Echos | Formation « Miracles et prières »

Echos | Formation « Miracles et prières »

Le froid ni la neige de jeudi dernier n’auront eu raison d’un bel auditoire venu réfléchir sur la formation ‘Miracles et prières’, à l’initiative de Dominique Crèvecœur pour la Pastorale de la Santé du Vicariat de Bruxelles. Durant toute la journée, les intervenants se sont succédés pour approfondir un angle de ce vaste sujet qui interroge toujours, surtout en fin de vie : si je prie pour une guérison, cela va-t-il marcher ? Suis-je en droit d’attendre un miracle ? Les miracles existent-ils encore ?

La formation débuta avec l’exposé de Marie-Thérèse Hautier, bibliste et accompagnatrice spirituelle aux Cliniques St Luc qui décrypta pour le public les différentes formes du mot miracle dans la Bible. Dynamis, virtus, signe, prodige… les miracles opérés par Jésus sont innombrables, sans qu’il y ait toujours une demande particulière. Jésus guérit aussi spontanément, pour annoncer le Royaume et le réaliser.

L’évangile de St Marc travaillé par la suite montre bien que miracles et prières ne sont pas forcément liés mais que ces premiers sont historiquement indéniables et manifestent la Vie de Dieu (‘Théophanie’). Une vision qui trouva un écho dans la présentation de Pierre Merlin, diacre et médecin des pèlerinages diocésains sur les miracles de Lourdes. Depuis 1858, la cité mariale reconnaît officiellement 70 miracles.

Cependant, à Lourdes, on préfère employer le mot guérison pour qualifier les changements physiques mais également psychologiques qui n’interviennent que dans un climat de foi et de prière, comme le rappelait Sainte Bernadette, qui n’accordait d’ailleurs, pas plus que la Vierge, d’importance à ces phénomènes.

Certaines maladies, dont la guérison apparaissait miraculeuse à l’époque, le serait moins aujourd’hui, du fait de la progression de la science, qui participe à la sagesse de guérison divine. Comme le souligne Pierre Merlin, ‘médecin et Dieu travaillent ensemble’, ce dernier possédant l’entière maîtrise des lois de la Nature dont on ne constate parfois que les améliorations sans toujours comprendre le comment d’une guérison spontanée. Action de Dieu ou du psychisme seul ? La médecine se doit de rester modeste.

La troisième intervention d’Yves Van Oost, théologien et animateur chez Mess’Age (catéchisme pour adultes) portait sur les miracles au long de son parcours de vie, en parallèle avec la Bible. Comme le peuple hébreu qui voit dans la traversée de la mer Rouge Le miracle fondateur de son existence en tant que ‘peuple choisi’, le miracle est la manifestation de la relation d’amour entre Dieu et une personne., relation vivante qui s’enracine dans la prière.

Cependant, le miracle s’accueille avant tout, il ne peut dépendre de la qualité de la prière mais en est en même temps indissociable. Pour un temps ‘le miracle rétablit cette unité entre le monde physique et psychologique ; il réalise la vocation de l’Univers qui est de laisser transparaître Dieu’ (Anselme Grün). Le miracle a bien une signification théologique et se contemple avec les yeux de la Foi.

Enfin, Charles Claver Ndandu, prêtre diocésain et responsable de l’Unité des Sarments Forestois, nous emmena dans les terres africaines à la recherche de la vision bantoue du bonheur qui s’articule autour de la notion de force vitale. Quand cette dernière vient à faire défaut, les incantations vers Dieu apparaissent comme les derniers recours face aux problèmes humains ou cosmiques non résolus, sous forme de prière d’abandon avec une foi confiante.

Cet exposé interpella particulièrement les accompagnateurs spirituels qui rencontrent quotidiennement des personnes de culture bantoue à l’hôpital.

L’après-midi s’est achevé par des discussions en sous-groupe sur ce lien ténu entre les miracles et les prières puis un débat final rassembla tous les participants désireux de confronter les intervenants avec leurs pratiques sur le terrain. Car si miracles et prières ne marchent pas toujours de pair, que faire devant une invocation pleine de foi qui ne débouche sur aucune guérison ? Autant d’interrogations riches de sens à méditer au regard de cette journée pour accompagner au mieux celles et ceux qui vivent des situations douloureuses.

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