Unité des chrétiens | A la rencontre de la Pasteure Isabelle Detavernier

Le 26 janvier dernier, en côture de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, mgr Kockerols a rencontré deux pasteurs protestants en présence de Marie-Paule Gendarme, Coordinatrice décanale du Doyenné de Bruxelles-Ouest: Georges Quenon – responsable des ministères pour la Belgique francophone – et Isabelle Detavernier – Pasteure de la paroisse du Botanique.


L’occasion de demander à cette dernière comment elle avait vécu cette semaine particulière. Voici le texte qu’elle nous a transmis:

Un regard sur la semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Etait-ce l’annulation des événements de l’année dernière qui avait aiguisé la faim de rencontres ?
Etait-ce le thème retenu du récit de l’Epiphanie et de la quête des Mages en Mt 2 ?
Etait-ce la liturgie préparée par le Conseil des Eglises du Moyen Orient qui était particulièrement mobilisatrice spirituellement et humainement, au vu de ce que ces Eglises traversent comme épreuves ?
Ou était-ce la conjonction de ces trois réalités ?
Pour ma part, cette édition 2022 de la semaine de prière est à marquer d’une pierre blanche.

Les rencontres préparatoires aux diverses célébrations auxquelles j’ai participé se sont déroulées dans un esprit d’ouverture, d’accueil des spécificités, de curiosité et d’envie « d’élargir l’espace de sa tente » (Es 54 :2), beaucoup plus marqué et sensible que par le passé.
Chacun.e a pu exprimer ce qu’il.elle attentait de ces temps de prière partagée, en offrant ce qui était particulièrement important pour sa tradition et en accueillant les propositions des autres. Un profond désir de communion et de découverte des « trésors » respectifs était palpable.
La question du partage du pain et du vin fut bien évidemment au cœur de ces échanges, mettant en évidence à la fois la nécessité de l’audace, la volonté d’aller de l’avant – pour certaines communautés – et la réalité du jeûne – pour d’autres, rappelant ainsi la persistance de la division, à laquelle nous devons impérativement remédier.
Les Mages nous ont permis d’avancer vers davantage d’humilité, de reconnaissance du besoin de l’autre, mettant en évidence pour chaque tradition le prix à payer pour parcourir ensemble le chemin à la découverte de l’Etoile (renoncements et dépassements).
La diversité des célébrations auxquelles la communauté de Bruxelles-Botanique et moi-même avons pu participé m’a aussi ouvert les yeux sur les « plus » auxquels nous sommes invités : réintégrer dans nos liturgies réformées des éléments de gestuelle, des symboles, repenser l’un ou l’autre aspect de nos célébrations ; une belle occasion de réfléchir en communauté à nos propres pratiques.
Le témoignage de ce que traversent nos frères et sœurs du Moyen Orient nous a également permis de relativiser les problèmes qui se posent à nos vies communautaires nanties, même si malmenées.

Le plus enrichissant de ces différents rendez-vous de la semaine fut cet appétit maintes fois exprimé de ne pas attendre janvier 2023 pour poursuivre : des dates sont déjà retenues pour de nouveaux projets, de nouvelles rencontres et surtout de nouvelles collaborations pour partager avec d’autres – hors églises – les trésors que nous venons humblement déposer devant le Christ.
Je rends grâces au Seigneur pour les bénédictions reçues pendant cette semaine.
« Bien que petits et souffrants, nous ne manquons de rien » , pour reprendre l’exhortation du vendredi 21 janvier !

Vers le site Internet de la Paroisse protestante du Botanique.

© texte: Isabelle Detavernier
© photo: Sébastien De Bock