Assomption 2018 : 7 clés pour redécouvrir Marie

Dans la continuité de ses célèbres ‘7 clés pour…’ et à l’approche de l’Assomption, l’abbé Christian De Duytschaever vous propose sept pistes pour redécouvrir la figure de Marie.
Retrouvez ses autres introductions et tous les commentaires hebdomadaires des évangiles sur http://cathoutils.be/la-bible-en-relecture/

7 clés pour MARIE   

Clé 1. Traditions et coutumes

Aux coins des champs et parfois en ville aussi, bien des statues, potales, oratoires et chapelles nous rappellent Marie, sous divers vocables comme « Notre-Dame », « Onze-Lieve-Vrouw » (cette ‘Dame’ étant comme la Dame des pensées de poètes médiévaux) ou encore « Sainte-Marie ». Ces noms sont liés à certaines fêtes (comme celles du 15 aout à Liège) et se retrouvent en bien des paroisses et communautés religieuses, communes et lieux-dits, écoles et hôpitaux.
Au plan artistique, tableaux, vitraux, sculptures présentent souvent la « Vierge à l’Enfant » ou un épisode tiré de l’évangile ou de la Légende Dorée (reprenant des évangiles apocryphes).
Cette présence s’affirme également dans les prénoms : il n’est pas rare que ‘Marie’ figure parmi les divers prénoms donnés aux garçons comme aux filles, sans oublier les prénoms dérivés : Marianne, Manon, Marika… et, en espagnol, Pilar pour ‘ND du Pilier’, Mercedes pour ‘ND de la Merci’, Dolores pour ‘ND des Douleurs’, etc.
Selon l’étymologie hébraïque, ‘Marie’, ‘Myriam’, pourrait être ‘celle qui voit’ (en profondeur).

Clé 2. Dans le Nouveau Testament

Ce sont d’abord les épisodes de l’enfance de Jésus chez Luc et Matthieu (chap.1 et 2) qui ont nourri la tradition chrétienne, surtout catholique. En outre, selon l’évangile de Jean, la « Mère de Jésus » était présente aux noces de Cana ainsi qu’au pied de la croix (Jn 2,1 et 19,25).
Les autres mentions de Marie dans les évangiles la situent avec la famille de Jésus qui veut rencontrer celui-ci (Mc 3,31); une autre fois, quelqu’un dans la foule la dit bienheureuse d’avoir eu un fils tel que Jésus (Lc 11,27). Au début des Actes des Apôtres, elle est mentionnée parmi les femmes rassemblées auprès des onze apôtres et des ‘frères de Jésus’ après l’Ascension (Ac 1,14).
Dans l’Apocalypse (12,1-2), la vision d’une femme enceinte couronnée de douze étoiles et la lune sous les pieds a été fréquemment rapprochée de Marie, comme figure de l’Eglise.

Clé 3. Théologie

Les définitions conciliaires à propos de Marie ont dépendu en fait de précisions à donner à la foi au Christ. Ainsi, appeler Marie « Mère de Dieu », cela ne risquait-il pas d’en faire une déesse ? Ou cela permettait-il d’affirmer que Jésus était Dieu depuis le tout début de son existence humaine, et non pas un homme ‘adopté’ par Dieu par après ?
De même, au 19ème siècle, proclamer l’Immaculée Conception (l’absence de toute tendance au péché chez Marie dès le début de son existence), c’était une manière de dire que le salut apporté par Jésus Christ n’avait pas une efficacité chronologique, mais fondamentale, radicale, pour toute l’humanité, à commencer par sa mère. Dans la même logique, l’Assomption de Marie, son accueil en Dieu dès la fin de sa vie terrestre, la met aussi en tête de toute l’humanité sauvée.
La dénomination de ‘Mère de l’Eglise’ vient essentiellement de la méditation de la parole de Jésus en croix au disciple bien-aimé : « Voici ta mère » (Jn 19,27), et aussi du fait que Marie soit vue comme la première à avoir accueilli le Seigneur, fait confiance en Lui, eu foi en Lui (Lc 1,38).
Le salut étant venu par elle, elle est parfois invoquée comme « Médiatrice » de toutes les grâces.

Clé 4. Fêtes

Les fêtes de la Vierge sont nombreuses. On peut en compter une par mois, outre tous les samedis qui lui sont traditionnellement consacrés, outre encore le mois de mai, « mois de Marie » et le mois d’octobre « mois du Rosaire », sans oublier la place particulière de Marie dans la période de l’Avent. Parmi les fêtes les plus importantes, l’Immaculée Conception de Marie est célébrée le 8 décembre et sa Nativité le 8 septembre. L’Annonciation, la visite de l’ange Gabriel à Marie, fêtée le 25 mars, neuf mois avant Noël (devenue une sorte de fête nationale au Liban, l’épisode étant relaté dans l’Evangile et le Coran). La Visitation de Marie à sa cousine Elisabeth est rappelée le 31 mai.
La fête de la Présentation de Jésus au temple et de la Purification de Marie est devenue la Chandeleur, le 2 février. L’Assomption fêtée le 15 aout, dès le 7ème siècle en Orient (la Dormition) et dès le 9ème en Occident, est devenue fête d’obligation par le concordat de 1801 (sous Bonaparte, né un 15 aout).

Clé 5. Pèlerinages et invocations

Nombre de lieux attirent des fidèles pour y prier en union à Marie, que ce soit suite à des apparitions (Lourdes, Fatima, Beauraing, Banneux…) ou en des lieux qui les rappellent (les ‘grottes de Lourdes’, à Jette, Oostakker…) ou qui lui sont consacrés depuis bien longtemps (Hal, Montaigu, Foy-N-D…)
Marie est souvent invoquée de manière très proche de la vie courante : soit par les lieux, comme si elle y était personnellement liée (ND de Chartres, ND d’Orval…), soit par les préoccupations des croyants (ND des Familles, de la Paix, de la Route, du Sommeil, du Bon Secours, des Eclaireurs, de la Mer…)
Cela accentue sans doute un élément de confiance, sur un ton plus familier, en notant que les fêtes donnent lieu aussi à des invocations comme ‘ND de l’Assomption’, ‘ND de l’Annonciation’…

Clé 6. La prière à Marie

Il s’agit souvent d’une demande d’intercession : qu’elle appuie notre prière auprès de Dieu, surtout quand celui-ci est ressenti comme très lointain.

* La formulation la plus traditionnelle est certainement celle du « Je vous salue, Marie » (en latin « Ave, Maria »), reprenant le salut de l’ange Gabriel à Marie, complété par celui d’Elisabeth à Marie, suivi de l’invocation « Sainte Marie,… priez pour nous… » La répétition de cette prière simple vénérant la Vierge a fait penser à une petite couronne de fleurs, de roses, tressée pour elle. C’est de là que viennent les mots « rozenhoedje » (= petit chapeau de roses), « chapelet » (= petit chapeau), mais aussi « rosaire » et « rozenkrans » (= guirlande de roses). Un chapelet est constitué de cinq dizaines de « Je vous salue, Marie », chacune suivie d’un  « Notre Père ».

Un rosaire comprend la prière de trois chapelets, méditant 15 mystères de la vie de la Vierge Marie (5 joyeux, 5 douloureux, 5 glorieux). (Ces 150 Je vous salue, Marie ont été considérés comme une sorte d’équivalent aux 150 psaumes de la Bible.) Il y a quelques années, Jean-Paul II a proposé une série supplémentaire de 5 mystères (lumineux), médités en un quatrième chapelet.

* Une autre prière traditionnelle rattachée à Marie est celle de l’Angélus (ce mot latin signifiant ‘ange’ en est le premier mot). Rythmée par une sonnerie de cloches particulière, matin, midi et soir, elle rappelle l’incarnation grâce au oui confiant de Marie, par des phrases reprises aux évangiles :

L’ange du Seigneur annonce à Marie (Lc 1,26-28) / Et elle a conçu du Saint Esprit (Mt 1,20);
Voici la servante du Seigneur (Lc 1,38) / Qu’il me soit fait selon ta parole (Lc 1,38) ;
Et le Verbe s’est fait chair (Jn 1,14) / Et il a habité parmi nous (Jn 1,14)…

* Tiré de l’évangile aussi, on peut s’associer au Magnificat, l’action de grâce de Marie pour l’amour de Dieu qui vient bouleverser et sauver le monde (Lc 1,46-55)
* Des prières du soir comme le Salve, Regina sont fréquentes dans les monastères : on s’y confie à la protection de Marie, ressentie comme maternelle, « proche » de nous.

Clé 7. Dans l’Islam

« Maryam » est le titre de la sourate 19 du Coran et est  le seul nom de femme qui soit cité en ce livre. Y est évoqué essentiellement son rôle dans la mise au monde de « Jésus, fils de Marie ». Sa foi en Dieu est mise en valeur par Jésus lui-même qui, encore nouveau-né, prend la défense de sa mère.

Elle a une grande importance dans la spiritualité féminine musulmane.

Christian, le 28/07/2018