Echos | Retour sur la formation : Vivre et accompagner le deuil

Echos | Retour sur la formation : Vivre et accompagner le deuil

Jeudi 18 avril 2024, la Pastorale de la Santé organisait à Bruxelles une formation sur le thème du deuil : comment le vivre et accompagner les personnes touchées par une perte. Ils étaient ainsi plus de 40 participants, visiteurs de malades, accompagnateurs spirituels et membres de paroisse autour de la formatrice, Ana Evangélista, psychothérapeute venue de Mons et spécialiste des notions de pertes et de résilience dans le processus du deuil. 

 

Perte d’un être cher, d’animaux, d’objets, d’idéal, amitié ou déménagements…la liste des deuils qu’une personne peut éprouver au cours d’une vie est immense, rappelle d’une voix douce la formatrice. Le processus naturel de la vie est précisément cette succession de pertes et de rattachement, entraînant un ‘travail de deuil’, selon l’expression de Sigmond Freud, pour réorganiser le relationnel, le matériel ou l’émotionnel afin de récupérer son énergie vitale affaiblie par l’épreuve. 

Les participants ont ainsi été amenés à explorer  la courbe du deuil qui jalonne les différentes étapes que tout endeuillé traverse au cours de cette période particulière car, si chaque personne vit son deuil à sa manière et qu’il n’existe pas de façon idéale de s’approprier ces bouleversements psychiques, les spécialistes comme le Canadien Jean Monbourquette ou la Suissesse Elisabeth Kübler-Ross ont mis en évidence des moments communs à tous qu’ils nomment étapes: choc, déni, émotions, résignation, cadeaux cachés, pardon, héritage et vie nouvelle, autant de repères qui permettent de suivre l’évolution d’un deuil et de se situer dans l’avancement de sa traversée, l’important étant, selon Ana Evangelista, de progresser dans la courbe, de ne pas rester figé dans un état émotionnel. 

La question sur un délai du deuil a été amplement débattue par l’assemblée : entre 6 mois à 2 ans ont été avancés comme moyenne pour un deuil ‘normal’ mais cela peut prendre beaucoup plus de temps pour les deuils blancs liés à la maladie d’Alzheimer, compliqués (suicide, honte, disparition du corps…) et pathologiques qui génèrent pensées accablantes et réactions néfastes. D’autres ont évoqué le va-et-vient sur la courbe des étapes du deuil, les retours en arrière mais aussi les avancées fulgurantes car si les étapes sont communes, leur ordre peut varier et sera propre à chacun selon son vécu, sa structure mentale, sa capacité de résilience.

Dans l’après-midi, les réflexions en petit groupe ont permis à chacun de déposer son deuil, d’être écouté tout en comprenant par cette expérience, les ressorts de l’accompagnement de cette situation délicate. Car accompagner la personne endeuillée, c’est parcourir, à son rythme, cette courbe du deuil, écouter les émotions de colère, de tristesse ou de peur qui indiquent à l’entourage où elle se situe et comment l’aider à repérer ses propres ressources pour faciliter la remontée. Cela implique d’être à l’aise avec ses propres émotions et savoir ce que chacune signifie.

Enfin, les rituels de deuil comme les funérailles, une lettre (que chacun fut invité à rédiger), un rangement apparaissent comme des jalons permettant de se reconstruire et de créer une vie digne d’être vécue, en dépit de circonstances adverses. A cet égard, le cycle-formation sur l’accompagnement des funérailles donné au Centre Pastoral tout au long des mois d’avril et de mai complètera sur le plan spirituel et rituel cette journée de panorama du deuil riche en émotions.