Pélérinage Fratello à Banneux | Deux journées de prières et de joie

Les 13 et 14 novembre derniers, Fratello [frère en italien] a organisé son premier pèlerinage à Banneux, l’occasion de vivre un temps de partage de foi et de prière pour et avec les personnes précarisées. Environ 200 pèlerins, dont 62 Bruxellois, ont vécus ce moment unique.

Un soutien nombreux et très diversifié pour l’organisation

Ce beau projet s’inscrit dans le cadre de la Journée mondiale des pauvres, auquel le Pape François accorde une attention toute particulière. Cette initiative a été notamment soutenue par le Vicariat de Bruxelles mais aussi des dizaines d’anonymes qui ont donnés de l’argent, de la nourriture ou encore de leur temps. Une partie des bénéfices de la vente de la Biche de Saint-Gilles, bière solidaire créé il y a un à l’UP Saint-Gilles, a complété le budget. Tous ces soutiens ont permis à offrir à ce public souvent négligé l’occasion de vivre et partager leur foi en ce lieu unique

Deux journées très enthousiasmantes pour tous les pèlerins

La Vierge des Pauvres a accueillis les pèlerins de Bruxelles, de Luxembourg, de Liège et du Brabant wallon maternellement pour :

  • une découverte du sanctuaire, du message qu’Elle a adressé (en 1933) à Mariette Beco ;
  • un spectacle touchant sur l’onction à Béthanie, un temps de prière et de réconciliation, la procession aux flambeaux vers la Source;
  • la messe présidée par mgr Jean Kockerols et son homélie prononcée sur le thème des Béatitudes;
  • le repas « auberge espagnole » dans la bonne humeur et le partage;
  • après quelques joyeux chants, le duplex avec le Pape et les autres lieux Fratello sur les autres continents;
  • la bénédiction finale de mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, en présence de mgr Wagner, évêque auxiliaire pour l’archidiocèse de Luxembourg.

Dans son homélie, l’évêque auxiliaire de Bruxelles a rappelé à sa manière que l’Eglise n’est pas réservée aux gens aisés, au contraire: « Fratelli [frères en italien], ce n’est pas une nouvelle marque de spaghetti, c’est le mot qui fait de nous des frères, car tous enfants du même Père ! », « Nous sommes ici en Église pour vous dire que vous êtes importants pour nous ! ».

Des moments forts pour les pélerins bruxellois

Chaque groupe géographique a pu, en alternance des moments tous ensembles, vivre des activités spécifiques lors de temps libres. La soixantaine de Bruxellois présents a vécu plusieurs temps forts.

Ainsi le frère Dominique-Marie Delbecque, O.F.M., a animé un chemin de croix qui s’est concentré sur les 3 chutes de Jésus. Ce fut l’occasion pour quelques pèlerins de porter la croix entre les stations, une manière de rappeler que c’est avant tout aux plus fragiles d’entre nous que le Christ s’adresse.

Le même frère a fait vivre au groupe un chemin de prière vers la source, en référence au message de la Vierge du 18 janvier 1933: « Poussez vos mains dans l’eau ». Un autre chemin de prière sur le thème de la guérison, inspiré par le récit de Bartimée (Marc 10, 46-52), a été animé par Diane de Talhoüet de l’UP de St-Gilles.

Diane, coordinatrice pour l’UP Saint-Gilles, témoigne

Diane était coordinatrice d’un groupe d’une dizaine de personnes soutenue par l’Entraide de Saint-Gilles. Elle témoigne :

« Difficile de prévoir un tel déplacement avec des personnes précarisées. Nous sommes partis à 10 au lieu de 14, dont 5 personnes vivant en rue ou en grande précarité. Le samedi, ce fut compliqué de ‘faire groupe’, d’entrer dans une dynamique ‘Fratelli Tutti’ pour vivre ensemble la démarche. Un temps d’apprivoisement fut nécessaire… Dimanche par contre, dès le réveil, une communion très forte et des personnes enthousiastes. Que de photos, de vidéos prises par les uns et les autres pour garder en mémoire ces moments forts, notamment la marche aux flambeaux et le chemin de Croix : ils ont chacun à leur tour pu porter cette Croix, un symbole fort qui fit écho aux croix que chacun porte au quotidien.
« J’ai vécu quelque chose d’intense… je n’oublierai pas jusqu’à ma mort !

 a déclaré une personne du groupe à mgr Kockerols.

Un geste qui restera ancré dans ma mémoire : nous marchions vers le bus qui devait nous mener à Banneux. Un jeune sans abri du groupe, après quelques confidences et un stop dans une supérette, croise un peu plus loin un inconnu qui grelottait. Il s’accroupit, lui parle de la marche vers Banneux, ouvre son sac, lui tend une bière. ‘Garde-là pour ton week-end’ dit l’autre. Et il en sort une deuxième, ils trinquent et je perçois l’instauration d’une communion profonde entre eux deux. A tel point que notre jeune sans abri abandonne son projet de pèlerinage à Banneux. Quelle tristesse de devoir le laisser ! Mais l’Evangile en acte… Une invitation forte pour moi à ne plus jamais sortir sans avoir dans mon sac un sandwich, un fruit, un paquet de mouchoirs en papier à offrir à celui qui mendie, tel Bartimée, au bord du chemin.

Tous dans le groupe sont prêts à repartir… j’espère qu’il y aura FRATELLO 2022 à Banneux ! »

 

Pour tous les groupes, ce fut ce fut deux journées enthousiasmantes. Que de joie et de gratitude sur tous les visages ! Merci à Notre-Dame de Banneux ! Merci au Pape François !

 

Le Reportage de RCF sur le pélérinage:

 

Vers l’article de Cathobel sur le sujet.

© texte: Anne-Elisabeth Nève et Sébastien De Bock
Avec les témoignages de Marie-Françoise Boveroulle et Diane de Talhouüet

© photos: Anne-Elisabeth Nève

© photo de la vignette: RCF