Déménagement des Soeurs Franciscaines Missionnaires de Marie | Le message de mgr Kockerols

Comme nous vous l’annoncions il y a quelques semaines, les Soeurs Franciscaines Missionnaires de Marie vont prochainement quitter le bâtiment qu’elles occupent depuis les années 80 pour des appartements dans le quartier de la gare du nord. Retrouvez l’article ici.
A cette occasion, la communauté a organisé une journée d’Au revoir le samedi 9 avril 2022, avec en point d’orgue une messe présidée par mgr Kockerols. Retrouvez-ci-dessous le texte de son homélie.

Une page se tourne, avec le départ des FMM. Un moment important. Nous prenons le temps, en croyants, de nous arrêter. Pour bien percevoir l’importance du moment au plan spirituel, au-delà de ses réalités très sensibles, voire matérielles : un départ, bientôt un vide, une absence, un déménagement, un aménagement, quelques appréhensions, quelques excitations, quelques larmes aussi. Mais plus profondément, qu’en penser ? Qu’en dirait Hélène de Chappotin, la fondatrice des « FMM » ?

Avec un peu d’humour, elle ferait remarquer que nous célébrons ce départ au dimanche de la Passion, elle dont le nom en religion était Marie de la Passion ! Mais surtout elle dirait ceci.
Celles qui partent d’ici sont missionnaires. Combien de fois a-t-elle écrit : le monde entier est notre patrie. Une sœur missionnaire est envoyée, comme le Christ est l’envoyé du Père. Accepter d’être envoyé, c’est l’audace de la mission. Un jour, Marie de la Passion demande des volontaires dans sa congrégation pour aller fonder en Birmanie, après des lépreux. Six volontaires. Combien se présentèrent ? Plus de mille. La mission : être disponible pour être envoyées. C’est avoir au cœur cette liberté intérieure, qui est calquée sur celle de Jésus. Une liberté qui rend la mission féconde. Merci chères sœurs pour cette liberté d’aller ailleurs, de repartir, de fonder plus loin. Schaerbeek n’est pas loin. Mais le monde entier s’y trouve. Nous savons que là aussi, la Mission vous attend. Aujourd’hui, nous vous envoyons. Allez, on ne vous retient pas ! Que votre amour abonde encore, et de plus en plus, en clairvoyance et en vraie sensibilité, pour discerner ce qui convient le mieux. (Ph 1, 9-10a) Allez !

Celles qui ont vécu ici si longtemps sont franciscaines. Marie de la Passion a toujours été touchée par l’idéal de S. François. Elle a été quelques semaines clarisse à Nantes, avant que sa famille ne l’oblige à revenir à la maison. Ce n’est pas du tout innocent qu’elle a, lors de la fondation, placé la congrégation sous la protection de S. François. Le vrai pouvoir, c’est l’amour, qui est le détachement, qui est la pauvreté, qui est Dieu. La pauvreté choisie, à la suite de Jésus, a inspiré nos amies tout au long de leur séjour à Woluwe. Nous pouvons en témoigner : chez elle, pas de chichis, de tra-la-la. On ne s’encombre pas. L’essentiel doit se dénicher ailleurs que dans des apparences. Je te bénis Père, d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux tout-petits. (Mt 11,25) Il y a des choses qui sont restées cachées aux sages et aux savants que nous sommes trop souvent. Il y a des trésors qui ont été révélés aux cœurs simples et disponibles. Et c’est pourquoi nous rendons grâce, pour les sœurs et avec les sœurs.

Enfin, celles qui ont vécu ici et qui repartent sont de Marie. Marie de la Passion a confié à ses sœurs la mission de continuer sur terre la mission de Marie : sauver le monde en lui donnant Jésus. Donner la vie en donnant Jésus. Donner Jésus, en donnant sa vie. Pour votre fondatrice, le mystère de la Visitation était très important, car il éclaire le caractère missionnaire de la vocation de Marie. Aller vers l’autre et lui apporter le Christ. Vous nous avez visité, chères sœurs. Heureux ceux qui recevront à présent votre Visitation. Qu’il y ait toujours le mystère de la joie : la joie partagée entre celle qui accueille et celle qui est accueillie.
Dans cette joie de la rencontre avec toutes celles qui portent Jésus au monde, nous vous disons merci chères sœurs franciscaines. Allez, maintenant chères sœurs missionnaires !

+Jean Kockerols, le 9 avril 2022

© photos: Soeurs Franciscaines Missionnaires de Marie – Charles Declercq