Abus Sexuels | l’Église catholique intègre les nouvelles recommandations parlementaires

Abus Sexuels | l’Église catholique va intégrer les nouvelles recommandations parlementaires dans sa politique de tolérance zéro

 

02/05/2024 – Les évêques de Belgique réagissent à la conclusion finale de la commission de la Chambre. Cette commission d’enquête parlementaire de la Chambre chargée d’enquêter sur les abus sexuels dans l’Église et ailleurs a discuté aujourd’hui de son rapport final en séance publique.

Les évêques remercient la commission d’enquête d’avoir écouté de nombreuses victimes ainsi que des représentants des points de contact, de Dignity et des experts.  La commission d’enquête constate également que les autorités ecclésiastiques concernées ont pris à cœur les recommandations formulées par la commission spéciale en 2011. Le constat que de nombreuses recommandations de 2011 ont été mises en œuvre et qu’il y a donc des progrès indéniables dans la lutte contre les violences sexuelles ne signifie en aucun cas pour la commission d’enquête que le travail est terminé.[1]

Les évêques vont maintenant réfléchir à la manière d’intégrer les recommandations de la commission dans leur politique de tolérance zéro, où chaque plainte est prise au sérieux.

Les évêques soulignent une fois de plus qu’ils signalent systématiquement les faits non prescrits à la Justice. Dans l’attente d’un jugement, les auteurs sont suspendus et la plainte est transmise aux autorités du Vatican. Pour les faits prescrits par la Justice, il existe la possibilité de recourir à l’arbitrage. Celui-ci a été mis en place temporairement, sur proposition de la Commission parlementaire de 2010-2011, mais l’Église catholique le poursuit volontairement depuis près d’une décennie. En plus de la reconnaissance et des excuses, cet arbitrage offre également la possibilité d’une compensation matérielle pour le préjudice moral. L’Église catholique reste hélas seule à pratiquer cet arbitrage, car aucune autre organisation dans notre pays ne l’a suivie dans cette voie jusqu’à présent.

Les évêques sont satisfaits que la commission d’enquête demande un point de contact central et neutre ainsi que la possibilité d’un arbitrage pour les faits prescrits de toutes les victimes d’abus sexuels par le biais d’un centre d’experts dirigé par un commissaire interfédéral. Il est clair que l’Église et la Chambre ont joué un rôle de pionnier en 2012 en cherchant à faire reconnaître les faits prescrits.

Malheureusement, la commission donne l’impression que l’Église a agi à l’époque uniquement sous la pression de la commission précédente (2010-2011) et semble ainsi oublier que la Commission Halsberghe, puis Adriaenssens, ont vu le jour avant cette commission, à l’initiative de l’Église.

Comme les évêques eux-mêmes l’ont suggéré précédemment, la commission recommande de développer davantage le soutien thérapeutique professionnel pour toutes les victimes d’abus sexuels et de le rendre plus accessible financièrement. Ils y participeront de manière transparente.

Les évêques de notre pays veulent consacrer encore plus d’efforts au soutien pastoral professionnel des victimes d’abus, non seulement dans le cadre de la pastorale, mais aussi en dehors. À cette fin, un certain nombre de pasteurs seront réorientés vers l’assistance pastorale aux victimes d’abus. Ils s’engagent également à vouloir coopérer encore plus activement avec les institutions ou organisations qui ont la compétence professionnelle de mener des recherches scientifiques, d’apporter un soutien spécialisé aux victimes, de conseiller adéquatement les auteurs d’abus et de former ou d’accompagner des thérapeutes ou des travailleurs sociaux spécifiques.

Les auteurs d’abus dans un contexte pastoral sont pratiquement tous décédés dans notre pays. La plupart des autres ont été entièrement retirés du champ pastoral. Les ministres du culte qui ont été condamnés sont retirés des états de traitement du SPF Justice. Rome a écarté plusieurs dizaines d’entre eux du ministère sacerdotal ou de la vie religieuse.

L’Église catholique en Belgique poursuit sans relâche sa politique systématique de reconnaissance des victimes d’abus historiques et de prévention des abus par tous les moyens.

Pour un aperçu détaillé de toutes les initiatives, publications et politiques de l’Église catholique en Belgique en matière de lutte contre les abus sexuels sur mineurs, cliquez ici et en particulier ici.

[1] Conclusion finale, section 1re, § 4

Communiqué de presse de la Conférence Episcopale