Banneux : 2 jours de récollection pour 100 nommés de Bruxelles

 

Banneux : 2 jours de récollection pour 100 nommés de Bruxelles

Lundi 19 et mardi 20 février 2024, une centaine de nommés de l’Eglise Catholique à Bruxelles, s’est retrouvée au sanctuaire de Banneux pour 2 jours de récollection. Le thème était sur Fratelli Tutti, titre d’une encyclique de 2020 mais aussi devise épiscopale de notre nouvel archevêque.

 

Les enseignements par mgr Terlinden

En deux sessions d’une heure, il est parti du témoignage de vie d’un jeune migrant arrivé mineur en Belgique et dont la vie a été façonné par les rencontres qu’il a faites dans notre pays. Notre archevêque a ensuite poursuivi par une interpellation personnelle « Qui est mon prochain ? » en se basant sur la parabole du Bon Samaritain (Luc 10, 25-37). Fort du constat de malaise propre à nos sociétés occidentales, il nous invite à inverser la question : « de qui nous faisons nous le prochain ? » pour embrasser le chemin de vie du Christ. La finalité d’une vie chrétienne est de faire tomber les barrières : Jésus le montre dans la guérison d’un lépreux (Marc 1, 40-45). Par le baptême, nous sommes tous appelés à nous faire frères de ceux qui subissent l’exclusion autour de nous, qu’elle fusse par la maladie, la vieillesse, le handicap ou la différence.

Mgr Luc Terlinden, membre d’une fraternité Saint Charles de Foucauld avec d’autres frères prêtres, nous a ensuite en début d’après-midi entretenu de cette figure de grand saint. Il souligne combien Foucauld est l’homme du regard. Il nous rappelle la philosophie de vie de ce dernier :

  • Regarder Jésus et lui tenir compagnie à Nazareth,
  • Avec lui, regarder et adorer le Père,
  • Avec lui, regarder tous les hommes et travailler à leur salut.

Notre archevêque nous invite à prendre ainsi au sérieux l’incarnation et ainsi vivre avec tous, amis ou simples passants, des relations fraternelles en prenant le temps de la rencontre. Cela fait écho à l’appel de notre pape François à aller aux périphéries. C’est par l’attention aux petites choses et l’effort de bienveillance, que nos communautés deviendront rayonnnantes. Il conclue par cette citation  » Tout Chrétien est un ostensoir », inspiré par l’idéal d’un saint Charles de Foucauld cheminant avec les Touaregs au désert.

 

 

Les enseignements par sœur Valérie Delpériers, carmélite de st Joseph

La journée du mardi, c’était sœur Valérie Delpériers qui poursuivait l’enseignement sur la fraternité. Plongeant dans son expérience personnelle de vie en communauté et d’aumônière en prison à Bruxelles, cette dernière est venue pour nous rappeler que la fraternité est une nécessité vitale et la racine de notre foi. Cette vérité nous libère et la bonté de Dieu ouvre l’espace favorisant la fécondité du vivant. L’invitation à entrer dans le « cycle du don » par delà la peur de perdre ou d’être l’élu et donc de se couper des autres. 

Sœur Valérie nous rapporte la définition du salut donnée par Camille, une jeune fille « le salut, c’est se révéler mutuellement le beau, le bien qui sont en nous ». Telle l’Annonciation pour Marie ou en écho au Livre des Proverbes « je faisais ses délices », c’est l’expérience du regard qui nous relève (miséricorde) et nous révèle en nous et l’autre ce qu’il y a de meilleur (sainteté). L’ouverture à l’Autre vient nourrir l’ouverture à l’autre et nous porte à la paix et à la joie du Christ.

Notre conférencière du jour de conclure en nous proposant l’analyse du Fils Prodigue par Lytta Basset, sans omettre de rappeler combien la fraternité est fragile et demande à être ravaudée.

Dans l’exposé de l’après-midi portant sur « Accueillir l’altérité comme source de vie », elle nous invite à élargir le cercle, tout en connaissant nos limites. Jésus nous laisse libre mais nous enseigne ce qui conduit à la mort. Souvent dans nos vies, le démon se manifeste par le brouhaha de nos voies intérieures. Face à cela, quelle place laissé-je au silence ? Jésus nous invite à ne pas lui faire obstacle. La fraternité en elle-même appelle à inclure même nos ennemis, ce qui est subordonné à la reconnaissance de ces derniers.  Sœur Valérie nous rappelle combien il faut du courage pour oser se montrer petit devant l’autre. Elle termine en rappelant combien la fraternité est un risque mais un risque potentiellement fécond.

 

 

La fraternité en paroles mais aussi en actes

Cette récollection fait suite à l’initiative initiée par mgr Jean Kockerols l’an passé à Blankenberge, comme le rappelait le vicaire épiscopal, Tony Frison dans le mot d’introduction. Elle a cette année encore rencontré un vif succès avec une centaine de participants venus de la pastorale territoriale, qu’ils fussent prêtres, diacres ou assistants pastoraux, ou de la pastorale catégorielle : la santé ou l’enseignement. 

Pour étayer cette récollection, un programme faisait une part large à la liturgie des heures et offrant une eucharistie quotidienne permettait à chacun d’enraciner son cheminement dans une prière collective.

Après les temps d’enseignement, un partage en groupe d’une petite dizaine était proposé pour s’approprier le sujet et échanger les points de vue.

La joie de se retrouver, de partager l’écho de nos quotidiens, et également de faire de nouvelles connaissances était favorisée par les repas ou le temps convivial après le souper. Les participants ont particulièrement apprécié cet aspect de la récollection, mettant ainsi en pratique immédiate les sages enseignements dispensés !

Le chanoine Tony Frison a vivement remercié le petit groupe d’organisateur mené par Thierry Claessens, service du Temporel, et rappelait que la prochaine récollection aurait lieu dans deux ans et que 2025 verrait le jour une nouvelle Session Jacqmotte à vocation théologique sans que le thème nous soit encore révélé.

Photos Santhiana Mpundu et Anne Périer

Visionner l’intégralité de l’album photo en cliquant ici.

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Visiter le sanctuaire de Banneux ici et en redécouvrir l’histoire.