Solidarité et foi | Démarche synodale à la suite de Fratello

Suite du pèlerinage Fratello à Banneux 

Les 13 et 14 novembre 2021, a eu lieu un pèlerinage Fratello à Banneux qui réunissaient 200 personnes précarisées dont des Bruxellois.

Afin de prolonger cette initiative porteuse et de donner à ces personnes l’occasion de s’exprimer pour le synode, elles avaient invitées pour une journée, lundi 2 mai, chez les Franciscains à Woluwé-Saint-Pierre. Les invitations avaient été relayées par Nativitas, Alliance de miséricorde, l’Entraide de Saint-Gilles, La Porte Verte (Snijboontje) et Les petites sœurs de Jésus. Au total, 46 personnes se sont retrouvées qu’elles fussent catholiques, musulmanes, juives ou protestantes.

Encadrés par des animateurs bénévoles dépêchés par les asbl, elles ont pu réfléchir à l’Eglise et contribuer à la démarche synodale. Elles avaient soif de pouvoir échanger sur leurs vies quotidiennes, leurs expériences avec l’Eglise ; des pistes de comment  faire avancer celle-ci ont également été abordées.

A partir de leurs expériences personnelles parfois traumatiques, se dégageaient des questions partagées par tous : pourquoi le mal et la souffrance ? Comment s’absoudre du jugement des autres et se sentir à sa place dans une église ? De toutes ces questions issues de leurs expériences, surgissaient en filigrane des questions théologiques : « ai-je du prix aux yeux du Christ, aux yeux de mes frères ? ».

Au programme de cette journée : apéritif d’accueil, repas, diaporama souvenir du pèlerinage, groupes de partage synodal (6-7 personnes), temps de prière et chants dans la chapelle, goûter et annonces.

Les gens avaient une grande soif spirituelle et certains envisageaient un baptême ou la participation à une retraite. Néanmoins, beaucoup témoignaient à regret de la distance sociale ressentie du fait de leur dénuement. Cette journée a été le théâtre de rencontres amicales et de partages sincères. La bénédiction d’un couple âgé qui s’est rencontré dans un restaurant social (Paul 91 et Annemie 96) par frère Dominique, a été un grand moment d’émotion : Ce couple était comme un signe de l’amour de Dieu. Pour beaucoup, cette journée spéciale était l’occasion de faire une pause avec la violence et la solitude de la rue.

Les grands enseignements que Marie-Françoise Boveroulle perçoit à la lumière de cette journée, sont que parler de leur foi est un désir chez les personnes précarisées et qu’elles sont capables de le faire de manière naturelle, simple, joyeuse, source d’inspiration pour les accompagnateurs et les frères. La réflexion synodale a mis, elle, en exergue leur besoin de soins pastoraux dédiés, de se sentir plus unis et accompagnés.

En projet, le groupe va participer à la fête synodale le 4 juin à la Basilique, et, envisage de repartir le 12-13 novembre à Banneux pour la 6e journée mondiale des pauvres.

© Photos: Gisela Prata Saenz   

© texte: Anne Périer