Réflexion | Vive les vacances !

Réflexion | Vive les vacances !

Il y a un temps pour tout. Un temps pour le travail, bien sûr, mais aussi pour les vacances. Et l’un est tout aussi nécessaire que l’autre. Et l’un et l’autre s’interpénètrent. On peut espérer, en effet, que durant l’année, il y ait des temps de « vacuité »; de respiration. Cette overdose de travail qui parfois nous menace n’est pas bonne pour l’équilibre.

Mais pendant les vacances, il reste aussi un minimum de travail, ne fût-ce que la préparation de la nourriture ou la conduite de la voiture. De plus, si toute l’année était vacances -c’est le drame des chômeurs- ou si elle n’était que labeur -le stress des jeunes cadres dynamiques-, notre vie en deviendrait insupportable. L’existence est une perpétuelle recherche d’équilibre.

C’est sans doute pour cela que, tout en travaillant, nous rêvons déjà des vacances et, tout en prenant des vacances, petit à petit, nous aspirons à reprendre le travail, à nous sentir utiles.
Il n’empêche, la période des vacances est particulièrement précieuse.

« L’être humain ne se construit pas seulement par ses activités, mais aussi quand il cesse ses activités » (Olivier Frohlich).

Voici le temps de la redécouverte de ce qui nous fait vivre tout au long de l’année et qui passe si souvent inaperçu : nos proches, les peuples lointains -quand on peut voyager à l’étranger-, notre intériorité, la nature, et Dieu lui-même.

On pourrait comparer ce temps béni aux monastères qui, explique Maurice Zundel,

« sont, dans le monde des âmes, ce que sont, dans les grandes villes, les vastes jardins qui préservent la pureté de l’atmosphère : ils recueillent la lumière et thésaurisent le silence, sans lequel toute parole est vaine. »

Pas question, cependant, de nier le travail au profit des vacances, ou inversement. Tout est dans l’équilibre, dans l’interpénétration. Et de toute façon, l’essentiel est de consentir à l’instant présent. N’est-ce pas, pour le croyant, la seule manière de consentir à Dieu (ce qui ne signifie pas soumission, mais communion). Puisse ce temps de vacances permettre à nos lecteurs de se refaire une santé spirituelle pour recommencer l’année avec un regard neuf.

Bonnes vacances !

P. Charles DELHEZ