Pater Dirk fête ses 20 ans à Jette
Cela fait exactement 20 ans que le prêtre Dirk Vannetelbosch s’occupe de ses paroissiens. Il était grand temps de lui rendre hommage. Nous avons donc envoyé notre reporter avec un bouquet à l’église Saint-Pierre.
« J’ai toujours voulu devenir prêtre, mais je suis bègue. Parler devant un public n’est donc pas évident, surtout en français. Mes parents avaient d’autres projets pour moi. Le terrain à bâtir d’à côté était déjà prêt. Il est toujours là maintenant. J’ai travaillé dans la banque jusqu’à ce que je découvre le séminaire pour vocations tardives en 1996. Je l’appelle le séminaire des réponses tardives ».
« En 1998, j’ai été ordonné prêtre. Après mon stage, j’ai été vice-pasteur à Laeken pendant un certain temps. Lorsque le prêtre de l’église Saint-Pierre de Jette a pris sa retraite en 2004, on a cherché quelqu’un pour faire bouger les choses ici. Amusant, non ? Saint-Nicolas arrivant en train, le Père Gilbert donnant une messe rock ‘n roll, la bénédiction des motos, une messe à Bruxelles…. Mon entrée s’est faite rapidement. Avec le temps, ce n’est plus « Monsieur le curé », mais Padre de Jette. Attention, je peux jouer à Monsieur le curé, bien sûr, mais tout le monde sait que je suis en train de plaisanter.. ».
Mes grandes initiatives font régulièrement la une des journaux. C’est bien, mais le plus important est d’offrir un havre de paix aux personnes qui en ont besoin. Et créer du lien, c’est l’essentiel. Après la messe du dimanche, j’offre aux gens un porto ou un café. Les lundis, mercredis et vendredis, nous veillons à ce qu’il y ait un accueil et que le café soit prêt. La porte est ouverte, tout le monde est le bienvenu.
« Je crois que nous ne pouvons pas faire n’importe quoi. Nous devons rendre des comptes. Je ne sais pas à qui ou à quoi les gens doivent rendre des comptes, ni comment ils les nomment. Le fait que l’Imam vienne ici pour dire une prière avec nous, beaucoup de familles sont choquées que cela soit possible. Ici, autour de la place, il y a la police, la mosquée, la bibliothèque, l’église…. Nous essayons tous de préserver le sens de la communauté« .
Je m’inquiète de l’évolution de notre société. La population a énormément changé. Je crains que la ségrégation ne s’accentue à Bruxelles à l’avenir. J’espère que nous pourrons conserver les acquis. C’est à nous de continuer à faire preuve d’ouverture« .
« Mais je veux garder espoir. Si je ne l’étais pas, je ne serais plus là. Sinon, comment rester responsable d’une pastorale néerlandophone dans une métropole multiculturelle où la langue de communication est le français ? Heureusement, je suis bien entouré. Il y a quelqu’un pour aider à l’administration, le sol est nettoyé chaque semaine, il y a une équipe de fleuristes de 10 à 12 personnes pour décorer l’église…. Un prêtre est essentiellement l’animateur des animateurs ! Si ces derniers disparaissent, il ne reste plus grand-chose à animer.
En tant que pasteur, il est important d’être présent. Quand on m’appelle, c’est toujours pour des soucis. Je peux difficilement dire : « Je ne suis pas disponible, vous pouvez contacter mon collègue », n’est-ce pas ? C’est pourquoi je suis heureux de vivre à Laeken. C’est là que je suis simplement Dirk. Je peux m’y ressourcer un peu en m’occupant de mes trois poules. Mais je ne voudrais pas faire un autre travail. Non, attendez : je suis incapable de faire quoi que ce soit d’autre ».
« Le 30 juin, fête de Saint-Pierre, est le jour où j’ai reçu mes clés, il y a 20 ans. Pour fêter cela, nous organisons une auberge espagnole. D’abord une eucharistie et ensuite un dîner en commun. Chacun apporte quelque chose, non pas pour me faire plaisir, mais parce qu’il sent qu’il est membre de notre communauté. Après toutes ces années, il y a toujours un noyau fidèle. Peut-être moins florissant qu’avant, mais il est devenu en fait plus réel, plus proche. Comme une famille.
Article d’Inke Ramaekers
Traduction PvdH
***
Suivre la page Facebook de Saint-Pierre de Jette et sa communauté néerlandophone ici.
Accéder à l’article originel en néerlandais ici.
Photo ©Inke Ramaekers
