4e dimanche de Carême | L’évangile commenté par le diacre François De Coster

 

Durant tout le carême, nous vous proposerons un commentaire inédit de l’évangile du dimanche rédigé par une personnalité bruxelloise du monde catholique (ou d’une autre confession chrétienne) : prêtres, diacres, laïcs ou encore religieux/religieuses.

Outre le commentaire ou la méditation, c’est l’occasion de vous présenter ces auteurs. Nous vous parlerons brièvement leurs engagements ainsi que des lieux ou institutions où ils exercent leurs ministères ou bénévolats au service du Christ.

En ce quatrième dimanche de carême, c’est le diacre François De Coster  qui nous commente l’évangile du jour.

Retrouvez les quatre premiers épisodes de la série à ce lien.

Portrait de l’auteur : François De Coster

François est ingénieur civil et travaille dans un fleuron de l’industrie spatiale belge. Originaire de Wavre, il y a été membre de l’équipe paroissiale et lecteur dans la paroisse Saint-Jean-Baptiste. En 1997, il déménage à Auderghem. De 1999 à 2017, le futur diacre anime les chants durant les messes des familles à léglise Sainte-Anne d’Auderghem (UP Notre-Dame de Val-Duchesse).

Entre 2000 et 2002, il se forme à la pastorale liturgique (enseignement organisée par la CIPL).  A partir de 2012, il organise des parcours Alpha de (re)découverte de la foi chrétienne.

Célibataire, il est ordonné diacre permanent en 2017 et est chargé par son évêque de s’occuper de projets de première annonce à Bruxelles. Comment annoncer Jésus-Christ à ceux qui n’entrent jamais dans une église, mais qui auraient tant besoin de recevoir sa Bonne Nouvelle ? Des outils existent heureusement. Cette mission se déroule au sein du département Grandir dans la foi du Centre pastoral de Bruxelles.

Depuis 2017, il sert également la paroisse Notre-Dame du Blankedelle (UP Notre-Dame de Val-Duchesse) où il coordonne l’équipe liturgique.

Le commentaire de l’évangile du dimanche 27 mars

Évangile selon saint Luc, chapitre 15, versets 1 à 3 et 11 à 32

Connaissez-vous la parabole du fils aîné ?

Dans une parabole, l’important c’est la chute. Donc, le sujet de la parabole, c’est le fils aîné. Et en effet, cette parabole suit celle de la drachme perdue, puis celle de la brebis perdue. Si Luc rajoute une parabole c’est pour donner un élément nouveau.
Alors, tournons-nous vers le fils aîné, celui qu’on oublie souvent, et que Rembrandt n’avait pas négligé dans son célèbre tableau, même si beaucoup d’utilisations liturgiques l’ont perdu.
Car si l’histoire commence par un fils perdu, puis retrouvé, elle se termine par un fils qui semblait proche de son père car « tout ce qui est à moi est à toi », et que celui-ci risque de perdre.
Quand Dieu descend dans le jardin d’Eden (Gn 3,8-9), il ne s’écrie pas « Où est ma pomme ? » – si l’arbre de la ‘connaissance du bien et du mal’ (Gn 2,17), ou de ‘l’expérience du bonheur et du malheur’ était un pommier – mais bien « Où es-tu donc ? ». Ce qui est important pour Dieu c’est la relation avec l’homme et la femme.
Alors, quand le fils cadet s’en va, comme Adam qui se cache quand Dieu arrive dans le jardin, Dieu guette l’horizon jusqu’à ce qu’il le revoie et il ne cache pas sa joie de le retrouver. Et quand le fils aîné refuse d’entrer, le Père « sortit le supplier ». Vous imaginez le père à genoux devant son fils aîné ?

L’évangile nous montre que le pardon donné est aussi essentiel que le pardon reçu. Quand nous prions, nous disons « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ». Et Jésus continue : « Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. » (Mt 6,14-15).

Alors, durant ce carême, revenons, non seulement vers Dieu, mais aussi vers nos frères humains. Travaillons à l’unité et à la fraternité des humains pour recoller les deux moitiés du tableau et pouvoir dire Fratelli tutti.

 

© texte du portrait: François De Coster, adapté par Sébastien De Bock
© photos: photo personelle (vignette) – Catherine Houssiaux (portrait) – Wikipedia (Rembrandt)