Le parfum d’humilité | Homélie du lundi 26 mars à Saint-Rémi

L’évangile de ce jour oppose deux personnages : Marie d’une part et Judas Iscariote d’autre part. L’une donne sans compter, l’autre compte sans donner.

Ce Jésus avait bien fait revenir à la vie son frère Lazare mort depuis quatre jours déjà ! Qu’aurait-elle pu lui donner en reconnaissance ? Par ce parfum de grande valeur, elle veut simplement montrer que rien, quelle que soit sa valeur, ne peut correspondre au don de la vie que Dieu nous fait. Elle donne le meilleur de ce qu’elle a, elle y met même du sien en nettoyant Jésus de ses cheveux. Ce parfum est peut-être de grande valeur, mais il est encore tellement petit !

Le parfum d’humilité qui embaume cette belle action montre qu’avec le Seigneur, on ne se sentira jamais quitte, nos plus belles actions resteront toujours insignifiantes devant l’immensité de ce que le Seigneur nous donne à chaque instant de notre vie. Dans quelques jours, il ira même plus loin en donnant sa propre vie ! Avec quoi pourrons-nous la lui rendre ? Rien du tout ! Marie a compris que le Seigneur nous donne sans compter, et il serait vraiment ridicule d’essayer, comme nous le faisons très souvent, de nous mettre à compter avec lui, un peu comme Judas.

Pour Judas qui avait déjà fait  ses calculs, trois cent pièces d’argent, c’est beaucoup trop. La résurrection de Lazare ne valait pas autant ! Curieuse tendance que nous avons tous à toujours minimiser le bien que les gens nous font et à maximiser le peu qu’on peut leur faire. Il mettra ses calculs en pratique dans quelques jours. Oui, Jésus ne vaut pas trois cents pièces d’argent, il vaut dix fois moins : trente pièces d’argent. Quand il s’agit de donner, il ne connait du calcul que la soustraction… et nous aussi, d’ailleurs.

Combien sommes-nous prêt à donner au Seigneur en termes de temps, de compétence, de participation à la vie de l’Eglise ? Les calculs de Judas ne sont-ils pas souvent aussi les nôtres ? Ne sommes-nous pas continuellement en train de diminuer, réduire quand il s’agit de donner alors que nous ne sommes jamais rassasiés de recevoir ? Ne nous moquons-nous pas régulièrement de ceux et celles qui, comme Marie, en font un peu trop pour le Seigneur ou pour leurs frères et sœurs ?

Si nous comptions un peu plus ce que nous recevions des autres, nous aurions honte d’être toujours à compter le peu qu’on peut leur donner.

Père Aurélien Saniko