RTBF | Luc Terlinden, primat de Belgique : « Les femmes prêtres, ce n’est pas dans l’agenda »

RTBF | Luc Terlinden, primat de Belgique : « Les femmes prêtres, ce n’est pas dans l’agenda »

Si sa santé le permet, le pape François devrait se rendre en Belgique cet automne à l’occasion du 600e anniversaire de l’Université Catholique de Louvain. Interrogé sur La Première, le primat de Belgique Luc Terlinden explique que le pape « a 87 ans et est prudent. Comme tout le monde il peut avoir des petits soucis, mais nous sommes confiants et on prépare activement la visite. On se réjouit de l’accueillir ici, on est très optimiste et enthousiaste ». Le moment n’est pas encore venu de choisir un successeur au pape actuel, mais Luc Terlinden, archevêque de Malines-Bruxelles, est favorable à la nomination un pape africain, « si c’est le bon pape, si c’est la bonne personne à la bonne place ».

 

Quand une religion est trop dominante, c’est mauvais pour la société.

Au sujet de la baisse de fréquentation des églises catholiques, Luc Terlinden dit : « C’est une nouvelle Église, et une nouvelle vie en société. Être chrétien aujourd’hui est beaucoup plus un choix. On ne doit pas penser que la situation idéale de l’Église c’est d’être une religion dominante, au contraire. Quand une religion est trop dominante, c’est mauvais pour la société. Je vois cette évolution positivement ». Depuis 2000 ans, l’Église catholique « n’a cessé de se renouveler ».Ces derniers temps la situation de la paroisse Don Bosco de Buizingen, très progressiste, a créé des tensions. Le Conseil épiscopal a pris position : « On a constaté que le fossé était trop grand et on leur a proposé un nouveau statut. Pour l’Église catholique, il est important qu’un prêtre préside l’eucharistie, parce qu’il est signe de quelque chose qui nous dépasse. Si on supprime cela, on n’est plus dans la grande tradition catholique. On ne veut pas fermer cette église mais nous devons trouver un terrain d’entente« .

« Quand on est prêtre, on s’engage à rester célibataire »

Même s’il y a de plus en plus de femmes nommées à des postes clés dans l’Église catholique, 

« les femmes prêtres, ce n’est pas dans l’agenda », poursuit Luc Terlinden. « Depuis les Apôtres, qui étaient des hommes, la succession se fait d’homme à homme pour les évêques, et aussi pour les prêtres qui ont toujours été des hommes. Je vois ça aujourd’hui dans une complémentarité. Je n’attends pas aujourd’hui qu’on ouvre la possibilité d’ordonner des femmes prêtres pour donner des responsabilités aux femmes. Je viens de nommer une femme à un poste à responsabilité dans le Brabant wallon, cette présence des femmes est vraiment un plus pour l’Église« .

Quand les prêtres pourront-ils se marier ?

« La question est plutôt d’ordonner prêtre des hommes mariés, parce que quand on est prêtre on s’engage à rester célibataire. C’est une tradition très ancienne que des hommes mariés soient prêtres, dans l’église orientale. Les évêques de Belgique posent la question d’ordonner prêtre des hommes mariés dans l’église latine« . Quant au mariage homosexuel, le primat de Belgique rappelle que « l’Église fait toujours la distinction et tient à parler du mariage entre l’homme et la femme, en vue aussi de l’accueil des enfants« .

Après les abus sexuels mis en lumière dans la série d’émissions Godvergeten de la VRT, l’Église de Belgique a pris une série de mesures, dit Luc Terlinden : « On a mis en place des points de contact pour accueillir les victimes et les accompagner. Au nom de l’Église, l’évêque les rencontre, présente ses excuses, reconnaît la gravité des faits et le mal subi. Nous sommes prêts à aller plus loin, notamment dans un soutien et des soins thérapeutiques pour la part qui n’est pas financée par la sécurité sociale, comme nous l’avons proposé à la commission parlementaire« .

Retrouvez l’intégralité de l’article Ici 

Par Alain Lechien, d’après une interview de Danielle Welter

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