Canonisation de Charles de Foucauld | Retour sur un parcours d’exception

En reconnaissant un miracle attribué au bienheureux Charles de Foucauld, le pape François avait ouvert la voie à sa canonisation. La canonisation du prêtre et ermite français aura lieu le 15 mai prochain à Rome. Sa vie fut une quête jusqu’à sa mort tragique au milieu du désert.

A l’occasion de cette canonisation prochaine, le futur saint bénéficie d’une exposition présentée jusqu’au 31 décembre à la Basilique de Koekelberg.

Jeunesse, armée et conversion

Né le 15 septembre 1858 à Strasbourg, Charles de Foucauld devient orphelin à l’âge de six ans. Il est recueilli avec sa petite sœur par son grand-père. Lors de sa jeunesse, il perd la foi. En 1876, il intègre Saint-Cyr, l’école de guerre, puis l’Ecole de Cavalerie de Saumur avant de rejoindre un régiment de hussards.

En 1881, il quitte l’armée avant de la réintégrer quand il apprend que son régiment part en Algérie pour y mener une mission dangereuse. Mais si le jeune Charles ne s’épanouit finalement pas dans cette vie de garnison, il découvre une nouvelle passion: l’Afrique du Nord. Il prépare et mène une expédition au Maroc en 1884. Au cours de cette expédition, se faisant passer pour un rabbin, il découvre l’islam. Cette rencontre réveille en lui sa propre foi catholique.

En octobre 1886, il décide de se consacrer à Dieu. « Aussitôt que je crus qu’il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour Lui»  , écrit-il. Il effectue alors un pèlerinage en Terre Sainte.

En 1890, il entre dans un monastère trappiste, mais cette vie ne comble pas son désir de se dépouiller encore plus: « Nous ne sommes pas pauvres comme l’était Notre-Seigneur, pas pauvres comme je l’étais au Maroc, pas pauvres comme Saint François. » Il désire alors « ajouter à ce travail beaucoup de prières, se répandre partout surtout dans les pays infidèles si abandonnés et où il serait si doux d’augmenter l’amour et les serviteurs de Notre-Seigneur Jésus» .

Terre Sainte et l’Algérie

C’est ainsi qu’il quitte la France en 1897 pour se rendre de nouveau en Terre Sainte où il sera domestique chez les clarisses de Nazareth jusqu’en 1900. Il retourne alors en France où il est ordonné prêtre le 9 juin 1901, à quarante-trois ans. C’est alors qu’il conjugue sa passion pour l’Afrique du Nord et son désir de vivre au milieu des plus pauvres en rejoignant Béni Abbès, petite oasis du Sahara algérien sur les confins du Maroc, « Sachant par expérience que nul peuple n’était plus abandonné que les musulmans du Maroc, du Sahara algérien».

Là, il entend réaliser son rêve: « Je veux habituer tous les habitants, à me regarder comme leur frère, le frère universel… Ils commencent à appeler la maison ‘la fraternité’, et cela m’est doux ». Sa vie s’organise ainsi: « De 4h30 du matin à 8h30 du soir, je ne cesse de parler, de voir du monde: des esclaves, des pauvres, des malades, des soldats, des voyageurs, des curieux. »

Mais Charles ne se contente pas de cette mission et se sent de plus en plus attiré vers les contrées où vivent les Touaregs. Il part alors début 1904, « allant de campement en campement, tâchant d’apprivoiser, de mettre en confiance, en amitié… Cette vie nomade a l’avantage de me faire voir beaucoup d’âmes et de me faire connaître le pays » confie-t-il. Il trouve enfin la paix qu’il recherchait: « Je vais rester ici, seul européen… très heureux d’être seul avec Jésus, seul pour Jésus. »

Ermite au milieu des Touaregs

Il vit dans divers ermitages à Tamanrasset qu’il construit. « Demain, dix ans que je dis la Sainte Messe dans l’ermitage de Tamanrasset! et pas un seul converti! Il faut prier, travailler et patienter» , couche-t-il sur le papier, résumant ainsi sa vie au milieu des Touaregs.

Alors que la guerre déchire l’Europe, il est capturé le 1er décembre 1916 par des sénoussistes, des rebelles touaregs luttant contre la présence française au Sahara. Il est abattu par un de ses ravisseurs. Charles de Foucauld avait 58 ans.

« Charles de Foucauld, à travers ombres et lumières, nous a ouverts au sens de la fraternité universelle. Cette dimension de toute vie évangélique est une urgence pour notre temps. Il nous invite à sortir de nos frilosités et de nos enfermement et à poursuivre le chemin tracé » résume Mgr Claude Rault, évêque de Laghouat (Algérie) de 2004 à 2017, qui couvre les terres où vécut le futur saint.

En savoir plus sur l’exposition à Koekelberg.

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© texte: Xavier SARTRE – Cité du Vatican (adaptation Sébastien De Bock)
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