A Scherpenheuvel, Mgr Terlinden dessine les contours d’une pastorale des plus fragiles

Lors de son voyage en Belgique, plusieurs situations de précarité ont eu l’occasion de rencontrer le pape François de près. L’archidiocèse de Malines-Bruxelles a tenu à organiser de grandes retrouvailles, ce mercredi 18 décembre.

Ce fut un moment fort mais discret: lors de la « messe du pape » au stade Roi Baudouin, 90 personnes en situation de précarité, venant du Nord comme du Sud du pays, participèrent à la procession des offrandes. C’était une grande première pour notre pays. La veille, notre pape François avait surpris tout le monde en allant déjeuner avec des sans-abris dans l’église de St-Gilles à Bruxelles ; de même que sa visite non annoncée au  Home St-Joseph chez les petites sœurs des pauvres, toujours en marge d’un programme officiel bien rempli, le Saint-Père nous montrait son enthousiasme à tendre la main vers tous et à ne veiller à n’oublier personne.

Une expérience unique

Pour toutes ces personnes en précarité, l’expérience incroyable de participer à ces événements d’Eglise forts et de pouvoir approcher le pape a marqué durablement les cœurs et les esprits car pour beaucoup ce fut l’expérience unique de toute une vie.

Le Vatican a produit en souvenir de cette visite papale en Belgique et au Luxembourg une médaille. L’idée a rapidement germé dans l’archidiocèse de réunir à nouveau tous ces participants d’un jour et de leur en remettre personnellement un exemplaire à chacun. C’est ainsi qu’est née l’idée d’un après-midi festif et de prière. Le recteur de Scherpenheuvel (Montaigu), le chanoine Luc Van Hilst qui avait été le cérémoniaire pour la messe, a proposé d’ouvrir les portes de son sanctuaire.

Le manteau de la guérison

La majorité du groupe venait en train depuis Bruxelles sous la houlette de Marie-Françoise Boveroulle, adjointe au vicaire épiscopal pour le vicariat de Bruxelles et responsable de la solidarité pour cette structure, accompagnée de Claire Rullens. Les accompagnateurs de cet après-midi étaient Dominic Verhoeven, Bart Verhelle, Mireille Grevisse, André Hennau, Bernadette Dufour, le frère Dominique Delbecque OFM et Bernadette Broeckx.

Ils ont été accueillis au sanctuaire par Mgr Luc Terlinden, l’abbé Luc Van Hilst et Mgr Van Looy, évêque émérite de Gand. Ils ont ensuite participé à la lecture gestuelle d’un Evangile animée par le diacre Dominic Verhoeven de Caritas Vlaanderen, et par Marie-Françoise Boveroulle. Le texte choisi était Marc 5, 25-31, récit partagé en Matthieu 9, 20-22 de manière abrégée ; c’est celui de la femme qui souffre de pertes de sang depuis douze ans, qui touche le manteau de Jésus et est guérie par lui. Le public attentif a ensuite écouté Luc Van Hilst qui a invité chacun à se plonger dans son expérience personnelle de foi où parfois s’exprime, dans des moments discrets du quotidien, la délicatesse dont Jésus sait faire preuve. Un temps de partage d’Evangile en petits groupes était alors proposé ; là dans la confiance et dans le respect de la parole de chacun, les cœurs se sont ouverts et les langues déliées pour partager tout à la fois ce qui avait été vécu lors de la visite papale, ce que faisait résonner dans son histoire personnelle le récit de la femme malade ou exprimer son espérance pour demain.

Tarte et cava

Le groupe ensuite à nouveau réuni, s’est retrouvé en la basilique Notre-Dame pour un temps de prière préparé par Luc Van Hilst et l’abbé Geert Narinx. Mgr Luc Terlinden a offert des clés de lecture supplémentaires à la lecture du jour et remercié chaleureusement les participants pour leur contribution à la visite du Pape. La courte cérémonie s’est conclue par une adresse à Marie et le moment attendu de remise des médailles qui avaient été bénies. Notre archevêque a aussi remis, pour le sanctuaire, à Luc Van Hilst un calice, cadeau du pape.

Les personnes sont reparties avec une médaille ©A. Périer (Eglise de Bruxelles)

Après ce moment à la fois profond et joyeux, l’après-midi s’est poursuivi autour d’un goûter très apprécié avec de bonnes tartes et un verre de cava. Christ Tindo, l’un des participants, a alors spontanément pris la parole pour remercier en invitant chacun à repartager autour de lui un peu de la joie reçue en ce jour. Le retour en train animé de jeux a conclu cet après-midi forte en émotion.

Une pastorale des plus fragiles

Marie-Françoise Boveroulle se réjouit des initiatives prises en faveur du développement d’une pastorale en faveur des plus fragiles de notre société ; à Bruxelles, les activités initiées pour le groupe des « Amis de Banneux » se nourrissent des échanges avec le réseau français, le réseau Saint-Laurent, et, ont permis la collaboration de différents services d’entraide et asbl investis auprès de ces publics (Poverello, Nativitas, Entraide de St-Gilles, Alliance de Miséricorde, etc…) de prendre un essor. La participation à la prière d’offrandes, du côté néerlandophone, a suscité un vrai enthousiasme, et, ouvre aussi une réflexion à proposer une pastorale dédiée de manière structurelle.  L’écho est partagé partout dans le pays et laisse présager le possible développement d’une action interdiocésaine à terme, véritable germe d’espérance en accord avec les Evangiles.

Texte Anne Périer – Titre, intertitres et chapeaux Cathobel

Photos copyright Anne Périer

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Accéder à la page du service Solidarité de Bruxelles qui était co-organisatrice de l’initiative ici.