13 Décembre | Liturgie domestique du troisième dimanche de l’Avent Année B

Troisième dimanche de l’Avent Année B

Jn 1,6-8.19-28
Témoignage de Jean Baptiste

Jean affirme d’abord que la Parole était au commencement et que tout devint (ou advint) par elle…
Ce qui advint en elle était vie, et la vie était lumière des hommes. (Jn 1,1-5)
Le grec e-geneto est employé sept fois en Jn 1,1-28. On peut y voir un écho de ‘Genèse’ ; ce verbe indique un devenir et en même temps un évènement ; d’où la traduction advint (plutôt que fut).

Advint un homme envoyé par Dieu’ : son nom est Jean, ce qui veut dire : « Dieu fait grâce » (6). Il vint pour un témoignage au sujet de la lumière (péri tou phôtos, 7-8). Cette lumière associée à la vie, en contraste aux ténèbres (4-5), est méditée aux v.9-13 et revient à propos de vivre dans la lumière (3,19-21), de faire confiance en elle (12,35-36) et dans l’affirmation « Moi je suis la lumière » (8,12 ; 9,5 ; 12,46) (et encore en 1 Jn 1 et 2). Le témoignage de Jean est évoqué en 5,35-36, mais ici, on va l’interroger sur lui-même (péri séautou, 22).

Son témoignage est articulé sur la question « Toi, qui es-tu ? » (v.20.22)
Aux prêtres et aux lévites (19-23), Jean ne répond pas « Moi je suis » (égô eimi, qui a un accent de révélation dans le 4e évangile). Il répond d’abord trois fois négativement :
en ‘convenant’ (homo-logéô) « moi, je ne suis pas » (égô ouk eimi, 20), à propos de ‘le Christ’,
puis en ‘disant’ (legô) simplement « je ne suis pas » (ouk eimi, 21), à propos d’Elie,
et enfin en prenant du recul (apo-crinô) « non », sans verbe (ou, 21), à propos du ‘prophète’.
Ensuite, positivement, aussi sans verbe : « Moi, la voix du ciel dans le désert » (23), en se référant lui-même à un prophète, Isaïe.
(On peut remarquer que les trois identités niées ici se retrouvent attribuées à Jésus, quand celui-ci pose la question aux disciples : « Qui suis-je, aux dires des gens ? », Mt 16,13-16, Mc 8,27-29, Lc 9,18-20).

La question des envoyés issus des pharisiens revient aussi à dire : « Qui es-tu, pour baptiser ? »
Jean renvoie alors à son action : « Moi, je baptise dans l’eau », j’invite à passer à la vie (avec la référence au Jourdain, par lequel se fit l’entrée en terre promise, sous la conduite de Josué).
Pour cette vie-là, pour ce passage, quelqu’un « au milieu de vous se tient (estèken : est là, car il est arrivé), celui que vous ne savez pas… » (26) Ce verbe ‘savoir’ est ici oida (qui exprime un ‘savoir’ total, englobant son objet). (Chez Jn, c’est le plus souvent Jésus qui ‘sait’, tandis qu’un autre verbe, ginôscô, vise une démarche, une progression, ‘apprendre à connaitre’, ‘comprendre’. On en a un exemple dans l’entretien de Jésus et Nicodème, 3,1-11.)

Celui que Jean annonce comme ‘venant (erchomenon) derrière moi’ (27), Jean le voit le lendemain ‘venant (erchomenon) à lui’ (29) : ‘Jésus’ (le même nom en hébreu que Josué, ‘Dieu sauve’)..

Le nom de Béthanie comme cadre où cela advint peut souligner la disposition d’esprit requise, puisqu’il s’agit de la « maison du pauvre (ou de pauvreté)» située « de l’autre côté du Jourdain » (28).
(Certains manuscrits ont Bethabara, ‘la maison du gué’.)

C’est après cette clarification de la mission de Jean que l’évangile le montre capable de voir et de révéler Jésus comme « l’agneau de Dieu », de « témoigner » de lui. (v.29-34)
(Le témoignage annoncé aux v.7-8 se réalise explicitement aux v.32-34.)

Christian Deduytschaever