(Re)Thinking Europe : « redonner une âme à l’Europe »

Le samedi 28 octobre 2017, devant une assemblée de prélats et de responsables politiques européens, le pape François a prononcé un discours en clôture du  « (Re)Penser l’Europe », organisé par la Commission des épiscopats de la Communauté européenne ().

Avant de prononcer son discours, le pape François s’est entretenu avec Franz Timmermans, vice-président de la Commission européenne et Antonio Tajani, président du Parlement européen. Le discours du pape a lui-même été précédé par deux allocutions du cardinal Reinhard Marx, président de la COMECE, et du président du Parlement européen.
Le cardinal a notamment encouragé l’engagement des chrétiens en politique. Il a rappelé que construire l’Europe, ce n’est pas forger son « uniformité », mais encourager l’unité dans la diversité. Antonio Tajani, quant à lui, a notamment reconnu qu’il fallait travailler à  changer l’Europe actuelle sans renoncer. Il a affirmé que « défendre la personne et la famille sont des choix fondamentaux pour l’Europe».  Il a aussi exprimé la « préoccupation » du Parlement européen pour la situation au Myanmar, en Turquie, et évoqué la journaliste Daphne Caruana Galizia assassinée à Malte. Il a insisté sur la nécessité d’une plus grande solidarité avec l’Afrique et de « ne laisser personne en arrière, pas même en Europe ». Il a plaidé pour la protection de la personne y compris dans le travail et la lutte contre chômage. Il a affirmé, entre autre, le « sens de la responsabilité politique du Parlement européen » qu’il préside.

« Redonner une âme à l’Europe »

Dans son intervention, le pape a fait observer que, souvent, en Europe, tout est réduit à une discussion de chiffres. Il n’y a pas de citoyens, il y a des « suffrages“, a-t-il regretté. Il n’y a pas de migrants mais des “quotas“, pas de travailleurs mais des “indicateurs économiques“.
« La première, et peut-être la plus grande contribution que les chrétiens puissent offrir à l’Europe d’aujourd’hui, c’est de lui rappeler qu’elle n’est pas un ensemble de nombres ou d’institutions, mais qu’elle est faite de personnes », a ainsi déclaré le pape François.

Dans son cinquième grand discours sur l’Europe, le pape a décliné en sept points l’espace européen et ses fondements: personne et communauté, lieu de dialogue, domaine inclusif, espace de solidarité, source de développement, promesse de paix et « être l’âme de l’Europe ».
Pour réveiller la conscience de l’Europe, les chrétiens doivent faire redécouvrir au Vieux Continent la valeur de son propre passé pour enrichir le présent et bâtir un avenir d’espérance. Tel était le cœur du message du Pape François.

Le rôle positif de la religion

Il faut pour cela prendre en compte le rôle positif et constructif de la religion dans la société. Le pontife a notamment évoqué la contribution du dialogue interreligieux pour favoriser la connaissance réciproque entre chrétiens et musulmans en Europe.
Malheureusement, un certain préjugé laïciste encore en vogue, a-t-il déploré, empêche de percevoir la valeur positive de la religion, préférant la reléguer à une sphère purement privée et sentimentale.

Pour François, depuis les années 1960, l’Europe a nié et en quelque sorte trahi ses idéaux. Le continent européen est alors entré dans une ère de “stérilité dramatique“. Pour plusieurs raisons et en premier lieu parce que les enfants privés du droit de naître sont trop nombreux et parce qu’en Europe on fait peu d’enfants. Ensuite, parce que les instruments matériels et culturels n’ont pas été transmis aux jeunes. Beaucoup d’entre eux se trouvent alors désemparés face à l’absence de racines et de perspectives. Il serait notamment opportun, a considéré le chef de l’Eglise catholique, que les nouvelles générations redécouvrent la valeur concrète du travail. Il a également incité à redécouvrir le sens de la communauté, antidote contre les individualismes, caractéristiques d’une société déracinée. En cela, la famille – lieu où la diversité et l’unité sont exaltées – est fondamentale.

A découvrir aussi cette semaine dans le journal Dimanche (n°39 du 5 novembre)  l’interview de Mgr Kockerols, vice-président de la COMECE, interrogé par Solène Tadié. 

Source : Cathobel : S.D. avec cath.ch et Zenit