Rassemblés autour de l’archevêque de Malines-Bruxelles, les prêtres ont vécu une rencontre fraternelle marquée par l’écoute, l’espérance et une invitation renouvelée à marcher ensemble dans la mission.
Un presbyterium à l’image de Bruxelles
Avec 131 prêtres en mission dans la capitale, dont 50 incardinés dans le diocèse, le visage de l’Église bruxelloise est richement coloré par la diversité. Des prêtres originaires du Congo, de France, de Pologne et membres de diverses congrégations – jésuites, oblats de Marie Immaculée, assomptionnistes – composent ce corps pastoral pluriel. « Malgré la diversité, nous sommes tous au service d’un même évêque », a souligné Tony Frison, vicaire épiscopal pour le vicariat de Bruxelles, insistant sur ce qui unit au-delà des différences. « On est un seul corps, et c’est plus remarquable que tout le reste. »
Des signes d’espérance inattendus
Dans son allocution, Mgr Terlinden a partagé plusieurs « signes d’espérance », à commencer par l’élection récente du pape Léon XIV. « Ce pape nous est donné », a-t-il affirmé, en reprenant les mots du cardinal De Kesel qui rappellent la dimension spirituelle du conclave, vécu comme une liturgie où l’Esprit Saint guide le discernement. Cette expérience, selon l’archevêque, doit inspirer la démarche synodale élargie à toute l’Église.
Autre source d’espérance : l’arrivée, parfois inattendue, de nombreux jeunes dans les paroisses. « Nous avons ouvert les portes, ils sont arrivés par les fenêtres », a-t-il lancé avec humour, tout en y voyant un défi pastoral de taille. Face à ces visages nouveaux, l’archevêque plaide pour une Église en sortie, plus attentive à l’accueil qu’à l’organisation structurelle. « Beaucoup s’attachent à un lieu où ils sont bien accueillis », constate-t-il. Une Église qui regarde moins son nombril et davantage le cheminement de ceux qui frappent à sa porte.
Le ministère ordonné en question
Revenant sur le sens du ministère presbytéral, Mgr Terlinden a insisté sur la vocation de service qui habite l’ordination. « On ne devient pas prêtre ou diacre par un papier administratif. C’est une liturgie, un don de l’Esprit. » Il a appelé les prêtres à vivre leur ministère dans l’humilité, en lien avec tout le peuple de Dieu. « Il y a un risque de se mettre sur un piédestal », a-t-il averti, rejoignant les avertissements du pape François contre le cléricalisme.
Il a également encouragé ses confrères à mieux préparer leurs homélies, rappelant qu’« à travers elles, c’est le Christ qui enseigne ». L’importance de la prière et d’une liturgie bien célébrée, dans la diversité des manières qu’on connaît, a aussi été soulignée. Bruxelles en est un bon exemple : les catéchumènes que l’archevêque rencontre sont souvent profondément touchés par la liturgie, que ce soit lors d’une messe aux Minimes ou dans l’atmosphère du couvent Saint-Antoine.
Synodalité : marcher ensemble dans l’Esprit
Enfin, dans une Église en mouvement, la synodalité s’impose comme une manière de vivre et de gouverner. « Le synode n’efface pas le ministère ordonné, il le redéfinit », a affirmé Mgr Terlinden. Loin d’appauvrir le rôle du prêtre, cette collégialité est vécue par lui comme un enrichissement. Il a appelé à évaluer les pratiques déjà en place, à ne pas tout réinventer mais à ajuster les méthodes avec souplesse et liberté dans l’Esprit.

