Ce samedi 14 février, à l’église Notre-Dame des Victoires au Sablon, Martin van Breusegem a été ordonné diacre en vue du sacerdoce par Mgr Luc Terlinden. Une étape décisive pour cet ancien professeur d’histoire, invité par l’archevêque à « signifier tout » par le service.
Il y a des dates qui marquent une vie. En ce jour de la Saint-Valentin, alors que le monde célébrait l’amour, c’est à un autre type d’amour que Martin van Breusegem a répondu « oui ». Un amour inconditionnel pour Dieu et pour l’Église. Entouré de sa famille, de ses proches et d’une église comble, remplie de fidèles venus de Bruxelles et d’ailleurs, Martin a franchi la dernière grande étape avant l’ordination sacerdotale.
De l’enseignement à l’appel
Qui est celui qui s’est avancé samedi soir devant l’autel du Sablon ? Un visage familier pour beaucoup à Bruxelles, où il effectue actuellement son stage d’insertion pastorale dans le centre-ville.
Né à Charleroi, troisième d’une fratrie de cinq enfants, Martin a d’abord emprunté la voie de l’enseignement. Agrégé en histoire, il a enseigné plusieurs années dans la capitale, habitant alors en colocation au Pôle Jeunes XL.
Pourtant, l’appel reçu dès l’enfance, nourri par la spiritualité de la Fraternité de Tibériade et la rencontre personnelle avec Jésus comme un ami, n’a jamais cessé de résonner. C’est en 2018, à Paray-le-Monial avec la Communauté de l’Emmanuel, que tout s’accélère. Très engagé au sein de cette communauté, et touché par la miséricorde divine, il décide de donner sa vie. Son parcours de formation l’a mené de la propédeutique à Namur, aux études à Paris, pour revenir ensuite à la théologie au Studium Notre-Dame de Namur.
« Le diacre ne sert à rien, mais signifie tout »
Présidant la célébration, Mgr Luc Terlinden a livré une homélie qui s’appuie sur l’Évangile de Matthieu (Mt 5, 17-37) proclamé ce jour-là. Méditant sur le Christ qui n’est pas venu abolir la loi mais l’accomplir, l’archevêque a dressé le portrait spirituel du diacre. Un homme appelé à renoncer à la violence et à la convoitise pour entrer dans une vie filiale.
S’adressant directement à Martin, Mgr Terlinden a souligné le paradoxe de ce ministère avec une formule audacieuse : « Ne pourrait-on pas dire que le diacre ne sert à rien, mais qu’il signifie tout ? »
L’archevêque s’en est expliqué : d’un point de vue purement fonctionnel, beaucoup de tâches diaconales peuvent être accomplies par des laïcs. « Mais le diacre signifie tout, car il est configuré au Christ serviteur. Celui qui est venu non pas pour être servi, mais pour servir. »
La sagesse de la Croix
Pour faire écho à la lecture de saint Paul aux Corinthiens, Mgr Terlinden a rappelé que le ministère ne repose pas sur le prestige du langage ou de la sagesse humaine, malgré les nombreuses qualités reconnues chez Martin. C’est dans l’humilité et parfois la faiblesse que la puissance de l’Esprit Saint se manifeste le mieux.
Le nouveau diacre est désormais appelé à être le témoin d’un Père qui « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons ».
La célébration s’est achevée dans l’action de grâce, confiant Martin à la prière de tous pour qu’il vive ce nouveau ministère dans la joie du service, le regard fixé sur le Christ.
Luca Marciano


