Les jmj à Panama : décapantes ! | Échos

 

 

Quelques échos…

Les JMJ sont pour les jeunes qui y participent synonymes de joie, de prière partagée et de rencontres. Tous les 3 ou 4 ans sont organisées les JMJ internationales, en alternance en Europe ou dans le reste du monde. Les journées mondiales de la jeunesse ont été initiées par Saint Jean-Paul II mais ont au fil du temps évolué, notamment sous l’impulsion du Conseil pontifical des laïcs au Vatican : au-delà des grandes liturgies et de la joie de la rencontre, l’aspect enseignement-transmission de la foi a aussi été privilégié. De façon pratique, les évêques offrent 3 fois de suite une catéchèse sur des thèmes choisis par le Saint Père.

Cette année, le thème des JMJ était les paroles de Marie « Me voici, je suis la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole ». Cela a permis de beaux développements autour de l’appel et de la liberté du Chrétien à y répondre, du service comme corollaire indispensable à la foi, de la Parole de Dieu comme moteur de notre engagement, lorsqu’on la reçoit comme révélation de la volonté divine.

Puisque cette 34ème édition se déroulait à Panama, lointain pays dans les Tropiques, et en janvier (pour permettre aux Latino-américains, en vacances d’été, d’y être en masse), les pèlerins européens étaient principalement de jeunes travailleurs. En ce qui concerne la délégation belge, elle était constituée d’une cinquantaine de francophones et d’une centaine de néerlandophones dont environ 75 élèves du secondaire encadrés par leurs professeurs.

Une expérience de vie, pleine de temps forts et de rencontres

Ce qui a beaucoup marqué les jeunes c’est la semaine qui a précédé les JMJ : ils ont eu la chance d’aller à la rencontre des populations locales, en séjournant dans un des diocèses du pays d’accueil. L’idée était celle d’une rencontre personnelle avec l’autre. Cette année, les pré-JMJ nous ont notamment permis de rencontrer deux prêtres brugeois qui vivent depuis de nombreuses années dans ce pays : Bernard Van Quathem et Patrick Hanssens, appelés affectueusement par leurs fidèles « padre Bernardo » et « padre Patricio ». Nous avons reçu un accueil en fanfare et ce fut une occasion unique d’être au diapason des communautés locales. La langue d’échange fut l’espagnol : le père Jehison Herrera, actif ans l’Unité Pastorale d’Anderlecht mais natif de Colombie, nous a grandement aidé pour éviter des quiproquos. Mais la langue du cœur, universelle, permettait à chacun de se faire comprendre pour les choses essentielles.

Nous sommes partis à la découverte de la culture des « campesinos », ces petits paysans qui ne profitent guère de l’essor économique du pays, pourtant plus riche que ses voisins grâce au fameux canal ! C’est ainsi que 48h après l’arrivée à Panama City, nous avons rejoint l’un des 27 hameaux confiés au père Hanssens. Le village de Quebrada ancha comptant 82 résidents permanents, est situé en plein dans la forêt tropicale, au bord d’un grand lac de 50 km de long. Il est uniquement atteignable par pirogue, après 45 minutes de navigation. Le climat est tropical, avec des températures allant de 30° en journée à 25° la nuit et un fort taux d’humidité. Le soleil se lève à 6h20 et se couche à 18h20… Nous avons vu quelques moustiques (vive la moustiquaire !) mais malheureusement pas de jaguars. Le village lui-même était sans réseau électrique, téléphone ou internet mais avait l’eau courante qui était utilisée avec parcimonie ; là-bas on se lave au robinet et à l’aide d’une bassine à déverser sur la tête.

Ces villageois ont une vie de foi simple, avec une modeste chapelle au milieu du village. Le dimanche, ils se rassemblent pour écouter la Parole de Dieu : quelques laïcs sont mandatés pour présider ces temps de prière. Pendant une semaine, nous avons visité les sites entourant le village, animé quelques célébrations, pris du temps aussi pour travailler avec eux dans les caféiers et préparer une foire agricole annuelle. J’ai pu pêcher en accompagnant une nuit un villageois et son fils. Peut-être l’expérience la plus forte pour moi. Je me retrouvais un peu dans la peau de Simon-Pierre (cf Lc 5 et Jn 21) ! À bord de la pirogue, nous avons jeté le grand filet. Puis, à l’aide de grands bâtons, nous avons frappé la surface de l’eau, pour réveiller le poisson. Ensuite, nous avons patiemment remonté les filets, et ce 7 fois durant les 3h de sortie, pour une pêche de 24 poissons de bonne taille, des tilapias destinés à la consommation domestique mais aussi à la vente en ville. L’argent local est le dollar américain. La nourriture dans les campagnes est extrêmement saine avec le poisson et le poulet (local) comme principale source de protéines, complétée par du manioc pelé et cuit. C’est un fort contraste avec les habitants des grandes villes, aux modes alimentaires très américanisés.

Les habitants de Panama sont les descendants de trois populations qui se sont mélangées au fil des siècles : les quelques indiens qui ont survécu à la conquête espagnole, des conquistadors espagnols et des esclaves africains. Cela donne un peuple chaleureux qui nous a réservé un accueil formidable.

Le grand combat du père Patricio pour ses « campesinos » est de leur permettre de vivre via une économie locale et donc de résister aux sirènes et aux illusions de la ville. Un des enjeux majeurs est la valorisation de ressources locales. C’est ainsi qu’on y développe un éco-tourisme (avec l’accent moins sur le confort que sur une vie ancrée dans la nature). Le père Patricio est aidé en cela par Broederlijk Delen via leurs actions de Carême.

Des JMJ festifs !

Au terme de cette semaine décapante, vécue au rythme des villageois (que de larmes le jour du départ), nous avons rejoint Chilibre, située à 40 km de Panama City, pour y vivre la semaine officielle des JMJ. Elle fut composée de catéchèses, de rencontres avec les paroisses locales, ainsi que de grands rassemblements, qui ont eu lieu au bord de l’Océan Pacifique : messe d’ouverture, accueil du pape, chemin de croix, veillée et messe finales.

J’ai quitté Panama un peu avant les autres, afin de rejoindre la Nuit Blanche Solidaire dans la nuit du 26 au 27 janvier à l’église Notre Dame du Sablon. Organisée conjointement par l’IJD et la Liaison des pastorales des jeunes, elle avait avec comme maître-mot « Aimer & Servir ». Pour 450 jeunes belges mais aussi luxembourgeois et allemands qui n’avaient pu participer aux JMJ, ce fut l’occasion de faire l’expérience concrète de l’Église universelle : expérimenter que « je ne suis pas fou d’être chrétien » et que « je ne suis pas seul » … Cette nuit proposa des temps de prière, de réconciliation, des ateliers, le concert du groupe bruxellois Feel God et la retransmission, en partie, de la veillée avec le Pape depuis Panama. L’événement se poursuivit par un petit déjeuner solidaire. À l’issue de celui-ci, je suis monté sur un pont en bois construit devant l’église, en compagnie de Bernard Job, Steven Fuite et Salah Echallaoui, pour inviter tous les jeunes à construire des ponts de concorde dans leurs vies et non pas des murs.  Je me réjouis de la bonne organisation et du succès de cette nuit solidaire !

Rendez-vous à la prochaine édition des JMJ internationales, qui aura lieu au Portugal en 2022 !

+Jean Kockerols