Les prêtres de Bruxelles réfléchissent à leur mission

Les prêtres de Bruxelles réfléchissent à leur mission

 

Le mardi 18 avril, à l’invitation de mgr Kockerols, les prêtres de Bruxelles étaient conviés à une réunion pour réfléchir à leur mission au vicariat. Retour sur cette rencontre.

 

Le feu de l’Esprit

 

La récente retraite pour tous les nommés de notre diocèse, organisée à Blankenberge, a fait remonter des questions importantes sur la vie du prêtre, la définition de sa mission, les nouvelles formes de son exercice, ainsi que son articulation à celle des laïcs nommés en pastorale. Certes, lapproche de ces questions est variable selon le tempérament, lhistoire, la spiritualité ou la formation de chacun. Mais elles existent et méritent d’être approfondies ensemble. C’est en ce sens que nous avons organisé le mardi 18 avril, au centre pastoral, situé rue de la Linière, une rencontre autour de ces questions en ayant comme invité le P. Ivo Seghedoni, professeur de théologie pastorale à Modène (Italie). Celui-ci a été invité à participer à nos échanges pour y apporter son expertise.

Renaître ?

Nous avons réfléchi sur l’appel à la sainteté que Dieu adresse tout particulièrement aux prêtres dans le monde d’aujourd’hui. Tout d’abord, il est important de constater l’ambivalence d’un feu : ça peut aussi bien être un incendie qui détruit qu’un feu qui anime, réveille, purifie et permet de renaître. La question du manque de vocations sacerdotales et la difficile réponse à ce manque nous incite à réfléchir à un changement assez radical. Nous avons pris l’exemple de Nicodème, auquel Jésus dit « il faut renaître », c’est-à-dire il faut peut-être savoir abandonner nos convictions afin d’en inventer d’autres. Pouvons-nous retourner, à nouveau, dans le ventre de notre mère? Non. Il s’agit d’une nouvelle naissance qui vient d’en haut, de notre mission sacerdotale. La question entraine déjà une transformation.

La dimension prophétique

Le prêtre est d’abord un pasteur, un ministre du culte et un missionnaire mais, à ces trois dimensions s’ajoute une quatrième : l’aspect prophétique. Le monde a besoin d’une parole et de gestes prophétiques, ce qui suppose parfois la désorganisation ou la désorientation. Saint Paul en est un exemple, lorsqu’il marche dans l’incertitude, ne sachant pas comment orienter sa mission (Actes, 16).

La prophétie s’accomplit dans le dialogue, et le prêtre doit avoir les oreilles grand ouvertes pour discerner ce vent de l’Esprit qui souffle sur le monde et sur l’Église, dans un dépouillement de lui-même afin de laisser transparaitre la puissance de Dieu, encore et toujours à l’œuvre dans notre temps.

Abbé Filip Cheresi