Soeur André la doyenne des Européens fête ses 118 ans

 

Soeur André la doyenne des Européens fête ses 118 ans

La plus vieille religieuse au monde, vice-doyenne de l’humanité, a célébré son 118e anniversaire vendredi 11 février. Membre de la congrégation des Filles de la charité, sœur André a reçu à cette occasion la visite de Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, « son imprésario », selon ses mots. 

Entourée de l’affection de sa communauté et du personnel de l’Ehpad Sainte-Catherine-Labouré, sœur André ne voit plus et se déplace en fauteuil roulant : « C’est une épreuve, car je suis très indépendante naturellement, et là je suis privée de mon indépendance, ça ne me plaît pas », confiait-elle à Var-Matin en 2020. Car la religieuse née le 11 février 1904 à Alès (Gard) a toute sa tête, entend encore suffisamment pour tenir une conversation et se souvient parfaitement de cette longue vie mouvementée.

Un siècle d’Histoire

Née Lucile Randon, la doyenne européenne et la plus vieille religieuse au monde est un vrai livre d’Histoire : deux guerres, trois républiques, dix papes… Au sortir de la Grand Guerre, elle devient gouvernante et institutrice auprès d’enfants de grandes familles, notamment dans la famille Peugeot. La foi la travaille : cette fille des Cévennes, huguenote, petite-fille de pasteur, est baptisée en 1923, à l’âge de 19 ans.

Ce n’est qu’en 1944 – à 40 ans ! – qu’elle entre au noviciat des Filles de la charité, de saint Vincent-de-Paul, à Paris. Elle choisit comme nom sœur André, en hommage à son frère aîné inquiet de la voir entrer en religion, de peur de ne plus la revoir. Elle s’occupera notamment d’orphelins et de personnes âgées durant sa vie religieuse à l’hôpital de Vichy. À 75 ans, l’âge se fait sentir. La retraite a sonné, et sœur André entre dans un établissement en Savoie, où elle passera une trentaine d’années. Avant d’arriver enfin à Toulon en 2009, à l’âge de 105 ans.

« Priez pour moi ! »

Sœur André écoute Radio Vatican et trouve le pape « très courageux ». François, il y a deux ans, lui a envoyé un chapelet. À la veille de son 118e anniversaire, elle prie chaque jour pour les autres résidents, ceux qui sont seuls et sans famille, ceux qui sont plus dépendants qu’elle. Cette vie donnée aux autres se poursuit encore : « Mon bonheur quotidien, c’est de pouvoir encore prier », confie-t-elle.

C’est ce qui reste à cette religieuse au fort tempérament : « Je ne vois plus, je ne tiens pas sur mes jambes, mais ce qui est difficile, c’est de dépendre des autres », expliquait-elle déjà il y a trois ans à l’hebdomadaire Le Pèlerin. Et la doyenne de poursuivre lors de son anniversaire de 115 ans : « Priez pour moi, j’en ai besoin ! Que le bon Dieu ne soit pas trop lent à me faire attendre encore. Il exagère… » Manifestement, Dieu fait la sourde oreille…

Christophe Henning

Accéder au site des Filles de la Charité, ordre créé par Saint-Vincent-de-Paul.

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