps loin des difficultés du quotidien. La messe de réconciliation, durant laquelle chacun déposait par écrit ses « ombres », a été vécue avec une force particulière. Valentin retient de ces participants une grande humilité et un courage immense pour, dit-il, « s’accrocher à la vie malgré tout ».
Ces personnes apportent aussi une lecture des Écritures différente, moins analytique, plus proche du vécu concret des personnages bibliques. Pour Valentin, c’est une forme de sagesse théologique à part entière, qui rappelle combien les personnes pauvres ont à apprendre à l’Église.