Témoignage de Nikolaev Lyusiyan, catéchumène : un pas de plus vers la lumière

Témoignage de Nikolaev Lyusiyan, catéchumène : un pas de plus vers la lumière

Ce jour-là, j’avais déjà quelque chose de prévu donc je m’étais rendu à Bruxelles plus tôt que les personnes de ma paroisse qui venaient en train, mais il était hors de question de manquer ce moment si important. L’appel décisif, cette étape solennelle sur le chemin du baptême, marquait une avancée dans un parcours de foi profondément personnel.

Je devais retrouver ma communauté de Tubize à la Gare Centrale de Bruxelles. J’attendais, observant les allées et venues des passants, absorbé par mes pensées. Ce n’était pas un jour comme les autres. L’excitation et un léger trac se mêlaient en moi : je savais que ce moment serait unique, un tournant que je n’oublierais jamais.

Lorsque mes compagnons de paroisse sont arrivés, je les ai accueillis avec soulagement. Mais une surprise m’attendait : le curé d’Ittre était là aussi. Je ne m’y attendais pas, et cela ajouta encore plus de solennité à l’instant. Ce n’était plus seulement une démarche personnelle, c’était un chemin que nous faisions ensemble, en communauté.

Nous avons pris la route, direction la cathédrale Saints Michel-et-Gudule. En marchant, je ressentais un mélange d’anticipation et de calme, porté par l’idée que nous allions vivre quelque chose de grand.

Lorsque nous sommes arrivés devant la cathédrale, un frémissement intérieur m’a saisi. Sa façade imposante, son architecture majestueuse, le poids de l’histoire qu’elle portait… Tout cela donnait à notre venue une dimension encore plus forte.

L’intérieur était paisible et silencieux. Très peu de monde était déjà présent, et cette sérénité contrastait avec ce qui allait suivre. Nous nous sommes dirigés vers l’accueil, où l’on nous a remis des étiquettes avec nos noms, que nous avons collées sur nos vêtements.

Nous avons rejoint nos places. Nous étions en avance, alors nous avons attendu. Et attendu encore. L’attente avait un goût curieux, mêlé d’impatience et d’introspection. Que représentait ce moment pour moi ? Était-ce seulement une étape, ou bien le début d’un véritable renouveau ?

Puis, le rituel a pris place.

Tout d’un coup, L’ambiance s’est transformée. Le silence a laissé place à une énergie nouvelle, une intensité grandissante. L’archevêque Luc Terlinden est entré, accompagné des autres clercs, vêtus de leurs habits liturgiques violets, la couleur du temps du Carême. Un symbole d’attente, de préparation, d’un chemin encore à parcourir avant la lumière.

Et puis, sans que je m’en rende compte, la cathédrale a été envahie par la foule. C’était impressionnant. Un véritable flot humain, tous rassemblés pour une même raison. Je me suis retourné, et j’ai réalisé combien nous étions nombreux.

Le moment tant attendu est arrivé : l’archevêque a commencé à appeler nos noms, un par un. Chaque nom prononcé résonnait sous la voûte immense de la cathédrale, comme s’il avait du poids, comme s’il était porté par quelque chose de plus grand que nous.

Puis, j’ai entendu mon nom résonner.

L’instant d’après, je me suis dressé et d’une voix que j’ai voulu claire, assurée, j’ai répondu :

´´Me voici´´

Un simple mot. Mais quel poids il portait.

C’était une réponse, un engagement, un “oui” que je prononçais non seulement devant l’assemblée, mais aussi devant Dieu lui-même.

La célébration a continué, dans un mélange de solennité et de ferveur. Tour à tour, nous avons avancé vers le registre, où nous avons inscrit nos noms. Un geste qui, en apparence, pouvait sembler anodin, mais qui avait en réalité une portée immense.

Puis, l’archevêque nous a remis notre écharpe mauve, signe visible et concret de notre engagement vers le baptême. La sentir sur mes épaules, voir mes compagnons de foi la porter eux aussi, renforçait encore plus ce lien qui nous unissait à cet instant précis.

Après la cérémonie, nous avons pris une photo de groupe, puis des clichés individuels, immortalisant ce moment gravé dans nos cœurs. Ces photos ne seraient pas de simples souvenirs, mais le témoignage d’un jour où quelque chose avait changé en nous.

Une fois tout terminé, nous avons quitté la cathédrale et avons décidé de marcher ensemble. Avec notre paroisse et ceux d’Ittre, nous avons rejoint la Grand-Place. Un dernier moment partagé, une dernière étape avant de rentrer.

En regardant les lumières de la ville briller, je me suis dit que, quelque part en moi, une lumière aussi venait de s’allumer.

Nikolaev Lyusiyan