Dimanche des rameaux | L’évangile commenté par le pasteur Christian Rouvière

Durant tout le carême, nous vous avons proposés un commentaire inédit de l’évangile du dimanche rédigé par une personnalité bruxelloise du monde catholique : prêtres, diacres, laïcs ou encore religieux/religieuses.
Pour le dernier article de la série, nous sommes heureux d’ouvrir cette tribune à un ministre d’une autre confession chrétienne: un pasteur protestant.

Outre le commentaire ou la méditation, c’est l’occasion de vous présenter ces auteurs. Nous vous parlerons brièvement leurs engagements ainsi que des lieux ou institutions où ils exercent leurs ministères ou bénévolats au service du Christ.

En ce sixième dimanche de carême, dimanche des rameaux, c’est le pasteur protestant Christian Rouvière qui nous commente l’entrée de Jésus dans Jérusalem.

Retrouvez l’ensemble de la série à ce lien.

Portrait de l’auteur: le pasteur protestant Christian Rouvière

Christian Rouvière est pasteur de l’Eglise Protestante Unie de Belgique (EPUB). Il a fait ses études de théologie protestante à Aix-en-Provence et ses études de philosophie à l’Université de Dijon.

Christian a également été formé en faculté des Lettres de l’université d’Aix-Marseille en histoire des religions, spécialisation hindouisme, par l’indianiste et sanskritiste Jean Varenne. Un de ses centres d’intérêt sont les langues anciennes : l’hébreu, le grec, le latin, le syriaque et le sanskrit.

Sa première paroisse a été à Courcelles, la seconde à Ath. Il est à présent pasteur à Watermael-Boitsfort.

Depuis le début de son ministère, il est engagé dans l’œcuménisme avec les catholiques et participe ainsi depuis une quinzaine d’années à un groupe de dialogue œcuménique présidé par Peter De Mey, professeur à la KU Leuven.

Le commentaire de l’évangile du dimanche 10 avril

L’évangile du Dimanche des rameaux retrace la Passion du Christ de son entrée à Jérusalem à sa mort sur la croix.
Pour son commentaire, notre commentateur du jour s’est concentré sur le passage où Jésus entre dans la ville sainte: l’évangile selon saint Luc, chapitre 19, versets 28 à 40.

Alors que Jésus descend du Mont des Oliviers pour entrer à Jérusalem, un fort contraste se produit. D’un côté, la foule de ses disciples fait entendre une immense joie ; d’un autre côté, des pharisiens qui assistent au spectacle demandent à Jésus de réprimander ses disciples.

Sous les acclamations des disciples la louange fuse. Une louange envers Dieu bien sûr, mais aussi une louange explicite envers Jésus lui-même. Les pharisiens, eux, sont mal à l’aise, en soucis. Ils sont tendus et nerveux, parce que ce qui se passe en ce moment — sous leurs yeux — est pour eux inacceptable. Impossible pour eux de garder le sang-froid tandis que Jésus s’approche de la Ville sainte, acclamé comme un Roi.
À cette demande de faire taire ses disciples, Jésus répond aussitôt : « Je vous le dis : si eux se taisent, les pierres crieront. »

Une telle image fait sens. Les pierres « crieraient », parce que ce qui se passe en ce jour est conforme à la volonté de Dieu. Cette joie est voulue de Dieu, c’est pourquoi rien ni personne ne saurait l’amoindrir ou y faire obstacle. En acclamant Jésus, la foule a compris l’essentiel ; elle adhère à l’œuvre de Dieu parmi elle.

Alors, nous-mêmes, comment vivrons-nous ce dimanche des Rameaux ? Comme une fête mineure de l’année liturgique ? Comme une sorte d’antichambre, de passage obligatoire vers Pâques ?
Avons-nous le sentiment de lire de vénérables textes bibliques, des récits émouvants, mais d’un autre âge ?… Ou bien, tout cela nous touche-t-il encore aujourd’hui ? Est-ce encore une Parole pour nous, en cette fête des Rameaux 2022 ?

Que Jésus-Christ proclamé comme roi de Gloire le soit pour nous aussi ! Qu’il fasse son entrée royale dans notre vie, comme il l’a fait ce jour-là à Jérusalem !

© texte du portrait: pasteur Christian Rouvière, adapté par Sébastien De Bock
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