Festival JMJ Belgium | Nous y étions. Et c’était bien !

Nous étions aux JMJ Belgium. Et c’était bien !

[Article CathoBel, 23/10/22, par Vincent Delcorps]

Ce week-end s’est tenu le Festival JMJ Belgium, à Maredsous. Au rythme de la musique, de la prière, de la rencontre et du foot, 1200 jeunes ont vécu un moment fort. Nous avons passé la journée du samedi avec eux.

L’homme se tait. Réfléchit. Hésite. « Cela remonte à fort loin en tout cas ». Tommy Scholtes ne sait pas très bien quand un événement d’Eglise a rassemblé autant de jeunes en Belgique francophone. Ce samedi soir, dans la pénombre du soir naissant, il fait la file devant un food truck. 1200 jeunes vont et viennent autour de lui. Qui aurait cru, il y a quelques semaines encore, qu’ils seraient aussi nombreux? Evidemment, par le passé, il y eut les Marches des Rameaux – mais dans leurs dernières éditions, leur succès s’était sérieusement réduit. On repense aussi au Congrès Bruxelles-Toussaint 2006 – qui n’était toutefois pas réservé aux jeunes. En ce soir quasi-estival, il y a comme un parfum de nostalgie. Au loin, n’est-ce d’ailleurs pas le groupe EXO que l’on entend jouer depuis la scène Ressuscito ? « Dieu est la source de ma joie », chantent-ils. Comme si rien n’avait changé en 25 ans…

L. Mathues ©

Après une longue attente, le porte-parole de la Conférence épiscopale reçoit son wrap poulet-miel. « Très bon ! » Le jésuite savoure. Il est content. Ce week-end est décidément une réussite.

« T’as pas une autre question ? »

Quelques heures plus tôt, c’est par la responsable de la pastorale des jeunes de Bruxelles que nous sommes accueillis. « En forme ? », lui demande-t-on. Son sourire ne masque pas complètement ses cernes. « T’as pas une autre question ? », rigole-t-elle. Logique. Si l’équipe organisatrice s’est entouré d’une armée de bénévoles, c’est un événement hors-normes qu’elle a mis sur pied. L’idée est née deux ans plus tôt. Objectif : organiser un événement franchement fédérateur où chaque jeune pourra se sentir accueilli. Et inciter ainsi tous ces festivaliers à se lancer, quelques mois plus tard, dans l’aventure des Journées Mondiales de la Jeunesse. Réginald, de la pastorale des jeunes de Tournai, opine du chef : « on a voulu faire un bel événement. Et on s’en est donné les moyens ». Le jeune homme est chargé de superviser le budget des JMJ Belgium. Groupes musicaux, matériel de sonorisation, nourriture… Ce n’est (évidemment) pas la petite participation payée par chaque participant qui permettra de couvrir les frais. Mais Réginald a l’air plutôt confiant. Les sponsors semblent avoir été généreux…

Sous les yeux d’une ânesse

A l’ombre de l’abbatiale, ça papote et ça rigole. Sous les yeux d’une ânesse appartenant à la Fraternité de Tibériade, un évêque auxiliaire discute avec quelques jeunes. Plus loin, un vicaire général prend des photos tandis que l’une des organisatrices répond aux questions d’une journaliste. Originaire du Brabant wallon, Georges accompagne quelques jeunes de son coin. « Mais je les ai déjà perdus », nous dit-il, sans pour autant s’en inquiéter.

De plus en plus, c’est vers le stade saint Jean-Paul II qu’affluent les festivaliers. C’est là que la CathoBel Cup, un tournoi de mini-foot, va commencer dans quelques instants. Tandis que l’équipe de Liège s’échauffe déjà sur le terrain, les Namurois se font attendre… Enfin, ils arrivent. Au terme d’une (toute petite) minute de silence visant à dénoncer l’attribution de la prochaine Coupe du Monde au Qatar, le tournoi interdiocésain démarre. Chaque équipe a sa couleur, chaque joueur a une vareuse à son nom. Emmenés par Guillaume Giroul, « le plus jeune prêtre de Belgique », les Liégeois l’emportent 2 buts à 1. Dans les coulisses, Luc, grand coordinateur de ces JMJ Belgium (et Liégeois !) jubile. Il devra déchanter: au terme d’un après-midi plein de rebondissements, les Principautaires finiront… à la dernière place du tournoi.

« Je suis amoureuse »

Loin du stade, il est possible d’écouter de la musique, de prier, d’adorer, de réfléchir. C’est vers une table ronde (dites plutôt « stand-up ») consacrée à la vie monastique que nous nous dirigeons. Il n’y a là qu’une bonne douzaine de festivaliers (la concurrence du foot et de la musique est forte!). Mais le témoignage que leur offrent des représentants de Chimay, Hurtebise, Soleimont et d’ailleurs est beau. Ces femmes et ces hommes n’idéalisent pas pour autant leur engagement. « Le plus dur, c’est de vivre la relation fraternelle au sein de ma communauté », confesse l’une. « Mais c’est aussi le plus beau », s’empresse-t-elle d’ajouter. Ce qui les aide à suivre le Christ? « Je suis amoureuse », sourit cette moniale. « C’est la communauté ! », souligne un autre. « L’Eglise compte sur nous », complète un troisième. Et quand on leur demande de partager une joie récente, le bouquet s’orne rapidement de fleurs pétillantes. « La joie de prochainement accueillir une novice », « l’expérience d’accueillir des jeunes et de chanter avec eux », « entendre d’autres nous dire qu’ils ont besoin de nous ». Ça donne (presque) envie de vivre avec eux…

CathoBel ©

Namur aura des regrets

Anaïs sourit. Bien sûr, le week-end est loin d’être fini. « Mais pour l’heure, tout roule », nous confie la responsable de Church4You, « à part quelques soucis de santé et un petit groupe de jeunes qui n’étaient pas tout à fait à leur place et qu’il a fallu gérer ».

Il est bientôt 18 heures. A deux pas du stade Jean-Paul II, Cédric Claessens, prêtre de la Communauté de l’Emmanuel, démontre brillamment que, dans une vie antérieure, il fut aussi champion de BMX. Le public est méga-chaud. Pendant que certains s’attaquent déjà aux food truck, les équipes de Namur et du Brabant wallon montent sur le terrain. C’est la finale ! Le match est intense, stressant. Les Namurois peuvent compter sur les dribbles endiablés d’un frère de Tibériade en feu, et sur le virevoltant abbé Noé Vermeer. Bientôt, ils ouvrent le score. Mais les Brabançons ne manquent guère d’atouts, et reviennent bientôt au score. Puis c’est à nouveau Namur qui prend l’avance. Avant d’être encore une fois rejoints. Au bord du terrain, Mgr Jean Kockerols ne rate pas une minute du match. Au fond de lui, l’homme nourrit sans doute quelques regrets : c’est de peu que l’équipe de Bruxelles a loupé la finale…

Arrivent les tirs au but. Les gardiens sont à l’honneur. Un seul tireur fait mouche. Il est brabançon. Les regrets seront namurois… Alors que le stade est envahi par les supporters, les directeurs de CathoBel et Mgr Kockerols offrent la coupe aux vainqueurs. Dans les coulisses, il se dit déjà que cette première édition de la CathoBel Cup ne restera certainement pas sans suites…

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Plus d’infos sur les JMJ Belgium : jmjbelgium.com & la page Facebook du Festival JMJ Belgium

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Crédits photos & textes : Cathobel, Vincent Delcorps ©