Laudato Si’ | Retour sur la conférence du père Olric de Gélis à La Cambre

 

Le père Olric de Gélis, Directeur de la chaire Laudato Si’ du pôle de recherche du Collège des Bernardins (à Paris), est venu parler d’écologie à l’église de la Cambre le 19 novembre dernier. Cette conférence était notament organisée par les Amis des Bernardins. Clotilde Nyssens, Présidente de RCF Bruxelles, a assisté pour nous à la conférence. Voici ce qu’elle en retient:

Le pôle de recherche

Dans un premier temps, le Père Olric a expliqué comment et pourquoi ce pôle de recherche voulait dialoguer avec le monde : la parole de Dieu se prête au dialogue avec des chrétiens et non-chrétiens ainsi qu’avec des spécialistes de toutes disciplines (sciences dures et humaines, philosophes et théologiens, …). 

Le volet théorique du séminaire est suivi d’un volet pratique : les chercheurs mettent leurs bottes pour aller sentir et examiner les sols, notamment dans les bocages, pour mieux se pencher sur le cri de la terre ! Ils travaillent ensemble et unissent leurs savoirs car c’est ainsi qu’ils cultivent la sagesse, fruit de l’unité des savoirs. Nous vivons dans un monde où trop souvent les sphères sont séparées (par exemple les scientifiques et les politiques ne travaillent pas ensemble). La question écologique pose la question de la sagesse. Cette sagesse permet de remédier à l’insensibilité écologique.

Le souci écologique en 3 étapes

Le père Olric définit le souci écologique en trois étapes : la nécessité de revenir à la terre, la pratique de la charité et l’importance du politique et, enfin, le retour de l’espérance après le paradis perdu.

Nous avons oublié que nous avons un sol. Il nous faut reprendre conscience de la terre, s’intéresser aux paysages qui évoluent … Voyons comme les forêts  changent. Les mouvements naturels sont lents: il faut 10 ans pour que  le niveau de nitrate baisse. La durée minimale de l’eau au robinet est de 10 ans aussi .

La charité, c’est « se sentir proche de » ; c’est un sentiment positif. Le bon samaritain en est un exemple. Certains ont reproché aux chrétiens leur anthropocentrisme, à tort.
L’homme est un intendant: il domine mais sans violence. Il est dans une position de dignité et non de tyrannie. Il entend le cri de la terre et des pauvres. Il fait l’expérience de l’altérité car il est en relation avec le prochain. Il allie proximité et fraternité. Laudato Si et Fratelli tutti sont liés.
Le politique et les institutions prolongent  la charité : elles sont importantes et positives , elles évoluent. Les problèmes globaux se résolvent d’abord au niveau local.

La question du souci écologique est fondamentale. Elle permet de  renouer les relations perdues entre l’Homme et Dieu (le paradis perdu).

En conclusion: l’avenir

Ce n’est pas la première fois qu’il y a une crise. Que nous est il permis d’espérer ? Certes la crise écologique échappe à notre contrôle, est donc plus difficile à gérer que la crise nucléaire.
Comment se représenter l’avenir ? On dit que c’est urgent, mais quelle est notre conception de l’urgence? Dans notre société d’hyper consommation, tout est urgent. Les théories de la collapsologie qui annoncent l’effondrement du monde  ne voient pas les choses grandissantes. Il faut repenser notre imaginaire, en ayant par exemple recours aux artistes. C’est par l’imagination que le désir de Dieu peut refaire surface. 

Retour en images:

© texte: Clotilde Nyssens (adaptation Sébastien De Bock)

© photos: Anne Périer