Communiqué | IEB : Journée mondiale du don d’organes
A l’occasion de la journée mondiale du don d’organes et de la greffe ce jeudi 17 octobre, l’Institut Européen de Bioéthique (IEB) a organisé une conférence sur les enjeux éthiques du don d’organes à Bruxelles, le mardi 15 octobre. Intitulée « Les nouvelles frontières du don d’organes : entre altruisme et tentation utilitariste », la conférence a réuni une centaine de participants autour de plusieurs experts belges, impliqués en tant que médecins et professeurs d’université dans la pratique et la réflexion autour du don d’organes :
Cette soirée fut l’occasion de rappeler l’importance du don d’organes en tant que geste éminemment altruiste permettant de sauver une voire plusieurs vies. Dans le même temps, la situation de pénurie fait peser certains risques sur le maintien de principes éthiques fondamentaux en matière de don d’organes. Le Dr. Antoine Buemi a rappelé l’écart grandissant entre le nombre de donneurs et le nombre de candidats à une greffe, en Belgique et plus largement en Europe. Le Dr. Buemi a souligné l’excellence du travail des équipes de prélèvement et de transplantation en Belgique, réalisé dans le cadre du réseau Eurotransplant. Le Dr. Buemi a par ailleurs insisté sur la nécessité d’une meilleure sensibilisation de la population, afin qu’un plus grand nombre de citoyens entreprenne la démarche de se prononcer explicitement sur le don d’organes, en complément du principe du consentement présumé (opt-out) au don d’organes post mortem. Sur le plan éthique, le Dr. Stefano Mastrobuoni a rappelé la nécessité de garantir le respect des grands principes guidant le don d’organes. Le risque existe en effet que le contexte de pénurie conduise à mettre sous pression le respect de ces principes éthiques. Parmi ceux-ci, figure la règle du donneur décédé qui implique que la mort du patient soit clairement établie avant que le prélèvement d’organes ne soit effectué. Certaines nouvelles techniques de prélèvement à cœur non-battant, consistant à relancer la circulation sanguine du patient après l’arrêt cardiaque, conduisent à certaines interrogations à cet égard. Enfin, la pratique de l’euthanasie en Belgique soulève des questionnements importants concernant le consentement libre et éclairé du patient à l’euthanasie lorsqu’y est associé un don d’organes. La procédure relative au prélèvement d’organes étant en pratique inévitablement mêlée à la procédure d’euthanasie, le risque existe que la perspective d’une mort altruiste constitue un encouragement à mourir par euthanasie pour le patient, et remette en cause le caractère véritablement choisi de l’euthanasie. Un tel danger se présente en particulier chez les patients atteints de troubles psychiques tels que la dépression, plus souvent éligibles au don d’organes mais dont l’euthanasie pose elle-même souvent question. La conférence s’est accompagnée de la publication du Dossier de l’Institut Européen de Bioéthique consacré au don d’organes. Ce dossier est disponible sur le site internet de l’IEB et peut être commandé en version papier.
|
