Une semaine qui en rappelle une autre

Une semaine qui en rappelle une autre

Nous venons de vivre la Semaine Sainte, celle qui précède Pâques ; une semaine qui, en réalité, en raconte une autre, bien plus lointaine.

Elle est accompagnée d’une multitude de rites qui font mémoire d’une histoire passée, mais à laquelle, d’une manière mystérieuse mais bien réelle, nous participons encore aujourd’hui.

Tout a commencé le dimanche, le dimanche des Rameaux, avec l’exaltation d’un Roi étrange qui entra dans la ville de Jérusalem en chevauchant une ânesse, et non un cheval comme le faisaient les grands chefs militaires acclamés par la foule ; son chemin ne l’a pas conduit vers un trône d’or sur lequel s’installer, mais vers une croix de bois, sur laquelle il a finalement été suspendu.

Je pense que le symbole central de cette semaine est justement cette croix de bois, qui a d’ailleurs été exposée et adorée le Vendredi saint.

Les étapes de ce parcours ont été nombreuses : la messe des Rameaux, la messe Chrismale avec l’évêque Luc, la messe en mémoire de la Dernière Cène avec le lavement des pieds, le chemin de Croix, la Passion du Seigneur, et enfin la grande Veillée du Samedi saint.

Ce fut une semaine particulièrement riche pour la communauté italienne, tant pour les lieux fréquentés – la Cathédrale, l’église Sainte-Alix et le Foyer Catholique Européen – que pour les amis rencontrés : de nombreux Italiens avec qui nous avons célébré en italien, et de nombreux Belges avec qui nous avons célébré en français.

Un moment particulièrement émouvant fut la messe du Jeudi saint, la “Coena Domini”, au cours de laquelle nous avons répété le geste de Jésus en lavant les pieds ; le prêtre a lavé les pieds des agents pastoraux disposés en demi-cercle autour de l’autel, comme Jésus l’a fait ce jour-là pour ses disciples, avec l’intention de les envoyer laver les pieds de tous les hommes du monde.

Le contexte eucharistique nous rappelait qu’il n’y a pas d’eucharistie sans soin les uns pour les autres, et surtout pour les plus faibles et fragiles parmi nous. Pain et Pauvres : Corps du Christ, que nous sommes appelés à honorer et à servir.

Enfin, la richesse de la célébration de la Vigile pascale fut magnifique : l’étincelle du feu nouveau a ouvert la célébration ; cette étincelle symbolise ce mystérieux inconnu qu’est la Résurrection de Jésus.

Personne n’a vu la Résurrection, mais les apôtres ont juré avoir vu ce Jésus crucifié, Ressuscité.

Et leurs récits sont si variés et différents que, comme le disait un célèbre journaliste athée italien, Enzo Biagi : « S’ils avaient voulu nous raconter un mensonge, ils auraient dû mieux se mettre d’accord. »
Biagi regrettait de ne pas parvenir à croire, car il voyait dans les évangélistes des journalistes libres, à la solde de personne, racontant des expériences vécues, si diverses, sans peur de se contredire parfois, et sans crainte d’être jugés ou incompris. 

Nous entrons maintenant dans le temps pascal : cinquante jours pour repenser aux événements de cette semaine, faire mémoire du Ressuscité, mais surtout marcher à sa suite : qui sait, peut-être pourrons-nous, nous aussi, le rencontrer !

Encore une fois, joyeuses fêtes de Pâques.

Claudio Visconti, responsable de la pastorale italienne à Bruxelles