Jusqu’au 19 janvier | Velázquez – Rembrandt : l’expo du choc des géants

L’un peint les rois, l’autre les bourgeois.

Jusqu’au 19 janvier, le Rijksmuseum d’Amsterdam propose une rencontre au sommet : Les œuvres de Rembrandt et de Velázquez sont réunies pour la première fois. Ces deux génies ne se connaissaient pas, n’ont même jamais posé les yeux sur une œuvre de l’autre et pourtant leurs œuvres sont sœurs. Mais la rencontre est également celle de deux pays qui furent longtemps ennemis : l’Espagne catholique et les Pays Bas calvinistes. Aujourd’hui, la guerre de 80 ans (1568-1648) est bien loin et le Prado et le Rijksmuseum unissent leurs efforts pour présenter ce qui les unit plutôt que d’insister sur leurs différences.

Diego Velázquez ou l’humanité du roi
« Das Etiquette ! » Qui ne se souvient de cette réplique devenue culte du film « La folie des grandeurs ». Nous sommes à la cour d’Espagne et Velázquez attire l’attention : ses portraits sont tellement humains ! Il a à peine 23 ans et le jeune roi Philippe IV de 17 ans le veut près de lui. Il sera peintre de la cour et parviendra à dépasser le célèbre prognathisme Habsbourg pour rendre avec talent et délicatesse la profonde humanité des grands de ce monde ainsi que l’intériorité inattendue de leurs bouffons. Au-delà de la stricte étiquette qu’il respecte avec diplomatie, il sait, par le rendu des tissus, par le velouté d’un œil, rapprocher le souverain et les infants de leur peuple.

Rembrandt de la lumière à l’ombre
Fils de meunier, Rembrandt choisit la carrière de peintre et ouvre un atelier à Leyde, sa ville natale, avant de déménager vers Amsterdam car les commandes affluent. Adulé, riche, aimé de Saskia sa belle épouse, tout semble lui réussir. Ses œuvres racontent la bourgeoisie opulente de la jeune et fière république des Pays Bas du Nord dans laquelle l’austérité calviniste et l’or des marchands règnent en maître. Les épreuves vont durement le frapper : Saskia meurt et aucun de ses enfants ne lui survivra. L’ombre envahit ses toiles et le vieillard qu’il devient acquiert la sagesse du vieux Siméon au temple.
Rembrandt : autoportrait en apôtre Paul

Unis par une humanité d’ombre et de lumière que tous deux tentent d’atteindre, Rembrandt et Velázquez se dévisagent encore pour quelques jours à Amsterdam. Ne les ratez pas !

Article de Marie-Elizabeth van Rijckevorsel.

Accéder au site du Rijksmuseum pour réserver ses billets ou avoir plus d’information.

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