Church4You | 24 heures dans les pas de la Génération Laudato Si

Les 26 et 27 février, la Génération Laudato Si s’est réunie à Bruxelles avec Xavier de Bénazé, jésuite délégué « Laudato Si » pour la province d’Europe Occidentale Francophone. Récit-témoignage d’Emilie Vouters, qui fait partie de ces catholiques de 18-35 ans qui ne sont pas indifférents au cri de la terre et au cri des pauvres.

Les arbres marchent. Mettons-nous aussi en marche[1]. Quel message transmettre aujourd’hui ? Comment gérer notre écoanxiété ? Autant de questions qui taraudent tant de personnes aujourd’hui, surtout dans notre génération. Ce weekend presque trop court a été l’occasion de trouver des alliés et des amis dans cette marche vers plus de justice sociale et plus en accord avec nos valeurs.

Une soirée de prière et de jeux

Nous avons débuté ce week-end le samedi soir par un jeu pour se présenter les uns aux autres. Ce qui nous a permis de dévoiler des anecdotes insolites sur nous-mêmes, en tête-à-tête avec les autres participants. S’en est suivi un temps de prière qui m’a personnellement permis de me ressourcer et de me connecter à mon désir profond de mener une vie plus en accord avec mes idéaux écologiques.

En ces temps si tristement particuliers où la guerre fait souffrir nos frères ukrainiens, ce temps de prière m’a permis de me reconnecter à l’essence même de mon existence, à ma mission de vie loin de la frénésie habituelle qui rythme nos vies modernes. Habituellement si encline à goûter activités sur activités ou peut-être consommation sur consommation, j’ai été contrainte de ralentir l’espace d’un instant pour partager un beau moment de convivialité autour d’un pique-nique suivi d’un jeu de société : un Dixit spécial sur l’écologie intégrale pour apprendre et confronter nos visions.

Une marche méditative pour se reconnecter à la nature

Cette invitation à la pause, à la retraite s’est poursuivie le lendemain avec une marche méditative, tout en lenteur encore une fois, une autre invitation à ralentir. Cette marche (Deep Time Walk) balisée d’étapes symbolisant les évolutions géologiques successives et l’apparition de la vie nous a permis de prendre conscience de l’immensité et de la complexité de l’univers et de nous réaffirmer comme partie intégrante de cet univers. Chaque halte ponctuée d’un topo géologique a été comme un frein dans cette quête du toujours plus.

La marche s’est terminée sur un triste constat : nous entrons dans la sixième extinction de masse. Mais l’union fait la force et l’espérance est la vertu qui intervient pour soutenir ceux qui n’ont plus d’espoir. La couleur de l’espérance étant le vert, nous sommes probablement sur la bonne voie. A la suite de cette marche de 4,5 kilomètres représentant les 4,5 milliards d’années de la terre, nous avons échangé sur nos parcours et projets professionnels et sur combien ils nous tenaient à cœur qu’ils entrent en congruence avec nos valeurs d’écologie intégrale. A suivi une liturgie de la Parole, sorte de nourriture substantielle dont les militants ont tant besoin pour ne pas s’épuiser ou tomber dans le défaitisme. Autre joyeux constat au cours du dîner qui a suivi : nous sommes beaucoup de jeunes à vouloir changer les choses et l’appartenance à une même communauté nous permet de garder espoir et de glaner des conseils et des éclaircissements auprès des autres.

Le temps du débat et de la Parole

L’après-midi, un débat mouvant sur notre positionnement concernant l’encyclique Laudato si’ a ensuite été l’occasion d’une critique constructive et d’échanges de perspectives nous démontrant que nous étions tous désireux de cheminer ensemble vers un christianisme plus respectueux de l’environnement et plus généralement de participer au tournant de l’Eglise en matière d’écologie. Ensuite, nous avons écouté et laissé résonner quelques passages bibliques pouvant nourrir notre engagement, nous donner des réponses à nos questions de sens comme la place de l’homme sur terre, nous donner confiance face à l’effondrement. Enfin, moment sublime, inconfortable et merveilleusement déracinant : le temps d’entrecroisement inspiré du Travail Qui Relie, une méthode fondée par Joanna Macy. Une belle méditation qui, loin des débats intellectuels métaphysiques désincarnés, nous a permis de prendre conscience de l’existence de notre corps par l’éveil de nos sens. D’abord par plusieurs de temps de pause où il convenait de déposer un regard intense dans les yeux de notre partenaire afin de le regarder comme faisant partie d’un même tout. Belle communion des saints. Magnifique éveil des consciences. Puis exercice plus tabou, plus révolutionnaire et finalement le meilleur de tous : l’exercice sollicitant notre toucher visant encore davantage à conscientiser notre incarnation. La proprioception comme bel outil écologique d’accès à son corps, puis à la nature, puis à l’autre. Tout cela dans un cadre calme et apaisant. Est ensuite venu le temps de la séparation, des au-REVOIRS plein d’espérance et d’envie d’instaurer des changements dans nos vies quotidiennes.

© texte: Emilie Vouters (sous-titres et surlignages de Sébastien De Bock)
© photo: Valentin Leclère

Pour contacter Génération Laudato Si : Anaïs Guerin (anaisguerin.lpj@gmail.com) et Joaquim Lesne (ecologie.integrale@evechedeliege.be)

[1] Référence à la série Des arbres qui marchent, parcours de sens en huit vidéos d’écospiritualité et écopsychologie : https://www.desarbresquimarchent.com/