Tertio | La communication de la foi est un métier à part entière

La communication de la foi est un métier à part entière

 

Laurens Vangeel, chargé de communication pour le Vicariat du Brabant flamand et de Malines est de retour de Rome, où il a passé une semaine intense avec quinze collègues qui ont suivi une formation spéciale pour les jeunes chargés de communication dans l’Église.

La communication de la foi est un art particulier

« Diffuser notre message en dehors de l’église reste la partie la plus difficile de notre mission », déclare Laurens Vangeel, « mais nous y parvenons assez bien ». 
Un collègue m’avait indiqué le programme « Faith Communication in the Digital World ». C’était la deuxième fois que le département de la communication du Vatican mettait en place cette formation spéciale. Il y avait une véritable procédure de sélection, avec un curriculum vitae, une lettre de motivation, un entretien avec un comité, etc. Bien sûr, mon patron, l’évêque auxiliaire pour le Brabant flamand et Malines, était au courant et a soutenu ma candidature. D’ailleurs, mgr Koen Vanhoutte sera heureux lorsque cette année sera terminée, car pendant des mois, j’ai été occupé tous les vendredis après-midi par toutes sortes de sessions en zoom pour ce programme de formation, et je n’étais donc pas disponible pour le travail du service à ces moments-là.

Programme complet

Initialement, les participants devaient se réunir au début de la formation en février, pour faire connaissance entre eux et avec le Dicastère, mais en raison du corona, cela s’est transformé en un séjour intermédiaire à Rome, fin mai et début juin. Ce fut une semaine particulièrement intense ; chaque jour, le programme était chargé, ce qui était tout aussi bien, car nos collègues des Philippines ou du Salvador, par exemple, devaient voyager pendant presqu’une journée pour se rendre à Rome. Parmi les participants, seuls moi et un jeune collègue qui travaille pour la Conférence épiscopale irlandaise étions institutionnellement liés à l’Église. Tous les autres travaillent pour Caritas ou une autre institution ou organisation catholique dans le monde entier. À 33 ans, je suis également le deuxième participant le plus âgé.

Niveau supérieur

Les sessions du vendredi après-midi – toutes en anglais – étaient de haut niveau. Par exemple, nous avons eu un entretien avec le cardinal Luis Antonio Tagle, qui codirige l’important Dicastère pour l’évangélisation. C’est un homme impressionnant : profond et intelligent, mais également accessible et affable. Nous avons eu également l’occasion un après-midi d’échanger nos points de vue avec Philippe Colombet, le nouveau directeur du journal catholique français La Croix. En outre, nous avons par groupes de quatre réalisé une étude de cas . Par exemple, je travaille actuellement sur le plan de communication de « Talitha Kum », le réseau de congrégations sœurs catholiques contre la traite des êtres humains, pour la Journée internationale de prière et d’attention pour la traite des êtres humains du 8 février 2023.

Rencontre avec le Pape

Bien entendu, nous avons également visité de nombreux hauts lieux culturels et religieux à Rome le mois dernier ; vous ne pouvez pas y emmener de jeunes Philippins ou Américains catholiques sans leur montrer en détail les musées du Vatican, la chapelle Sixtine ou la basilique Saint-Pierre. Mais au cours de notre séjour, il est apparu une fois de plus à quel point le dicastère prenait au sérieux cette formation à la communication dans un monde numérique : son préfet, le journaliste italien Paolo Ruffini, a pris le temps de nous parler et nous a accompagnés lors de notre visite de différents services du Vatican. Et en marge de l’audience générale, nous avons également pu, en tant que groupe, rencontrer brièvement le pape François, ce qui a été une expérience impressionnante.

Pastorale des jeunes

Maintenant que je travaille dans ma ville, Malines, j’ai bouclé la boucle, en quelque sorte. Il y a environ 10 ans, j’ai commencé à étudier la théologie à Louvain. À la fin, j’ai eu l’occasion de faire un stage au service de la pastorale des jeunes du diocèse d’Anvers à Wilrijk. C’est là que les écailles sont tombées de mes yeux : c’est ce que je voulais faire. Vous savez, quand j’étais étudiant, je n’avais même pas remarqué qu’il existait un service tel que la pastorale des jeunes. À l’époque où j’étais étudiant, j’ai traversé une période difficile, j’avais perdu un jeune ami proche. Ma foi en avait été ébranlée. Mais au contact de mes amis catholiques, ma foi s’est ravivée.

Au cours de ce stage, j’ai pu faire  de belles expériences de foi comme la mise en place d’une excursion pour les jeunes, l’organisation d’une journée pour les personnes âgées, etc. L’on m’a alors offert ce travail en pastorale des jeunes à Turnhout que j’ai exercé pendant quatre ans. Mais les années passant, il faut se tourner vers autre chose : Il y a une certaine limite d’âge, ce qui est normal. J’ai ensuite commencé à travailler pour le Vicariat de la Campine à Zandhoven, pour la formation de nouvelles unités pastorales et l’accompagnement des plans de politique ecclésiale.

Et puis le nouvel évêque auxiliaire de l’archidiocèse cherchait un chargé de communication à mi-temps pour son vicariat. Après un an, on m’a retiré de la Campine pour l’autre moitié, pour devenir responsable de l’équipe des pasteurs de jeunesse à Malines. Donc, retour à mes anciennes amour.

Sans frontière

La communication dans ou pour l’Eglise est-elle différente des autres communications ? Oui, car la communication de l’église est liée à la proclamation de la foi. C’est pourquoi, encore plus qu’ailleurs, il est important de ne pas communiquer depuis une île. La proclamation de la foi devrait littéralement pouvoir traverser les frontières, sans tenir compte des limites des paroisses ou des diocèses. Entretemps, les responsables de la presse diocésaine se sont souvent mis d’accord. En Flandre, nous avons Kerknet. Je peux vous assurer que mes collègues internationaux regardent ce portail, avec ses nombreux microsites et ses bulletins d’information quotidiens, avec envie. Toutes les paroisses et les communautés et organisations catholiques sous une seule et même bannière, c’est très fort en termes de communication.

Se rendre accessible

Une grande partie de notre Église est portée par des bénévoles, et leur nombre diminue. Les professionnels comme moi doivent donc réserver du temps pour les soutenir. La partie la plus difficile de notre tâche, bien sûr, est de diffuser notre message en dehors de l’église. Je pense que nous réussissons bien. Dans la revue de presse qui est distribuée aux chefs de presse, on trouve chaque jour un certain nombre d’éléments – et pas seulement des nouvelles mauvaises ou spectaculaires. Nous faisons aussi régulièrement parler de nous dans les médias grand public avec de belles histoires évangéliques. La seule chose à faire est de communiquer de manière claire et accessible, et cela demande de la pratique. Et nous devons aussi apprendre à nous limiter : il ne sert à rien de tout dire, il s’agit surtout de toucher le cœur des gens par notre communication.

Article de Benoît Lannoo sur les propos de Laurens Vangeel

Traduit par Anne Périer

©Vatican News – Photo de l’édition 2021

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Retrouver un condensé de l’article sur Kerknet.

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