12 Septembre | Bethléem – Inauguration de la Maison Bambou

Bienvenue à la maison à des jeunes femmes aux marges de la société

Le jeudi 12 septembre, le nouveau projet de logement « Maison Bambou » a ouvert ses portes à Bruxelles. Deux jeunes femmes récemment libérées de la prison et deux autres ayant quitté le milieu de la prostitution vont y trouver refuge. Le projet Bethléem, une organisation à but non lucratif de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles, loue et rénove des biens d’église afin d’aider les personnes pour qui l’accès au logement est difficile. Avec cette initiative, Bethléem va encore plus loin en accueillant quatre personnes non seulement fragiles économiquement mais aussi marginalisées.

L’ancien monastère
Les sœurs chanoinesses de Saint-Augustin était les précédentes occupantes de cette maison. Cet ordre de la Congrégation Notre-Dame a été fondé en 1597 par Alix Leclerc en Lorraine; il s’est notamment distingué par la création de la première école primaire pour filles de la région. En 1878, l’ordre s’installe à Jupille en Belgique. Aujourd’hui, il compte environ 370 soeurs sur les quatre continents, et, en Belgique, a des écoles à Waterloo, Jupille et La Hulpe.
En 1979, les religieuses de Bruxelles démarrent un projet d’hébergement de femmes confrontées à des problèmes sociaux. Ensuite et jusqu’au départ des sœurs en 2018, leur apostolat a été l’accueil d’étudiants. Sœur Edith, qui a longtemps vécu dans cette maison, témoigne : « Pendant 37 ans, plus d’une soixantaine d’étudiantes de 26 nationalités ont résidé ici. Puissent les futures résidentes avoir confiance en la vie qui s’ouvre à elles pour se reconstruire courageusement, soutenues par ceux et celles qui croient en leur devenir. Forte d’une espérance et d’un regard bienveillant et positif, je transmets les clés de cette maison pour qu’elles ouvrent la porte d’un avenir durable, au-delà des fragilités personnelles ou erreurs de parcours ». Le projet perpétue donc la mission des sœurs à sa manière.

La Maison Bambou
Pour créer la «Maison Bambou», le projet Bethléem a collaboré avec d’autres associations à but non lucratif : une agence immobilière sociale, l’ASBL Rhizôme (anciennement «ORS/Office de réadaptation sociale») et l’ABSL Isala. Cette dernière a pour vocation d’interpeller tout un chacun sur les causes et les conséquences de la prostitution, et, de venir en aide les personnes en situation de prostitution. Rhizôme fait partie, quant à elle, de l’ASBL « Services bruxellois d’aide sociale aux justiciables » ,un groupe de sept ASBL ayant pour mission l’assistance aux personnes interpelées ou condamnées ainsi qu’aux internés (qu’ils soient détenus ou non) et à leurs familles et proches. La coopération entre ces différentes organisations et l’agence immobilière sociale n’a pu se faire qu’en liaison étroite avec le CPAS et les services communaux.
La responsable de l’asbl Isala, Pierrette, explique le choix du nom «Maison Bambou» en concertation avec les associations : « Chaque année, lors de la journée internationale de la femme du 8 mars, nous remettions des fleurs aux femmes en situation de prostitution. Il y a deux ans nous avons décidé de changer de symbole, et, l’un de nos membres a suggéré des tiges de bambou car c’est une plante résistante, symbole d’espoir et de force. D’une année sur l’autre, les femmes nous disent qu’elles ont gardé le leur et l’ont fait grandir. C’est pourquoi nous avons choisi « Maison Bambou », symbole de l’espoir que représente ce nouveau départ qu’est le passage de ces personnes au sein de cette maison ».

Article Hellen Mardaga.Traduction Anne Périer.

Accéder à l’article originel sur Kerknet.

En savoir plus sur le Projet Bethleem.

Photos Hellen Mardaga.