Retour sur la célébration des 50 ans de la chorale St-Irénée

 

Retour sur la célébration des 50 ans de la chorale St-Irénée

Le dimanche 19 novembre 2022, le cardinal présidait une messe à St-Jacques-sur-Coudenberg à l’occasion des 50 ans de la chorale St-Irénée. Lire l’homélie du cardinal ici.

Devant une assemblée pleine, le président de la chorale, Jacques Zeegers a délivré un message en début de cérémonie :

« Monsieur le Cardinal, Monsieur le curé de la paroisse Saint-Jacques, chères amies et chers amis,

C’est donc en 1972 que fut fondée la chorale grégorienne Saint-Irénée. Un départ inédit : à la demande de notre mère, la messe de funérailles de notre père Monsieur Victor Zeegers a été chantée en grégorien par ses fils et beaux-fils, auxquels s’étaient joints quelques amis. Ce fut le coup d’envoi qui nous a incités à poursuivre dans cette voie. C’était l’époque où les changements liturgiques issus du concile Vatican II faisaient encore l’objet de longues discussions, souvent passionnées. Nous nous sommes dit que c’était très bien d’échanger des idées, mais que si nous voulions poursuivre une tradition séculaire, le mieux serait de chanter. Nous sommes en effet persuadés que le chant grégorien n’est pas un chant pour les nostalgiques mais bien un chant pour l’Église d’aujourd’hui. En effet, comme vous pourrez encore le constater au cours de cette célébration, il s’adapte parfaitement au nouveau rite issu du concile. L’usage du latin ne constitue pas un obstacle à cet égard car nous mettons toujours à la disposition des fidèles la traduction des textes. Le latin est d’ailleurs encore largement utilisé dans toutes les paroisses pour les pièces de l’ordinaire de la messe.

Il faut également souligner que si, après l’introduction des langues modernes dans la liturgie, le chant grégorien a disparu de nombreuses paroisses ce n’est certainement pas ce que les pères conciliaires avaient souhaité. En effet la Constitution sur la liturgie Sacrosanctum Concilium affirme clairement que le chant grégorien est le chant propre de la liturgie latine et que, toutes autres choses étant égales, il doit occuper la première place.

Si nous avons voulu préserver le chant grégorien en obéissant aux pères conciliaires, c’est par ce que ce trésor qui appartient à l’Église ne peut être abandonné. Chanté depuis 1500 ans, il fait partie de notre patrimoine. Mais ce n’est pas une pièce de musée. Ce n’est que dans la liturgie que l’on peut vraiment le faire vivre. Son caractère sacré réside entre autres dans le fait que les textes chantés sont pour la plupart issus de la Bible. C’est donc bien la parole de Dieu qui est chantée après avoir été longuement méditée par d’innombrables compositeurs anonymes du moyen-âge. S’agissant du grégorien, on ne chante pas pendant la messe, on chante la messe car toutes les pièces sont celles de la liturgie elle-même.

Ce qui fait la richesse du chant grégorien, c’est paradoxalement sa pauvreté : une pauvreté par laquelle un maximum d’effet est obtenu avec un minimum de moyens : un chant monodique à une seule voix qui nous parle en profondeur sans effets faciles. Comme le disaient un moine de Solesmes, il ne touche pas nos sens comme d’autres musiques, aussi belles soient-elles, mais notre âme.

Cette célébration est la 1.237ème de notre chorale. Nous avons chanté pendant plus de 35 ans les premiers dimanches du mois et les grandes fêtes en l’église Notre-Dame du Sablon, et, nous chantons ici à Saint-Jacques depuis 12 ans. Je saisis cette occasion pour remercier encore une fois Monsieur l’abbé Robrecht Boone pour son accueil chaleureux. Nous avons également chanté pendant de nombreuses années les messes d’avant et de carême en l’église Saint-Henri à Woluwe-Saint-Lambert.

Il y a exactement 20 ans nous célébrions ici même, en la fête du Christ-Roi, notre 30e anniversaire au cours d’une messe télévisée présidée par feu le cardinal Danneels qui nous a dit à cette occasion : « surtout, continuez ». Nous avons sagement suivi ce conseil.

En dehors des célébrations liturgiques qui constituent sa raison d’être, la chorale Saint Irénée s’est produite à deux reprises au festival international de chant grégorien de Watou, et, elle a pu se produire en France et en Espagne.

La Chorale Saint-Irénée est aussi à l’origine de l’Académie de chant grégorien fondée par notre frère Bruno Zeegers, dont l’objectif est la formation et qui organise des cours, des stages et des séminaires.

Je ne voudrais pas terminer cette brève présentation sans évoquer la mémoire des membres qui nous ont quittés et qui continuent à chanter avec les anges : plus particulièrement nos trois dirigeants successifs Francis Schréder, et mes deux frères Bruno et Michel Zeegers ainsi que nos anciens présidents Albert Van Innis, Louis De Clercq et Robert Novis.

Bonne célébration à toutes et à tous. »

Retour en photos de l’événement

©Guy Renson

Le grégorien vous intéresse, une formation vient de commencer le 26.11 à la Basilique : plus d’info, ici.

Accéder au site de la chorale ici.

Aller sur le site de la paroisse militaire St-Jacques-sur-Coudenberg ici.