Catho-Bel | Des voix s’élèvent contre l’Evras obligatoire

06 septembre  |  Des voix s’élèvent contre l’Evras obligatoire

Une animation Evras (éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle) obligatoire pour les élèves de 6e primaire et 4e secondaire, c’est le résultat d’un accord de coopération qui doit être voté ce jeudi 7 septembre au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Dans le cadre d’un accord de coopération soumis au vote du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, les régions vont allouer 4,8 millions d’euros pour garantir deux sessions obligatoires d’Evras à chaque élève au cours de leur scolarité. Cette initiative touchera 110 000 élèves (une animation de deux périodes en 6e primaire et une autre en 4e secondaire, précise La Libre), avec une contribution de 3,8 millions d’euros de la Région wallonne et d’1 million d’euros de la Commission communautaire française (Cocof).

Actuellement, environ 20 % des élèves en Fédération Wallonie-Bruxelles ont bénéficient d’au moins une session d’Evras au cours de leur scolarité (en comparaison, en France, la proportion dépasse les 80%). « C’est trop peu », estime la Fédération laïque de centres de planning familial (FLCPF) qui insiste sur l’importance « de généraliser ces apprentissages pour contrer les inégalités qui pourraient naître dans les foyers en fonction des sensibilités des uns et des autres. » (Moustique, 5 août 2023). L’objectif de ces sessions est d’éveiller les enfants, adolescent·es et jeunes adultes à des thématiques telles que les émotions, les changements corporels, les sexualités, la contraception et le harcèlement. De nouvelles dispositions visent à surmonter les deux principaux obstacles à la diffusion de l’Evras : le manque de financement et le manque de normes communes. Il reviendra désormais aux centres de planning familial de Wallonie et de Bruxelles avec les centres PMS et PSE d’organiser et d’assurer les animations dans les écoles. Seuls les animateurs labellisés pourront intervenir en classe. Ces deux sessions ne sont qu’un début, les autorités envisagent d’étendre le programme si les ressources le permettent. Par ailleurs, un cadre commun a été mis en place pour définir le contenu des enseignements. La ministre de l’éducation Caroline Désir précise que suite à des critiques qui lui sont parvenues, des passages précis du Guide destiné aux animateurs ont été revus voire supprimés.

Un appel à manifester

« Non à Evras, sauvons nos enfants » c’est le message lancé par un groupe citoyen qui compte bien faire entendre son « désaccord sur le programme tel qu’il est libellé aujourd’hui » devant le Parlement lors d’une manifestation ce jeudi à 13h. Parmi les inquiétudes exprimées suite à cet accord, le fait que cette mission d’éducation sera confiée aux Centres de planning familial, qui sur des questions sensibles comme l’avortement ou le genre, pourraient aller à l’encontre des convictions religieuses ou philosophiques. En ligne, des groupes de parents s’inquiètent aussi face à la « sexualisation précoce des enfants ». Chez les professionnels de la santé, la question divise également. « Pour certains, ça va “bien” se passer, mais chez d’autres cela aura un potentiel effractant », analyse le pédopsychiatre Frederic Goareguer, dans un entretien pour la revue Zèbre. « Cela signifie qu’ils ont besoin de refouler ces informations. La plupart des enfants, avant la poussée des hormones (12 ans), n’ont pas cette sexualisation qu’on leur suppose dans ce genre d’éducation. Ils ont bien une sensualité, mais pas une sexualité à proprement parler, et certainement pas celle des adultes. Même les adolescents sont plus pudiques qu’on ne le pense. Certains auront vu un peu de pornographie, mais pas tous. Si on parle de: “Comment regarder de la pornographie avec un esprit critique”, ce que je peux lire dans I’EVRAS, dès 12 ans, il y en a que ça ne concerne pas ».

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Un couple d’adolescents (CCO Pixabay – Mircea)

 

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