Observatoire des Religions et de la Laïcité | son regard sur le troisième rapport de l’Eglise catholique

Ce mardi 5 janvier, l’Observatoire des Religions et de la Laïcité a écrit un article sur le Troisième rapport annuel de l’Église catholique de Belgique.

Voici un extrait :

« Pour la troisième année consécutive, la Conférence des Évêques de Belgique a publié au mois de novembre son Rapport annuel sur l’Eglise catholique en Belgique, une opération de communication qui nous en apprend beaucoup sur cette institution, et pas seulement grâce aux chiffres qu’elle fournit pour l’année 2019. Depuis trois ans, c’est sous le signe du dynamisme et de la vitalité de la communauté catholique que s’inscrivent ces rapports, pédagogiques et colorés, contrebalançant des chiffres en berne par un discours optimiste louant l’engagement des fidèles et prédisant la « transition » qualitative qui s’opère au sein de l’Église.

Comme c’était le cas pour les précédentes éditions, la communication autour du rapport 2020 met en avant la « transition » vécue par l’Église, qui s’adapte à l’érosion de ses effectifs et aime à présenter ces tendances comme autant d’opportunités, à l’image du porte-parole de la Conférence épiscopale Tommy Scholtès, se réjouissant dans L’Avenir du 18 novembre dernier de l’enrichissement, pour la vie de l’Église, que constitue « la multiplicité des personnes qui entrent dans le jeu ».

Un premier axe de cette transformation est en effet la prise de responsabilité croissante des laïcs (parmi lesquels de nombreuses femmes), répondant à la diminution constante du nombre de prêtres. Comme le montrait le rapport de l’année dernière, les femmes représentent désormais 55 % des effectifs de l’Église, et 19 % des personnels du culte rémunérés par l’État fédéral, bien que leur répartition soit inégale aux différents niveaux de responsabilité, et qu’elles restent exclues de l’ordination sacerdotale.

Depuis plusieurs années, le nombre de laïcs dans des positions décisionnelles en paroisse, dans les services diocésains et dans les institutions d’assistance surpasse donc le nombre de prêtres. Selon le dernier rapport, 2136 laïcs disposent d’un mandat du diocèse, certains étant rémunérés, d’autres bénévoles. Par comparaison, 1947 prêtres travaillent dans les paroisses belges (parmi lesquels 1114 prêtres diocésains, 349 prêtres religieux, et 484 prêtres issus de diocèses étrangers). Les chiffres de 2019 confirment ainsi la tendance, amorcée depuis plusieurs décennies, d’une diminution du nombre de prêtres catholiques, qui n’est pas entièrement compensée par la venue de prêtres étrangers : le décompte de 2019 fait état de 2167 prêtres diocésains, alors qu’ils étaient 2301 en 2018, et 2774 en 2016.

Cette diminution est le fruit de la chute des vocations sacerdotales, amorcée depuis la fin des années 1950 et qui s’accentue encore (on compte 68 séminaristes en 2019, contre 85 en 2016) de même que du vieillissement de la population de prêtres qui s’ensuit logiquement. Ainsi, en 2019, seuls 27 % des prêtres diocésains ont moins de 65 ans, et 52,7 % d’entre eux ont plus de 75 ans, âge où la plupart des prêtres prennent leur pension (bien qu’elle leur soit accessible à 67 ans). La population de diacres permanents est à peine plus jeune : sur un total de 598 diacres en 2019, 31,5 % ont moins de 65 ans. Du côté des ordres et congrégations religieuses (qui comptent 10 262 membres en 2016, et 9 052 en 2018, dont 73 % sont des femmes), la moyenne d’âge est encore plus élevée : dans l’Archidiocèse de Malines-Bruxelles, plus de 75 % des religieux et religieuses ont dépassé 70 ans (chiffres 2016). »

Cliquer ici pour voir l’intégralité de l’article sur le site de l’ORELA.

Article écrit par Juliette Masquelier (FNRS – Université libre de Bruxelles)