Banneux | La Vierge des Pauvres tout à l’accueil des plus petits de nos frères
Les 16 et 17 novembre, le service solidarité du vicariat de Bruxelles avec le concours de plusieurs acteurs de terrain embarquait des personnes en précarité pour un pèlerinage vivifiant à Banneux : une invitation à vivre 48h en commun et à prier à l’occasion de la 8ème journée mondiale des pauvres. Retour en paroles de participants que l’on vous partage.
La prochain rendez-vous est déjà lancé : le 18 décembre à Montaigu (Scherpenheuvel) où toutes les personnes qui ont participé à la procession d’offrandes à la messe papale, les familles des enfants qui ont fait le dessin remis au Pape à la fin de la célébration, et les personnes présentes au petit déjeuner au Parvis de st-Gilles, sont invitées à une rencontre avec mgr Luc Terlinden. Au programme : accueil – café – partage biblique – temps de prière et cadeau du Pape – verre de l’amitié. A suivre assurèment.
©Claire Rullens
Christ Tindo (pèlerin du groupe de l’Entraide de Saint-Gilles) :
« Le 16/11/2024 avec la Communauté de Bruxelles, nous nous sommes rendus à Banneux pour un pèlerinage et suivi de la journée mondiale des pauvres qui suivait le dimanche 17/11/2024.
De prime abord, le pèlerinage à Banneux réunit tous les chrétiens pauvres de différentes communautés de Belgique et de différentes religions. A Banneux, tu y retrouves des catholiques, musulmans, protestants, …etc. Sur une durée de deux jours pendant laquelle nous partageons des repas ensemble, des témoignages, et présentations.
Ensuite, à Banneux, pour un succès du pèlerinage, nous organisons la journée avec des activités, telles que : prières, partages bibliques, chemin de croix, chemin de lumière, … etc.
Banneux pour moi était la 1ère fois. J’ai été informé de ce pèlerinage par des amis qui y avaient déjà participé et me témoignaient du bon moment de prières passé ce temps.
Cependant, j’ai tellement aimé le temps de pèlerinage passé à Banneux car on dirait se retrouver dans un autre monde. Un monde où il n’y a pas de famine, d’injure, de jalousie, de méchanceté, d’envie, de calomnie, d’injustice… Etc. Banneux est le paradis sur terre. Pourquoi je dis que Banneux est le paradis sur terre? A Banneux, nous sommes de différentes origines, de différentes couleurs de peau, nous prions ensemble, nous mangeons ensemble, nous partageons nos expériences ensemble, nous sommes tous égaux, il n’y a pas de plus grand ni de plus petit, nous travaillons ensemble.
Vous savez, j’ai pu faire ce constat lorsque nous prenions le repas ensemble. Vous êtes sur une table avec des personnes inconnues, vous partagez un bout de pain, vous souriez ensemble, vous pleurez ensemble… et j’ai levé la tête et regardé autour de moi les autres tables et je ne pouvais voir que l’amour et je me suis dit intérieurement « voici le monde dont le Seigneur notre Dieu aimerait retrouver sur toute la terre ». J’ai dit « merci Seigneur ».
Le moment passé à Banneux regorgeait de points forts ou les lois dont Dieu aimerait voir sur toute l’étendue de la terre : la prière, le partage, l’amour du prochain.
Chaque année, par la Grâce de Dieu, j’aimerais participer au pèlerinage à Banneux et ramener avec moi des proches.
Je suis sorti de Banneux avec une foi plus grande, une autre vision de la vie et avec des missions que je me suis donné afin d’être un acteur pour l’étendue du Royaume de Dieu.
Je pars en disant merci à Marie-Françoise, Claire, Aimée qui m’ont permis de participer à ce pèlerinage et sans oublier le Dieu tout puissant qui est celui qui a permis que je sois à ce pèlerinage en bonne santé et que j’en ressorte avec toutes les grâces. »
Aimée Coffi (elle était pèlerine et responsable du groupe de l’Entraide de Saint-Gilles) :
« Je rends grâce au Seigneur pour cette 3ième édition pour moi sur Banneux. J’avoue que j’y suis allée 2 fois, mais pour cette fois-ci, ça a été très différent et exceptionnel. C’est un sentiment que je n’arrive pas à décrire ou exprimer, mais je veux seulement dire que ça se vit. En outre, j’ai fait des rencontres de personnes remarquables et très gentilles.
J’ai aussi beaucoup reçu en parlant de la culture chrétienne et des relations. Bref ! ce fût tout simplement un moment exceptionnel et inoubliable. Merci à Claire et Marie-Françoise pour votre implication et votre dévouement à l’oeuvre du Seigneur. »
Aimée a rajouté oralement après avoir écrit « j’ai vécu quelque chose de fort, mais je n’ai pas les mots. C’est quelque chose, qui se vit, qui ne s’écrit pas ».
Claire :
« Les 16 et 17 novembre derniers, j’ai eu la chance de participer à l’organisation du 8ème pèlerinage interdiocésain vers Banneux, un lieu marial important en Belgique. Cet événement, inscrit dans le cadre de la Journée mondiale des pauvres initiée par le Pape François, avait pour thème cette année : « La prière du pauvre s’élève jusqu’à Dieu » (Si 21, 5).
En tant que responsable du groupe de Bruxelles, composé d’une centaine de participant.e.s, c’était pour moi une première expérience de coordination. Nous avons rejoint sur place des groupes venus de toute la Belgique francophone, soit environ 300 pèlerin.e.s. Ce fut un temps fort, à la fois humain et spirituel, marqué par de riches rencontres et une véritable profondeur.
L’organisation de ce pèlerinage a été une aventure collective. En collaboration avec plusieurs associations bruxelloises, nous avons rassemblé des personnes aux parcours variés. Dès le départ, j’ai senti un véritable élan. Il ne s’agissait pas simplement de coordonner un déplacement, mais de créer les conditions pour une expérience spirituelle forte, où chacun.e pouvait se sentir accueilli.e et à sa place.
Sur le lieu de pèlerinage, divers ateliers, temps de prière, procession mariale, messe étaient organisés. Durant toutes ces activités, certains témoignages m’ont profondément touchée et même évangélisée. Ces paroles simples mais pleines de foi et de vérité m’ont rappelé combien Dieu agit à travers les plus humbles, ceux et celles que le monde oublie parfois. Leur parole m’a marquée : elles m’ont fait entrevoir une force et une confiance en Dieu que je ne connaissais pas. Les célébrations et les temps de silence autour de la Vierge Marie ont permis à chacun.e de déposer ses joies et ses peines. À travers ces moments simples mais profonds, j’ai vu une communion se créer entre les participant.e.s, malgré leurs différences.
Le retour en car fut bien différent de l’aller. Beaucoup exprimaient leur joie d’avoir participé, certain.e.s parlaient même d’un renouveau intérieur, ou de « déclic ».
Ce pèlerinage a été pour moi une expérience enrichissante à bien des égards. J’ai beaucoup appris de ces pèlerin.e.s qui, malgré les défis qu’ils et elles affrontent, portent une foi profonde et souvent lumineuse. Leur témoignage m’a permis de prendre du recul et de voir autrement ce que signifie vraiment « marcher avec Dieu ».
Tout s’est déroulé dans un esprit de fraternité/sororité et de simplicité, et je crois que chacun.e, organisateur.trice comme participant.e, repart avec quelque chose de précieux. Ce pèlerinage a montré, une fois encore, que la prière des plus petits est une force immense et que la Vierge Marie est toujours là pour nous accompagner.
Nous espérons pouvoir renouveler cette belle aventure l’année prochaine, toujours avec cette même joie de marcher ensemble. »
Béatrice :
« Banneux, samedi soir, je m’apprête à rejoindre le groupe de pèlerins à la grande chapelle pour un temps de prière suivi d’une procession à la vierge.
C’est à ce moment-là que je croise Marc (nom d’emprunt). Je le reconnais, il était dans mon atelier théâtre l’année passée. Je me souviens : il avait « joué » le sans-abris, rejeté de tous : il avait « joué » sa propre situation.
Et le revoilà ce soir, le visage marqué par la douleur. Je lui dis bonjour et lui demande comment il va. « Pas bien du tout : ma jambe me fait terriblement souffrir et j’aimerais me laver »
« Puis-je faire quelque chose pour t’aider ? Quelqu’un a-t-il soigné tes plaies ? »
« Non je n’ai trouvé personne et la douleur m’empêche de marcher et donc d’aller à la chapelle »
« Souhaites-tu y aller ?»
« Oh oui ! »
Je lui ai trouvé une infirmière et une chaise roulante et avec son accord, je l’ai poussé jusqu’à la Chapelle ND des Pauvres.
En montant, nous avons ri : c’était sa première expérience en chaise roulante et il appréciait. Il me dit que j’avais de la chance car quelques mois plus tôt il pesait le double… C’est alors qu’il a évoqué ses problèmes d’assuétude à la drogue…
Nous avons fait la procession ensemble et je lui ai proposé de demander à Marie de l’aider, de m’aider à sortir de ses, de mes assuétudes… il m’a dit ce n’est pas tout et s’est effondré en pleurs : je lui ai tenu les épaules et à sa demande nous sommes allés à la source, je l’ai aidé à la rejoindre et il a trempé ses mains dans l’eau glaciale : une fois et une deuxième fois et moi aussi…
Nous sommes rentrés sans dire grand-chose et nous nous sommes quittés…
Ce qui s’est vécu là est de l’ordre d’une présence il ne s’agissait pas d’un dialogue entre deux personnes mais d’une intercession c’était beau, c’était bon… Merci Seigneur ! »
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Lire l’article de Philippe Ghysens sur Otheo ici.
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