Retour sur les deux jours consacrés aux prêtres venus de l’Etranger
Tous les 2 ans, les diocèses et vicariats francophones de Belgique organisent une formation pour les prêtres nommés « venus d’ailleurs ». Ce sont les vicaires généraux des diocèses de Namur, Liège et Tournai, le vicaire épiscopal pour Bruxelles et l’adjoint du Brabant wallon qui en sont les organisateurs.
Les 12-14 novembre 2023 la session a réuni à Beauraing une soixantaine de prêtres, dont 12 du Vicariat de Bruxelles.
Ce sont 2 jours pour faire connaissance, partager des expériences. Des prêtres arrivés depuis plusieurs années ont partagé leur expérience et leurs découvertes des débuts de leur ministère en Belgique. Des exposés présentés par des professeurs de l’UCLouvain ont traité de l’histoire de la Belgique, des relations Église-État, et de la situation actuelle de la religion en Belgique.
Des temps de prière et la visite du sanctuaire ont aussi rythmé ces journées intenses.
Notre archevêque mgr Luc Terlinden est venu présider l’eucharistie lundi soir, et, a eu un temps d’échange cordial avec les prêtres.
Lors de l’évaluation, les participants ont souligné l’importance pour eux de vivre ce temps de formation pour les aider à mieux vivre leur ministère en Belgique.
EV
***
Article du diocèse de Namur par Christine Bolline
Des prêtres primo-arrivants et heureux… c’est possible
Il y a quelques mois, ils ont quitté leur pays pour arriver dans un diocèse, un vicariat de Belgique francophone. Ces prêtres primo-arrivants, le plus souvent venus d’Afrique, étaient dernièrement réunis, à Beauraing. Au cours de cette session, ils ont reçu des « clés » pour les aider à être heureux dans leur ministère tout en le vivant au mieux avec les paroissiens. Le chanoine Olivier Frölich, vicaire général du diocèse de Tournai, clôturant ces journées : « Nous n’avons pas besoin de prêtres mais de bons prêtres. Vous n’êtes pas là que pour rendre des services mais pour nous aider à aller plus loin. »
Lorsqu’ils posent le pied en Belgique, c’est souvent le choc pour ces prêtres venus d’ailleurs. « Vous arrivez dans un pays complexe, celui des compromis et parfois du surréalisme, souligne le chanoine Eric de Beukelaer, vicaire général du diocèse de Liège. Si ces prêtres doivent trouver leur place dans la paroisse où ils sont nommés, ils se retrouvent encore face à une paperasserie à laquelle ils ne sont pas habitués. Ils doivent aussi évoluer dans une société tellement différente de celle qu’ils viennent de quitter. Le chanoine de Beukelaer : « En Afrique, on reconnaît une certaine autorité au prêtre ce n’est plus, avec la sécularisation, le cas en Belgique. »

Le chanoine Olivier Fröhlich, vicaire général du diocèse de Tournai fera la synthèse de ces journées durant lesquelles des conférences étaient programmées sur notamment le catholicisme belge sécularisé dans ce siècle. Et le chanoine Frölich de poser LA question : « Comment être de bons et de saints prêtres lors de votre mission dans une société en transformation ? Dans un monde qui vit une révolution et pas une évolution. Là encore, c’est un choc pour beaucoup d’entre vous pas habitués à des églises très peu fréquentées, à des homélies qui doivent être limitées dans le temps… Chez nous, la foi en Dieu n’est plus une évidence. Le christianisme n’est plus la norme et on parle non plus des vacances de Noël mais d’hiver. »
Pour réussir dans son ministère, il faut des prêtres heureux poursuivra le vicaire général. Des prêtres qui lisent, qui participent à des conférences… « Les chrétiens sont exigeants. Il faut faire preuve de professionnalisme. » Et d’interroger l’assemblée : « Iriez-vous chez un médecin qui ne s’est pas recyclé depuis 20 ans ? »
Cette session organisée tous les deux ans -certains ont demandé qu’elle ait lieu chaque année- était aussi l’occasion pour les primo-arrivants de se rencontrer. Outre les vicaires généraux pour les diocèses de Liège et de Tournai était aussi présent le chanoine Tony Frison, vicaire épiscopal pour le vicariat de Bruxelles. Pour le diocèse de Namur, le chanoine Rochette, vicaire général était accompagné de Sœur Marie-Françoise Assoignon, déléguée épiscopale et par Elisa Di Pietro, collaboratrice pour l’IDF (Institut diocésain de Formation) Tous trois œuvrent, dans le diocèse, pour développer l’aide aux primo-arrivants, faciliter les rencontres…
Christine Bolinne

