Synode | La place des femmes en question dans l’UP Anderlecht
La place des femmes dans l’Eglise
Il m’a été demandé de donner un écho du petit parcours de formation initié par l’unité pastorale d’Anderlecht dans le cadre de la démarche synodale et animé par Isabel Costa Rodrigues et Nathalie Beurrier.
Il convient d’en d’abord restituer le contexte.
Dans le cadre de la démarche synodale, il est apparu, au terme de la première phase des trois rencontres, que quatre chantiers méritaient d’être ouverts pour conforter la dynamique synodale « communion, participation, mission ».
De façon schématique, on pourrait les résumer ainsi :
- La proximité : « on ne sait pas participer parce qu’on ne se connaît pas »
- La gouvernance : « on ne sait pas participer parce qu’on ne sait pas comment cela fonctionne »
- L’information : « on ne sait pas participer parce qu’on n’est pas informé »
- La formation : « on ne sait pas participer parce qu’on manque de formation ».
Il a été convenu, pour l’inscrire dans une dynamique synodale, de bâtir le volet formation autour de quatre objectifs : être plus à l’aise pour échanger sur sa foi, pour écouter des points de vue différents, pour exprimer ses propres questions et avis, pour en percevoir les enjeux. Le choix donc d’une dynamique résolument participative et non magistrale.
Pour mettre en œuvre la méthode, deux thèmes ont été retenus parmi ceux qui avaient été proposés par les personnes intéressées par ce volet formation, les deux thèmes les plus sollicités, dont celui de la place des femmes dans l’Eglise. La mise en œuvre se voulait aussi d’un type expérimental, pour vérifier la méthode et la dynamique, dans un format limité de trois soirées de deux heures : une forme d’échantillon.
Sur le plan pratique, les trois rencontres sur la place des femmes dans l’Eglise avaient lieu de quinze jours en quinze jours, en soirée (20h-22h), dans des lieux différents pour renforcer la proximité et mettre en évidence la diversité des lieux. Une inscription préalable était demandée, ainsi que l’engagement à participer à l’ensemble du parcours. Une petite vingtaine de personnes se sont engagées dans l’aventure.
La démarche proposée par les animatrices fut celle de la conversation spirituelle : une écoute et une parole enracinées dans la prière. Cela a incontestablement contribué à la qualité de l’écoute et à la profondeur des échanges, ainsi qu’à donner le goût d’échanger en profondeur. L’apport de contenus sur le thème par les animatrices a été limité à une partie de la deuxième soirée. A l’évaluation, il est toutefois apparu que la durée de deux heures est trop courte pour mener à son terme la démarche de la conversation spirituelle : il n’y avait pas de temps pour un retour vers le groupe entier.
Que retenir de cette expérience ?
La méthode résolument participative, enracinée dans l’expérience de foi des participants, amène d’autres angles d’approche et d’autres questions que celles qui auraient sans doute structuré une formation magistrale donnée par un « professionnel » de la théologie : un constat intéressant pour s’interroger sur le lien entre le travail théologique et l’expérience de foi vécue effective. La démarche, et le type de questions, marquaient également une forte résilience par rapport à la situation vécue en Eglise. Cela contribue à la communion, mais il faut éviter que ce ne soit de la résignation !
Lors de l’évaluation des deux parcours (eucharistie et place des femmes dans l’Eglise) avec les animateurs et les permanents de l’équipe qui avaient participé à au moins un des parcours, nous avons eu le sentiment que les objectifs d’échange sur la foi, de capacité d’écoute et d’expression ont été assez bien rencontrés, celui de la perception des enjeux des différentes questions probablement moins. L’enjeu ultime est finalement de faire grandir le désir d’écouter l’autre, et pas seulement le désir d’être écouté, avoir la confiance pour s’exprimer, tous habités par la conviction que l’Esprit est réellement présent en chaque baptisé. C’est dans l’Esprit Saint que s’enracinent notre parole et notre écoute.
Forts de l’expérience, de sa relecture et de son évaluation, de nouvelles pistes se dégagent pour l’année prochaine, dans un format un peu différent : un temps plus long (3 heures), en matinée (pour éviter la fatigue de la journée), en donnant plus de place à un apport de contenu, mais sous la forme d’un apport préparé et présenté par deux ou trois des participants, accompagnés dans la préparation par un formateur/facilitateur, tout en gardant bien sûr un temps d’appropriation et d’échange par tous les participants et la dimension spirituelle de la démarche.
Abbé Jean-Luc Blanpain
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