Noël 2022 – Homélie de Mgr Kockerols à la cathédrale

Noël 2022 – Homélie de Mgr Kockerols à la cathédrale

Mgr Kockerols a présidé la messe de Noël, ce dimanche 25 décembre à 11h en la Cathédrale Sts-Michel-et-Gudule.

Voici son homélie :

« Luc, dans son Evangile, nous rapporte que les anges chantent « Gloire à Dieu et paix aux hommes qu’il aime ». La paix, voilà bien une réalité que nous recherchons tous. Mais quelle est-elle ? Quand nous entendons Isaïe annoncer le Sauveur comme « prince de la paix », quelle paix nous est ainsi promise ?

La paix à laquelle aspire le peuple Ukrainien, c’est la fin de la guerre. Leur attente est plus que légitime. Mais la paix de Dieu est plus que l’absence de guerre. « Fiche-moi la paix ! ». La paix, c’est plus que la tranquillité à laquelle j’aspire quand mon voisin me dérange. La paix de Dieu ne se fabrique pas, elle ne s’achète pas. Mais alors, quelle est-elle ?

Pour comprendre la paix de Noël, il nous faut regarder la crèche, regarder l’enfant qui dort, entouré de Marie et de Joseph. Marie avait de quoi être inquiète. Dès l’annonce de l’ange, quand elle apprend la destinée de son enfant. Plus tard, à Cana, sur les routes de Galilée ou à Jérusalem. Pourtant, elle n’a pas eu peur de s’abandonner dans les bras de Dieu. La paix, c’est une grande confiance que nous sommes portés, accompagnés, veillés par un Dieu qui nous aime, qui porte sur chacun un regard de tendresse. Cette confiance toute simple de Marie, elle lui donne une paix profonde. Cette confiance qui fit dire à Sainte Julienne de Norwich au 14ème siècle : si notre Dieu est un Dieu de bienveillance, alors all shall be well. La paix de Noël est celle de Marie : sa source en est la confiance en ce Dieu de tendresse.

Ensuite, Joseph. Il avait été bousculé et même humilié par l’annonce que sa femme était enceinte mais pas de lui. La blessure s’était certes lentement refermée. Mais c’est presque toujours Marie qui est à l’avant-plan quand on parle des parents de Jésus. Pourtant, Joseph rayonne de paix, de la paix que Dieu donne, d’avoir un cœur réconcilié. Un cœur réconcilié avec sa propre histoire. Un cœur qui accepte donc que la vie n’est pas tout à fait ce que nous avions rêvé. Un cœur qui malgré tout voit le beau et le bon et ose dire merci pour ce qui a été donné et reçu. La paix de Noël est celle de Joseph : sa source se trouve dans un cœur réconcilié.

Enfin, il y a ce petit enfant dans la crèche. Pourquoi cet enfant dort-il si paisiblement ? Pourquoi s’abandonne-t-il dans les bras de Marie… et de Joseph ? Parce qu’il se sait aimé, infiniment aimé. La paix que Dieu donne, c’est de se savoir aimé. Jésus a eu toute sa vie durant cette certitude d’être l’enfant bien-aimé du Père. Si Jésus ressuscité pose la question à Pierre : m’aimes-tu ?, c’est parce que c’est la question le plus cachée au tréfonds du cœur de toute personne humaine : suis-je aimé ? Suis-je aimable ? La réponse à cette question est donnée à Noël, dès Noël : oui. La paix de Noël est celle de l’enfant : sa source se trouve dans une certitude tranquille, celle d’être aimé.

Le Verbe s’est fait chair « pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix », comme le chante le Cantique de Zacharie (Lc 1,79).  Accueillons la paix de Noël en grandissant en confiance au Dieu de tendresse, en aspirant à un cœur réconcilié, en était habité de la certitude d’être infiniment aimé.

Ainsi, « la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus » (Ph 4,7)

+Jean Kockerols, 25.12.2022

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