Carême 2022 | Le message de mgr Kockerols

Mgr Kockerols nous propose en ce mercredi des cendres une lettre ouverte et un message vidéo, à découvrir en fin d’article.

Retrouvez ici la lettre et le message vidéo en néerlandais. Retrouvez nos propositions pour vivre ce carême à Bruxelles ici.

La lettre de mgr Kockerols

Chers amis,

Nous entrons en Carême. La guerre fait rage en Ukraine. Nous prions et jeûnons pour et avec les populations de ce pays meurtri.

Nous espérons tous que les imposants chars russes fassent demi-tour. Mais nos cœurs pèsent parfois aussi très lourd. Que le Seigneur nous vienne en aide sur notre propre chemin de conversion.

En ce printemps 2022, dans l’Eglise, deux chemins se rejoignent : celui du carême, et celui du Synode, voulu par le pape François. Chaque chemin éclaire l’autre. Qu’est-ce que la démarche synodale peut nous suggérer pour notre chemin de Carême ?

La synodalité implique que chaque baptisé soit écouté et puisse ainsi contribuer à sa façon à la construction de l’Eglise. Pour beaucoup de baptisés c’est une expérience nouvelle et surprenante, parce qu’il s’agit non seulement de pouvoir donner son avis, mais de s’écouter les uns les autres avec bienveillance. Le Carême se veut également un chemin d’écoute, en particulier celle de la Parole de Dieu, qui se révèle vraie nourriture. Ecouter.

Ensuite, il y a cette expérience que font ceux qui marchent longtemps : le chemin compte tout autant que l’arrivée. Le chemin du Synode se révèle riche en découvertes. Le Carême aussi permet d’heureuses surprises. Voilà pourquoi il est long, il dure et ne va pas toujours très droit… Marcher et découvrir.

Enfin, être en synode permet de se rendre compte que l’Eglise est si belle, lorsqu’on rencontre en vérité d’autres baptisés, tous habités par l’Esprit Saint. La communion devient perceptible, au-delà des mots et des silences. Il en va ainsi pour les 40 jours du carême : nous ne sommes pas seuls, loin de là. C’est le Peuple de Dieu qui se prépare à Pâques, ici et ailleurs, de multiples façons, mais tellement en communion. Ensemble.

Et puis… est-ce que notre chemin de Carême peut nous aider dans la démarche synodale ?

On parle souvent d’ascèse pendant le Carême. D’un retour à la simplicité, ce qui implique un certain dépouillement. Mais il ne s’agit pas tant de se priver, que de ressentir aux tripes notre heureuse dépendance : à l’égard de Dieu, à l’égard des autres. Que serais-je sans toi, sans vous, sans le Seigneur ? En synode, il est heureux de voir que nous n’avons pas tous les charismes, toute l’autorité, toutes les vertus. Ascèse bienfaisante donc ! Pour mieux accueillir.

Le « Convertis-toi et crois à la Bonne Nouvelle » des Cendres aboutit à la nuit de Pâques, au baptême ou au renouvellement de notre foi baptismale. « Oui, Seigneur, je crois ». Chemin de conversion : c’est aussi une grâce qui nous est offerte au fil des rencontres synodales. Notre foi grandit, quand nous avons perçu celle qui habite en nos frères et sœurs. Les échanges nous interpellent et nous convertissent.

Enfin, le Carême nous prépare à un envoi en mission. Il ne s’agira pas de contempler un tombeau vide. « Il vous attend en Galilée » nous diront les messagers de Dieu. Il nous attend dans nos familles, notre travail, nos études, nos rencontres. Il n’y a pas, comme insiste le Pape François, de disciples qui ne soient pas aussi missionnaires : des envoyés. Le synode n’est pas un sympathique entre soi, un Cénacle fermé à clef. Non, elle n’existe que pour faire signe, pour annoncer le Ressuscité !

Bon Carême !

+Jean Kockerols

PS: Dans le Vicariat de Bruxelles, le Synode se trouve dans sa deuxième phase, où les groupes sont invités à se pencher sur la question Quels sont nos rêves pour l’Eglise de Bruxelles ? L’équipe synodale attend fermement les résultats de vos partages, même si vous êtes hors délai ! La troisième phase sera bientôt lancée. Enfin, si le Carême s’achève à Pâques, notre chemin synodal pour Bruxelles connaîtra son point culminant à Pentecôte, le samedi 4 juin : save the date !

Le message vidéo

© photo: Anne Périer